Affichage des articles dont le libellé est XVIIIème siècle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est XVIIIème siècle. Afficher tous les articles

jeudi 13 octobre 2016

"Marquise au portrait" de Barbara Lecompte

Maurice Quentin de La Tour et ses modèles


Sans y travailler chaque jour, l'oeuvre est ancrée dans mes pensées et rythme ma vie.  J'estompe un soupçon de rose sur la joue de la marquise, je plonge mon regard dans le sien, poudre ses cheveux, dérange un pli de sa robe, caresse sa main. De jour comme de nuit. Il faut être le roi pour délaisser une femme comme celle-là.

Résumé : Artiste fier et tourmenté, le pastelliste Maurice Quentin de La Tour, alors au faîte de sa carrière, reàoit une commande d’importance : un portrait de la marquise de Pompadour. La favorite devra patienter cinq ans. Mais qui mieux que ce fou de La Tour pour saisir l’âme de ses modèles ? En témoigne sa galerie de portraits prestigieux, ceux du roi, de la reine, de la dauphine, du maréchal de Saxe mais aussi de ses amis philosophes, Voltaire, Rousseau et d’Alembert. 
 Caracolant de la cour de Versailles à Paris, Maurice Quentin de La Tour nous emporte dans son sillage, tout en se livrant à une saisissante introspection. 

Avec Marquise au portrait, son troisième roman, Barbara Lecompte revisite la vie et l’œuvre de La Tour. Elle nous dévoile, derrière l’orgueil et la maladresse de l’artiste, la sensibilité et la fragilité qui alimentèrent sa création.

Autoportrait de Maurice Quentin de La Tour, 
Musée Cognacq-Jay

Mon avis : <3 <3
 
  Depuis trois ans, j'ai fait beaucoup d'expositions parisiennes et j'ai ainsi vu beaucoup de peintures. On pourrait même dire que je suis dans ma "période peinture". Quand j'ai vu ce livre sur la blogosphère, je me suis dit qu'un livre en relation avec la peinture serait forcément intéressant.

Maurice Quentin de La Tour (Saint-Quentin, 1704-1788) est un pastelliste français dont sa priorité pour le pastel lui vient sous doute de la peintre vénitienne Rosalba Carriera qui vint en France en 1720. Il ne manque pas de caractère, et c'est ce que l'on ressent à travers les lignes. Ambitieux, il a pourtant refusé l'Ordre de Saint-Michel, qui aurait pu l'anoblir. J'ai donc découvert dans ce livre un peintre original et amusant.

Barbara Lecompte a réussi, avec ce livre, quelque chose d'incroyable : très rapidement, j'ai eu la réelle impression de lire le propre journal de Maurice Quentin de La Tour ! L'auteur s'est substitué à l'artiste en employant la première personne du singulier, ce qui fait que j'ai eu l'impression d'être au côté de l'artiste en train de saisir son pinceau, face à son modèle qui pose. L'écriture a donc été agréable. L'auteur a tenté de se mettre à la place de l'artiste et ainsi de donner ses impressions.

Pour écrire un tel livre, je me disais qu'il fallait vraiment s'y connaître en peinture, ou au moins être passionné. Barbara Lecompte est une conférencière nationale en histoire de l'Art, ce qui se comprend aisément lorsqu'on lit ses descriptions des tableaux de Maurice Quentin de La Tour. Ces descriptions étaient si subtiles que je me voyais parfois moi-même avec un pastel, dessinant sur une toile.

Le tableau qui a marqué l'oeuvre de l'artiste est aussi celui qui marque cet ouvrage. Le tableau  La Marquise de Pompadour a été travaillé par l'artiste durant cinq années, de la commande à la finition. Il prend donc une place essentielle dans l'oeuvre de l'artiste, et l'auteure lui donne une place de premier plan dans son livre. J'ai bien aimé qu'elle y revienne à plusieurs reprises car la description s'étoffe au fur et à mesure et m'a fait voir des détails de ce tableau - que j'aime beaucoup - que je n'avais pas encore aperçu. Le tableau La Marquise de Pompadour n'est pas le seul qu'on admire dans le livre. Maurice Quentin de La Tour a aussi peint le roi Louis XV, la reine Marie Leszczynska, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire... On en apprend donc un peu sur la cour, mais aussi sur la vie du peintre lui-même, notamment ses amours avec sa cousine ou sa passion pour Marie Fel, une chanteuse d'opéra.

=> Ce livre autour d'un portrait de la Marquise de Pompadour s'appréhende facilement : il suffit de se laisser entraîner par l'écriture pour se transformer en peintre aux côté de Maurice Quentin de La Tour.

Genre : Roman
Publié le 04 septembre 2014
Pages : 144
Français



jeudi 17 mars 2016

"Marie-Antoinette sweet Lolita" de Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly


"Oh, mon dieu !" s'exclama-t-elle (Marie-Antoinette) soudain d'une voie blanche, tandis qu'elle fixe le paysage. "Mon dieu, comme le monde est bien vaste !"
Dites plutôt, Madame : "Comme Versailles est petit !".

Résumé : Jalousée, adulée puis détestée, Marie-Antoinette est une reine dont la perception à travers les siècles a souvent été négative. Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly proposent leur vision de «l'Autrichienne»... Celle d'une jeune femme qui, des salons dorés de Versailles à la fuite à Varennes, se remémore sa passion pour le beau Fersen, ses favorites Mesdames de Lamballe et de Polignac, ses séances de peinture et de dessin avec Madame Vigée-Le Brun, et la fin de son règne... Soit un portrait intimiste et sans complaisance d'une figure hautement controversée qui nous entraîne dans un voyage dans le temps, où les fantômes ne sont jamais loin.

Mon avis : <3
 
  J'avais eu ce livre à un anniversaire (pas celui d'aujourd'hui mais un autre) et j'avais hâte de le lire. Pourtant, ma lecture a été une déception. Je déconseille ce livre à tous ceux qui n'auraient pas déjà quelques notions sur la vie de Marie-Antoinette (et encore...), car vous ne comprendriez pas grand-chose je pense... En effet, quel ne fut pas mon énervement lorsque j'ai commencé à comprendre que plusieurs histoires se chevauchaient. Le narrateur change régulièrement et il n'est pas facile de saisir les différentes histoires. La fuite à Varennes est mélangée à la rencontre d'Axel de Fersen par exemple, ce qui est énervant. Pourquoi ne pas raconter les événements dans l'ordre ?! Ce livre est donc plutôt réservé aux passionnés de Marie-Antoinette et de l'Histoire en général.

  Je connais Pascal Croci car en première je l'avais rencontré dans le cadre de mes cours d'histoire, à propos de son livre Auschwitz, qui était très intéressant. Les dessins de cette bande dessinée-ci ne m'ont pas tant plu que cela, les visages étant trop "défigurés" pour me plaire. Aux dessins se mêlent aussi des photographies, ce qui est assez surprenant. Ce qui m'a "terrifié" également, ce sont des mèches de cheveux "accrochées" au livre par des noeuds, tout autant réels. Je n'ai pas trop compris la signification de ces mèches de cheveux assez omniprésentes dans le livre - tout comme la photographie d'une poupée de porcelaine représentant une femme du XVIIIème siècle, qu'est-ce que c'est exactement ? Il n'y a aucune légende, pas de sculpteur cité, rien ne précise ce dont il s'agit ! Cela a de quoi m'agacer, d'autant plus qu'il s'agit d'Histoire, une matière qui demande de la rigueur ! Les auteurs ont cherché à faire ce qu'ils avaient envie en fait. L'histoire est décousue et c'est difficile de trouver un sens global.

Je n'ai pour autant pas totalement détesté les dessins. On sent le travail de l'artiste qu'il y a derrière, et aussi l'implication. J'ai été amusée par le dessin du Hameau de la reine ou encore de la représentation des diverses mouches.

Le récit ne porte pas que sur la vie de Marie-Antoinette mais il y a aussi une fiction où deux femmes, Madame Moberly et Madame Jourdain, ont cru apercevoir des fantômes à Versailles !! Cela relate l'histoire du livre Les Fantômes de Trianon qui est dans ma PAL et qui m'intrigue assez. Ces deux femmes ont dit avoir vu le fantôme d'une personne royale à Versailles. Je connais cette histoire des deux femmes, qui serait une "histoire vraie", et si je n'ai pas encore lu leur ouvrage, j'avais l'impression d'avoir une copie dès le début, ce qui est désagréable.

=> Les dessins n'ont pas réussi à me faire dépasser le désagrément causé par une histoire excessivement multiple et confuse. Je sors très déçue de ma lecture mais je pense que j'essaierai de la relire ultérieurement - peut-être que je saurai alors mieux l'apprécier.


Genre : Bande-dessinée
Publié en 2010
Pages : 88
Français


Articles similaires :

dimanche 15 novembre 2015

"Demoiselles des Lumières" de Jean Diwo


- Vous savez bien, M. Diderot, que si je parais un peu sévère, c'est parce que je refuse que mon salon ressemble à celui de mon amie Mme de Tencin, qui reçoit n'importe qui et tolère tous les excès. Le bon usage, l'élégance du discours comme de la mise sont pour moi les garants d'une absolue liberté de parole. Provoquons, mais avec esprit, disputons, mais sans gravité, médisons, mais avec finesse, enfin, pardonnons la licence pourvu qu'elle s'exprime avec délicatesse !
(page 35)

"Mais qui vous a dit qu'on peint avec de la couleur ?
- Avec quoi donc alors ? demanda le bavard, interloqué. On se sert des couleurs, mais on peint avec le sentiment !
(Chardin, page 46)

Résumé : À la fin des années 1730, deux jeunes filles font leur apparition dans la haute société de l'Ancien Régime. Mlle Poisson et Mlle d'Estreville sont intelligentes, belles, charmantes, et brûlent du désir de s'élever dans la société. Il faut n'avoir pas froid aux yeux quand on est, à cette époque, une femme ambitieuse ! Mlle Poisson, qui ne déteste rien tant que son nom, souhaite plus que tout être admise dans l'aristocratie. 
  Et pourquoi pas à la cour ? Son destin extraordinaire fera d'elle Mme de Pompadour, favorite de Louis XV, première dame de France. Quant à la jolie Agnès d'Estreville, passionnée de mathématiques et d'astronomie, elle voudrait devenir, en dépit des préjugés, une scientifique reconnue. 
  Deux vies et deux femmes d'exception au cœur du siècle des Lumières !

Mon avis : <3 <3 <3

J'ai connu ce titre grâce à une photo instagram postée par Yolaine_f. Je lui en suis très reconnaissante car ce livre a été un vrai coup de coeur ! Comme quoi, les réseaux sociaux ont leurs avantages !

Ma lecture fut si agréable que je classe cet ouvrage parmi mes coups de coeur. Ce livre tombait à pic car il me prépare pour mes cours de lettres de ce semestre sur le XVIIIème siècle. Il y est donc question de peinture, de philosophie mais aussi de littérature et donc de salons littéraires. Entre celui de Mme du Deffand, celui de Mme de Tencin (dont il est moins question) et le salon jaune du mercredi de Mme Geoffrin, ce livre propose un bel aperçu de ce phénomène. Les personnages les plus importants de la période y sont évidemment : Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Diderot, Mme de Lespinasse...

Le salon de Madame Geoffrin

Le résumé présente la marquise de Pompadour et Agnès d'Estreville comme les protagonistes principales mais en vérité il est aussi question en détails de d'autres personnes : Fragonard, Madame Geoffrin, Voltaire, Rousseau... Jean Diwo résume la vie de la marquise donc tous les événements n'y sont pas (sa rencontre avec le roi lors d'un bal par exemple) mais cela ne m'a pas trop dérangée car je connais assez bien sa biographie et j'ai lu il y a peu un ouvrage sur elle. Le récit correspond à ce que je pensais d'elle : elle était beaucoup appréciée malgré le fait qu'elle ait été maîtresse royale.


Madame de Pompadour était une femme bonne évoluant dans un milieu cruel. Je crois que seuls ceux qui ne la connaissaient pas ne l'ont pas pleurée.


La Marquise de Pompadour, 
portrait au pastel de Maurice Quentin de La Tour.
Ce tableau la montre comme la protectrice des arts qu'elle était.


Par contre je ne connaissais pas du tout Agnès d'Estreville, mais j'ai du mal à trouver des informations sur elle. Cette femme passionnée par les sciences est vraiment intéressante. Elle ne souhaite pas se mêler à la foule des courtisans et elle vit parmi les calculs, au XVIIIème siècle !! C'est dommage que l'on ne parle pas plus d'elle.

J'ai cependant quelques reproches à faire. Mon livre possédait de nombreuses coquilles et je n'aurai pas façonné le texte de cette façon, comme les chapitres qui contiennent bien d'autres choses que ce que le titre annonce. Un fait m'a aussi complètement surprise : l'auteur prétend que Marie-Antoinette est l'aînée de Marie-Thérèse d'Autriche et de l'empereur François II alors qu'elle est la quinzième et avant-dernier enfant du couple !!! À partir de là j'ai commencé à me poser des questions sur la véracité des propos que j'avais lu jusqu'ici. D'autant plus que l'auteur consacre son dernier chapitre à Marie-Antoinette... Je dois pourtant avouer que l'auteur fait tout pour être didactique. En effet, il a ajouté des notes pour mieux expliquer les faits et c'est très important car le contexte du XVIIIème siècle était évidemment différent de celui d'aujourd'hui. Je ne m'arrêterais pas à ce titre avec cet auteur ! Pour preuve que ce livre est vraiment bien, c'est que je m'imagine déjà le relire, ce qui n'est pas courant !

Si vous cherchez un livre pour en savoir plus sur le XVIIIème siècle au niveau artistique ou sur les Lumières, sur les grands personnages qui l'entourent ou sur les salons littéraires de l'époque, ce livre est ce qu'il vous faut ! 


Genre : Roman historique
Publié en 2005
Pages : 349
Français

samedi 24 octobre 2015

Ce que vous ne savez peut-être pas sur Marie-Antoinette...

Marie-Antoinette en 1775, buste en biscuit de Sèvres d'après un modèle de Louis-Simon Boizot, 
Salon de 1775, buste brisé pendant la Révolution et restauré en 1858, Petit Trianon


  • Avant de devenir Marie-Antoinette en France, on l'appelait Madame Antoine à la cour de Vienne. 
> Le prénom Marie était attribué à toutes les femmes de la famille impériale, et le deuxième prénom était celui d'un sain patron - ce fut Saint-Antoine pour Marie-Antoinette. Son prénom de naissance était donc Maria Antonia Josepha Johanna.


  • Marie-Antoinette était... myope et portait donc des lunettes, mais jamais sur les tableaux !


  • Le projet de mariage avec Louis XVI est prévu alors que Marie-Antoinette n'a que onze ans. Ils se marieront trois ans plus tard.


  • Avant le mariage du 16 mai 1770 avec le Dauphin Louis à Versailles, il y eut un mariage par procuration, avec son frère l'archiduc Ferdinand dans le rôle du Dauphin de France !!
> Il était d'usage dans les cours d'Europe de marier chacun des futurs époux dans leur propre pays. Le 19 avril 1770, Marie-Antoinette est donc mariée à Vienne, à l'église des frères augustins, et passe de l'appellation "Madame Antoine" à Madame la Dauphine.


  • La vie à la cour d'Autriche était moins compliquée qu'à la cour de Versailles et Marie-Antoinette s'en plaindra souvent à sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, dans ses lettres.

Le Grand Trianon



  • Marie-Antoinette et Louis XVI ont eu quatre enfants :
  1. Marie-Thérèse Charlotte, qui naquit le 19 décembre 1778, et qui fut la seule à survivre. Elle mourut à Vienne, à l'âge de 73 ans.
  2. Le Dauphin de France Louis-Joseph est né le 22 octobre 1781, à la plus grande joie de la cour car il y avait désormais un héritier pour la couronne. Mais étant bossu et malade, il mourut à l'âge de sept ans et demi en juin 1789.
  3. Le 27 mars 1785 naquit un second fils, Louis-Charles. Il mourut à la prison du Temple en juin 1795.
  4. La petite dernière, Sophie Hélène Béatrice, naquit le 9 juillet 1786 mais, malheureusement, elle mourut avant son premier anniversaire.

  • Hans Axel, comte de Fersen, maréchal de Suède, fut un ami et le supposé amant de la reine.
> Fersen était amoureux de Marie-Antoinette mais la relation charnelle n'a jamais été clairement établie entre eux, même si Stefan Zweig en est certain dans sa célèbre biographie.

  • Lors de la fuite à Varennes, le roi et la reine "jouèrent" le rôle de l'intendant et de la gouvernante, le dauphin Louis fut déguisé en fille, Madame de Tourzel était Madame de Korff avec ses deux filles (les enfants royaux donc) et Madame Elisabeth, la soeur du roi, était la dame de compagnie de la prétendue baronne.

  • Après leur arrestation à Varennes, Marie-Antoinette devient travailleuse et réfléchie, telle que sa mère Marie-Thèrèse avait souhaité qu'elle soit.

  • À la Conciergerie, Rosalie Lamorlière fut sans doute la dernière personne dévouée à la reine.

  • Marie-Antoinette souffrait d'un fibrome (tumeur bénigne du tissu conjonctif fibreux), voire d'une tumeur cancéreuse, ce qui accéléra sans doute son procès.

  • On accusa la reine, entre autres, de trahison, d'intelligence avec l'ennemi, d'orgie, de saphisme, d'organisation de la fuite à Varennes...

  • Le dauphin Louis fut retrouvé en train de se caresser et les révolutionnaires en profitèrent alors pour accuser la reine ainsi que la soeur du roi, madame Élisabeth, d'inceste. Au procès, Marie-Antoinette a été dite "profondément émue" face à cette accusation.

  • Au moment où elle allait être guillotinée, Marie-Antoinette marcha sur les pieds du bourreau et déclara "Je vous demande pardon, Monsieur", ce qui furent ses derniers mots.

  • La reine fut exécutée place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde.

samedi 17 octobre 2015

"Monsieur mon amour" d'Alexandra de Broca


J'attends un signe de mes gardiens : ce sera la mort ; un signe de vous : ce sera la vie.

Quitte à mourir et à me retrouver au ciel, je préfère la présence de ma meilleure amie (Marie-Antoinette) plutôt que celle de mon horrible époux.

Résumé : Princesse vertueuse totalement dévouée à Marie-Antoinette ou conspiratrice et séductrice aux mœurs dépravées ? Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, fut en son temps l’objet des plus folles rumeurs. 
  Au fil d’une bouleversante correspondance imaginaire, Alexandra de Broca, l’auteur de La Princesse effacée, se glisse dans la peau de cette jeune aristocrate turinoise, veuve à dix-neuf ans du descendant d’un bâtard de Louis XIV, qui lui aura fait subir les pires affronts. Comme tant d’autres victimes expiatoires du régime de la Terreur, cette femme fragile, attachée à la famille royale au point de reprendre ses fonctions après la fuite du roi, connaîtra une fin atroce. 
  Du fond de la geôle parisienne où elle attend son jugement, Marie-Thérèse écrit chaque jour à Philippe d’Orléans, député et proche de Robespierre. Comme la vertu s’adresse au vice, elle commence ses lettres par « Monsieur mon Amour »...

Alexandra de Broca en pleine dédicace de mon livre, 
Salon du livre de Paris 2015


Mon avis : <3 <3

Encore une fois, c'est la couverture qui m'a attirée. Pour mon esprit, un tel dessin ne pouvait qu'illustrer une histoire du XVIIIème siècle. Je n'avais pas tort. J'ai découvert ce livre dans les allées du salon de Paris de l'an passé et j'ai donc eu la chance de discuter avec l'auteur sur son livre et sur sa démarche. Cet échange a été très agréable et important pour ma lecture ! Mais si vous ne l'avez pas rencontré, pas de panique car à la fin du livre, l'auteur a inséré une note dans laquelle elle pose une question : "La princesse de Lamballe a-t-elle réellement aimé le duc d'Orléans ?". Dans tous les cas, si ce n'est pas vrai, j'ai passé un agréable moment à lire les lettres de la princesse pour son aimé. Si cela n'est que fiction, l'auteur revient sur les étapes importantes de la vie de Marie-Thérèse. Je suis donc sortie cultivée et distraite de ma lecture.

Monsieur mon amour est un roman épistolaire à une seule voix, celle de Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, plus connue sans doute sous le titre de la princesse de Lamballe. Ainsi, pour nous raconter sa vie, l'auteure a choisi des lettres imaginaires écrites par la princesse à Philippe d'Orléans, qu'elle aime. Ses lettres sont donc à la fois pleine d'amour et d'espoir mais, ne recevant jamais de réponse de Philippe d'Orléans, la princesse lui dévoile aussi ses défauts. En effet, au lieu de soutenir la royauté comme on pourrait s'y attendre, il a choisi de soutenir les révolutionnaires. La princesse lui en veut donc. Elle se sent aussi délaissée par cet homme qui affiche ses maîtresses sans rougir. Il faut dire que Marie-Thérèse est loi d'avoir été gâté par les hommes : elle épouse un homme qui s'avèrera être un libertin et pour se libérer du devoir conjugal, il le fait remplir par un valet, étant ainsi responsable du viol de sa propre femme ! Jamais il n'aura une parole d'amour pour sa femme et disparaît bientôt, comme puni de son atrocité... Dans son malheur, pour se marier, la princesse a dû quitter l'Italie et sa famille, et se retrouve ainsi seule. Heureusement, son beau père, M. de Penthièvre, s'avère lui être d'un secours bienvenu, même s'il cache savoir les méfaits de son fils.
La vie de Marie-Thérèse est donc très triste : son époux est ignoble, elle n'a pas d'enfants et Marie-Antoinette lui tourne parfois le dos. J'ai eu beaucoup d'affection pour elle que je découvrais à chaque fois un peu plus à travers les pages.

Adorant Marie-Antoinette, je me devais de lire un ouvrage sur la princesse de Lamballe, qui fût son amie, mais qui a aussi connu des périodes de défaveur - la duchesse de Polignac recevant aussi l'amitié de la reine. En 1774, Marie-Thérèse devient la surintendante de la maison de Marie-Antoinette. Je savais peu de choses de ce personnage, hormis l'homme qui la soigna, le docteur Seiffert (avec qui on la soupçonna d'avoir eu une liaison). J'ai donc trouvé ingénieux de nous faire connaître sa vie par le biais de lettres et durant son enfermement. En effet, quand on est enfermé, que l'on n'a plus rien à faire si ce n'est espérer, que peut-on faire d'autre que de se repasser le film de sa vie ? L'histoire de la princesse de Lamballe est donc, à mon avis, tout à fait appropriée au format épistolaire, d'autant plus que je raffole des romans épistolaires (classiques). Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteur. Concise, claire et essentiellement au présent, tout est en mesure de rendre le récit vivant.

=> Un roman historique sur une femme au destin tragique, la princesse de Lamballe, et dont la forme épistolaire convient parfaitement à son histoire. Une oeuvre très réussie qui m'invite à lire La Princesse effacée du même auteur, dont j'entends aussi beaucoup de bien.


Genre : Roman historique
Publié en novembre 2014
Pages : 240
Français

dimanche 27 septembre 2015

"Le temps des illusions - Chronique de la Cour et de la Ville 1715-1756" d'Evelyne Lever



À Paris, les courtisans se reçoivent et se montrent beaucoup plus communicatifs qu'à Versailles. Fuyant l'ennui, ils vont de salon en salon où la société est beaucoup plus variée qu'à la Cour. Ils cultivent leur esprit, forment leur goût et acquièrent de nouveaux plaisirs par la fréquentation des hommes de lettres, qu'ils ne considèrent plus comme des amuseurs mais comme des penseurs qui font passer leurs idées sur la science, la morale ou la philosophie dans une conversation enjouée.

Résumé : Versailles, Paris : deux mondes opposés qui ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Versailles, résidence du roi, séjour de la cour, est le lieu du pouvoir, de l’intrigue, de l’élégance et de toutes les convoitises, mais Paris, centre de l’Europe, rayonne d’une vie intellectuelle et artistique brillante. 
 Dans cette chronique détaillée au jour le jour, et parfois heure par heure, qui commence à la mort de Louis XIV (1715) et prend fin au milieu du siècle, Evelyne Lever nous entraîne dans un va-et-vient riche d’anecdotes du château à la capitale : de la galerie des Glaces et des petits appartements de Louis XV jusqu’aux ateliers des artisans en passant par les hôtels aristocratiques, les églises, les salons littéraires, les jardins, les théâtres. On participe ainsi aux fêtes, on voit les curieux s’amasser pour assister à l’exécution de Cartouche ou pour acclamer le roi surnommé le Bien-Aimé ; on se promène dans les quartiers de la capitale, mais on découvre aussi secrets d’alcôve et de famille, complots et scandales. L’auteur brosse avec talent des portraits du souverain, de sa famille, des courtisans, des philosophes, des artistes et aussi du petit peuple parisien. Elle dénoue les intrigues de la cour où le sexe se mêle à la politique, elle raconte les crises financières, expose les grandes orientations politiques du règne, écoute les revendications populaires. 
 C’est tout un monde qui s’anime et découvre, sous l’influence des philosophes, qu’il a droit au bonheur. 

Historienne, chercheur au CNRS, Evelyne Lever a publié chez Fayard Louis XVI (1985), Louis XVIII (1988), Marie-Antoinette (1991), Philippe-Égalité (1996), L’Affaire du collier (2004), C’était Marie-Antoinette (2006).

Mon avis : <3 <3

Je savais d'avance que cette lecture me plairait car étant passionnée par le XVIIIème siècle, c'est tout naturellement que je me suis tournée vers cet ouvrage. Je connais l'auteure, Evelyne Lever, pour l'avoir vu participer à des émissions historiques télévisées. J'aimais déjà beaucoup la manière qu'elle avait de parler oralement de l'histoire, alors sa plume ne m'a pas été indifférente non plus. Evelyne Lever est considérée comme une grande historienne et c'est avec hâte et joie que je me suis lancée dans son ouvrage.

La chronique est sans la doute la forme la plus adaptée pour parler d'un siècle en profondeur et surtout pour le comprendre. Comme l'indique le résumé, tout est relaté : la vie politique (les événements autant que les alliances), la vie culturelle (comprenant le théâtre, les fameux salons littéraires, les écrivains, les peintres...) et la religion. À mesure que l'on avance dans l'ouvrage, on a l'impression de regarder par la serrure d'une porte tellement le récit est vivant. Il faut dire que raconter les faits au présent ajoute du cachet.

Le récit commence en 1715, à la mort de Louis XIV. Le livre est divisé en chapitres, eux-mêmes subdivisés en paragraphes titrés, ce qui permet d'être face à un récit organisé selon le thème (politique, famille royale...). Didactique, l'ouvrage contient aussi une carte de 1715 et une généalogie pour que le lecteur puisse se retrouver aisément dans les affaires de famille. On suit donc le règne de Louis XV, qui doit beaucoup à la régence de Philippe d'Orléans, jusqu'en 1756. Ce livre m'a donc permis d'avoir un aperçu riche et intéressant du début du XVIIIème siècle en seulement 400 pages. Je commence à connaître pas mal l'histoire de ce siècle mais cette lecture m'a apporté de nouvelles connaissances dessus et a fait le point en terme de chronologie sur pas mal d'événements. Mes connaissances ont aussi été confirmé, telle que la mélancolie habituelle de Louis XV. En fait, j'ai davantage compris ce roi. On le suit de son enfance jusqu'à l'âge adulte. À vingt ans, il est déjà père de cinq enfants, ce qui fait que j'ai commencé à le comprendre et j'ai encore davantage réfléchi sur les moeurs de l'époque où l'on se mariait adolescents et où l'on avait des enfants très tôt. Pour les reines, leur "fonction principale" était de donner un héritier (les filles sont souvent vues comme des déceptions), ce qui me frappe toujours.

=> Cet ouvrage conviendra parfaitement aux passionné(e)s du XVIIIème siècle mais aussi à ceux et celles qui voudraient s'attarder un peu sur le début de ce siècle foisonnant, tout comme l'est ce livre. Pour sûr, ce ne sera pas le dernier ouvrage que je lirais d'Evelyne Lever !


Genre : Essai historique
Publié le 15/02/2012
Pages : 440
Français


Suite : Le crépuscule des rois, Chronique 1757-1789

samedi 12 septembre 2015

"Ces dames au salon - Féminisme et fêtes galantes au XVIIIè siècle" d'Anne-Marie Lugan Dardigna


Résumé : En France, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les salons tenus par des femmes telles que Mme du Deffand, Mme du Châtelet ou Mme d’Épinay furent les lieux privilégiés de leurs revendications à exister. 
 Mais que s’est-il donc passé, dans le cours de ce XVIIIe siècle dont on a dit qu’il était le siècle des femmes ? Leur règne s’est affirmé à travers l’existence de ces salons où elles ont accueilli et protégé durant des décennies les philosophes et les écrivains, porteurs des idées nouvelles. Pourtant, la Révolution les oublie dans la Déclaration des droits de l’homme. L’égalité ne sera pas pour cette moitié-là de la société. Comment le statut des femmes a-t-il été de nouveau occulté par la figure de la mère qui prime encore aujourd’hui ? 

 Anne-Marie Lugan Dardigna est chercheuse et une figure du féminisme. Elle a notamment publié Femmes femmes sur papier glacé et, sur la littérature du xxe siècle, Les Châteaux d’Éros ou l’Infortune du sexe des femmes.

Mon avis : <3 <3 <3

Ce livre est sans doute celui que j'avais le plus envie de découvrir cet été. C'est désormais chose faite ! Je me suis régalée durant ma lecture. Il faut savoir que les salons littéraires sont un des sujets qui me passionnent le plus, sans oublier la Préciosité, qui est également évoquée dans cet ouvrage.

Cet essai porte sur les salons littéraires du XVIIIème siècle, mais l'auteure revient également sur les débuts des salons littéraires, c'est-à-dire au XVIIème siècle avec les fameuses Précieuses. Voici la première raison pour laquelle je vous le conseille. On peut aisément ne rien connaître à la vie culturelle du XVIIIème siècle et se lancer dans cette lecture car l'écrivaine explique tout et de manière claire. Le récit est très fluide et les pages se tournent aisément. Cependant, je regrette qu'il y ait si peu de pages. En effet, pour un sujet aussi passionnant, j'aurai pu lire sept cent pages ! Ma lecture s'est faite en deux jours seulement alors que lui consacrer plus de temps ne m'aurait pas dérangée le moins du monde.

Lorsque je dis que je me suis régalée lors de ma lecture, c'est que le sujet m'intéresse énormément. Les salons ont été des places essentielles au XVIIIème siècle ; ils comprenaient des écrivains, des philosophes, des artistes mais aussi des voyageurs célèbres, des diplomates et des mécènes. L'auteure parle, peut-être trop brièvement cependant, des salonnières les plus importantes du XVIIIème siècle : Mme de Lambert, Mme de Tencin, Mme du Deffand et Mme de Geoffrin. Chacune avait une personnalité singulière et par la tenue de leurs salons, elle ont fait faire un pas en avant pour la situation de la femme dans la société. J'ai donc davantage compris ce qui fait la particularité de ces femmes : elles revendiquaient une nouvelle version de "l'amour courtois" contre le désir. Il est aussi question de la maternité. Si les femmes étaient vues comme des procréatrices, les plus aisées d'entre elles ne s'occupaient pas pour autant de leurs enfants, qui étaient alors confiés à des nourrices. La célèbre Mme de Tencin a même abandonné son fils, le futur d'Alembert. Mais si une noble femme faisait le choix de vouloir élever ses enfants, on le lui refusait, telle Louise d'Épinay qui se vit refuser cette envie à cause de sa famille qui s'y refusait. Quel siècle tout de même !

Vie culturelle, maternité, relation mère-fille, éducation, les femmes sont au coeur de ce livre, et c'est la deuxième raison pour laquelle je vous le recommande. C'est aussi l'occasion de comprendre la Révolution française sous un autre aspect, Anne-Marie Lugan Dardigna consacrant le dernier chapitre aux femmes sous la Révolution, avec des figures telles que Mme Roland, Olympe de Gouges ou encore Théroigne de Méricourt.

Si le livre est trop court, il a néanmoins été un coup de coeur. Durant ma lecture, je n'ai cessé de me dire que c'était PAS-SION-NANT !

=> Si les salons littéraires, l'histoire des femmes ou encore le XVIIIème siècle vous intéressent, ce livre est celui qu'il vous faut ! Je garde ce livre à portée de main pour y revenir dès que cela me sera nécessaire.


Genre : Essai
Publié le 1er octobre 2014
Pages : 185
Français

dimanche 23 août 2015

"Histoire de M. le marquis de Cressy" de Madame Riccoboni


Résumé : «Le marquis trouva le moyen de lever les faibles scrupules d'Hortense ; elle se donna à lui ; elle oublia la tendresse et les bontés d'une amie, pour jouir du goût passager d'un amant. Quelle différence! Quelle perte! Quoiqu'on en puisse penser dans l'égarement de son cœur, un amant ne vaut pas une amie.» 

Marie-Jeanne Riccoboni (1713-1792), amie de Diderot, David Hume et Horace Walpole, fut longtemps actrice à la Comédie-Italienne avant d'écrire des romans qui connurent un succès considérable. Publié en 1758, Histoire de M. le marquis de Cressy met en scène un homme ambitieux partagé entre deux femmes.

Mon avis : <3 <3 <3
 
J'ai gagné ce livre sur le blog terraromantica.canalblog.com (les Îles de My). Voulant récompenser les personnes qui lui laissaient le plus de commentaires, elle nous a proposé de choisir nous-mêmes un titre parmi les Folio à 2 €. Cela ne pouvait pas mieux tomber car j'essaie de me procurer tous les titres de la collection Femmes de lettres que Folio propose (ou en tout cas, les oeuvres de femmes écrivains des XVIIème et XVIIIème siècles). Mon choix s'est donc porté sur Madame Riccoboni (1713-1792). Son nom me disait vaguement quelque chose et je me souviens vaguement de la suite qu'elle a écrite en 1751 pour le livre de Marivaux La Vie de Marianne (une oeuvre absolument géniale que je vous empresse de lire, soit dit en passant). Le nom ne vous dit certainement pas grand-chose. Marie-Jeanne Riccoboni était une actrice à la Comédie-Italienne, mais on ne lui prêtait que peu de talent, comme en témoigne Diderot : "Personne ne parle mieux d'art, personne ne joue plus mal". Mariée à un acteur et auteur pour le théâtre, Antoine-François Riccoboni, elle s'en sépare cependant en 1755. Non seulement Folio remet au goût du jour des femmes de lettres oubliées, mais, en plus, la préface (ici de Martine Reid) et des éléments biographiques ne vous laisseront pas sans savoir qui sont ces femmes de lettres. Je vous invite donc franchement à vous pencher sur cette collection, si ce n'est déjà fait.

Madame Riccoboni (1713-1792)

L'Histoire de M. le marquis de Cressy est une histoire d'amour, un thème après lequel je ne cours pas d'habitude, mais la façon dont l'a traité Madame Riccoboni et le fait que cela soit ancré au XVIIIème siècle m'a plu à bien des égards. Tout d'abord, le style d'écriture me plaît évidemment énormément : la langue est pure et soignée. J'adore les romans du XVIIIème siècle pour deux raisons : une langue agréable à lire et la présence de lettres qui sont souvent enchâssées dans le récit - ce qui fût le cas ici. De manière générale, j'adore les romans épistolaires et je suis toute contente lorsque je ne trouve ne serait-ce que quelques lettres dans un roman. Ici, les lettres sont nombreuses et cela m'amuse car à l'époque c'était le seul moyen de communiquer à distance. Ensuite, cette - ou ces - histoire(s) d'amour ne sont pas ce à quoi je m'attendais. L'auteure a su me surprendre. Je m'attendais à une banale histoire mais cela aurait été sans compter sur le génie de l'auteure. Je ne peux vous en parler plus sans me trahir mais je suis convaincue que l'auteure n'en est pas à sa seule réussite littéraire. À travers l'infidélité du marquis de Cressy, Madame Riccoboni nous rappelle la bigamie de son père qui eut des conséquences dans sa propre vie. Le marquis est un être que j'ai évidemment détesté pour ce qu'il fait mais ses actes sont racontés avec tant de profondeur. Madame Riccoboni nous immerge dans sa tête pour nous dire tous ses sentiments et ses intentions. Il faut dire qu'il est face à quatre femmes : Adélaïde du Bugei, la comtesse Mme de Raisel, Mme d'Elmont et Mlle Hortense de Berneil. Ces quatre femmes (aux noms un peu étranges et difficiles à prononcer je trouve) ont des caractères bien différents. Les deux premières sont pleines de gentillesse et de bonté mais les deux suivantes sont méchantes et intéressées. L'amour n'a qu'à bien se tenir !!

=> Je suis heureuse de cette lecture ! Quel plaisir de lire une histoire d'amour avec une si belle écriture ! Je vous encourage vivement à découvrir cette oeuvre. Pour ma part, j'ai dans l'idée de tenter de trouver et lire les autres oeuvres de Madame Riccoboni mais elles ne seront  certainement pas aussi faciles d'accès, pour mon plus grand regret !




Genre : Roman
Publié en 1758
Pages : 119
Français

mercredi 1 juillet 2015

"La Belle et la Bête" de Madame de Villeneuve


Son grand goût pour la lecture pouvait aisément se satisfaire dans ce lieu, et la garantir de l'ennui de la solitude. Le jour se passa sans qu'elle pût tout voir. Aux approches de la nuit, tous les appartements furent éclairés de bougies parfumées, mises dans des lustres ou transparents ou de différentes couleurs, et non de cristal, mais de diamants et de rubis.

Un aveu si charmant ne fit que le flatter : il n'y répondit qu'en disant, "aime qui t'aime, ne te laisse point surprendre aux apparences, et tire-moi de prison".

Résumé : " Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu'elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d'un pas ferme, et d'un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit : "Bonsoir, la Belle".

Mon avis : <3 <3 <3
 
Ce livre s'est retrouvé dans ma bibliothèque grâce au premier concours que j'ai gagné sur la blogosphère, chez petitsbonheursetgrandeslectures. J'en étais absolument ravie ! Je comptais effectivement me procurer et lire ce conte un jour, et l'occasion s'est ainsi présentée.

J'ai réellement savouré ma lecture. Autant l'univers des contes me fait rêver, autant l'écriture de celui-ci était tellement sublime !! La langue a été, peut-être plus que le récit en lui-même, ce que j'ai apprécié du début jusqu'à la fin. Cette raison explique pourquoi je m'intéresse tant aux oeuvres du XVIIIème siècle. Les tournures de phrase étaient particulièrement belles, ce qui explique pourquoi j'ai eu dû mal à lâcher le livre jusqu'à la fin de ma lecture. J'ai passé un très bon moment, ne serait-ce que par le style d'écriture de l'auteur. Mais je dois dire aussi que j'ai appris des choses de ce conte que je connaissais pas (SPOILER) : le fantôme de l'Inconnu, la Dame, les animaux (les singes, les perroquets et les oiseaux). Le conte de Madame de Villeneuve est la première version moderne de La Belle et la Bête mais la reprise qu'en fit Madame Leprince de Beaumont et parue en 1757 (et que je souhaiterais me procurer également) fut beaucoup plus célèbre et plus courte.
 
Ce livre m'a livré quelques connaissances sur Madame de Villeneuve (1685-1755). Veuve à vingt-six ans, elle publie pour la première fois en 1734, à quarante-neuf ans, un ouvrage intitulé Le Phoenix conjugal, nouvelle du temps. Elle fut la concubine de Crébillon (père), un célèbre dramaturge, académicien et censeur royal. 
 
Quel a été mon plaisir de lire dans la préface que Madame de Villeneuve, tout en racontant un conte selon la tradition, a été influencé par la pastorale et le roman précieux (la Préciosité étant mon courant préféré), alors à la mode. L'histoire, bien que je la connaisse (ou presque), m'a enchantée, comme dans mon enfance. Les surprises étaient de mise et cela montre à quel point les contes sont trompeurs car on croit toujours les connaître, mais en fait, selon les versions (et les époques), tout change. Étant un conte, de belles morales y figurent telles que On ne connaît de mal sans remède que celui de la mort ou encore Il est plus facile de raisonner sur l'amour que de le vaincre. Ma lecture s'est faite crayon en main. Comme je vous l'ai déjà dit, je n'ai cessé d'apprécier la plume de l'auteure et donc de marquer beaucoup de citations !

Le personnage de la Belle m'a énormément plu : elle est courageuse, intelligente, gentille. Elle n'a pas si peur de la Bête. À l'opposé, ses soeurs sont exécrables par leur jalousie. Cela forme un contraste et l'on se met alors plus facilement du côté de la Belle. J'ai trouvé dommage que la Bête ne converse pas plus avec elle. Si le château est ensorcelé par la magie, il n'en reste pas moins qu'on peut s'y ennuyer (c'est ce que j'ai "vécu" durant ma lecture qui me fait dire cela).

Le conte est paru en 1740 dans La Jeune Amériquaine et les contes marins qui comprend La Belle et la Bête, Les Nayades et Le Temps et la Patience. En principe, notre conte débute par le retour d'un couple à Siant-Domingue. Leur femme de chambre, Mlle Chon, leur conte, ainsi qu'aux autres voyageurs, l'histoire de La Belle et la Bête. Malheureusement pour moi, Folio a décidé de ne pas retranscrire cette narration pour des raisons de "calibrage". En cherchant sur internet le livre original, je suis tombée sur un livre à 281 €. C'est vraiment dommage car j'aurai aimé lire le texte intégral, ainsi que les autres oeuvres de l'auteure (je n'y renonce cependant pas !).

La raison pour laquelle je vous conseillerai de lire ce conte est qu'il vous surprendra certainement autant que moi ! On connaît tous plus ou moins la version de Disney mais ce texte-ci comporte des rebondissements dont, à la fin, je ne saisissais même pas la portée. La dose de magie, tels que les repas servis dans le château sans présence humaine apparente, m'a enivré au point que j'y croyais ! Ce récit m'a emmené vraiment très loin, à la fois au XVIIIème siècle et dans un univers de conte et de magie. C'était un régal !

=> Je ne peux que vous encouragez à lire ce texte-source qui, partant d'une histoire connue, révèle des éléments intéressants et surprenants !

Genre : Conte
Publié en 1740 
Pages : 142
Français

++ Sur le même sujet je vous conseille le film de Jean Cocteau de 1946, avec Jean Marais et Josette Day, ainsi que l'histoire de La Bête et la Belle de Thierry Jonquet (2000) qui se déroule dans une période récente et qui tient plus du noir que de la magie. Pour ma part, je vais essayer de creuser ce thème plus loin en regardant, notamment, la dernière adaptation cinématographique, ainsi que le conte de Madame Leprince de Beaumont.

samedi 20 juin 2015

"La mode à la cour de Marie-Antoinette" de Juliette Trey



Résumé : La mode était au cœur de la vie de cour à Versailles. Rituels quotidiens et publics des levers du roi et de la reine, cérémonies de présentation à la cour, bals, baptêmes, deuils, parties de chasse... l'habit s'accordait aux événements et dictait leurs attitudes aux courtisans que corsets, paniers, culottes guindaient ou entravaient. Ces parures bruissaient de froissements de taffetas et de pékin de soie et donnaient ainsi vie aux appartements qu'elles coloraient d'une infinie variété de tons. 
 Sous le règne de Louis XVI, la mode connut d'importantes mutations. Si, lors des cérémonies officielles, le costume restait strictement codifié, de nouvelles libertés apparurent autour de 1780, dans un cadre plus intime. Marie-Antoinette elle-même encouragea, voire initia, ce mouvement vers davantage de simplicité et de confort. 
 À travers la richesse des costumes, journaux de mode, peintures et gravures de l'époque, cet ouvrage nous fait découvrir tout un monde de raffinement et d'élégance en nous rappelant que le choix d'un vêtement, loin d'être anodin ou futile, a toujours une valeur symbolique.




Mon avis : <3 <3 <3
   Comme vous pourriez vous en doutez, ce livre a été un bonheur à lire (et à regarder...) ! Jusqu'à maintenant, je n'avais lu sur Marie-Antoinette que des textes. J'y ai remédié grâce à ce livre où j'ai pu admirer des photographies de vêtements d'époque que l'on a conservé jusqu'à aujourd'hui et de magnifiques tableaux. Je crois bien n'avoir jamais lu d'album illustré (pour adultes) jusqu'à aujourd'hui et mon ressenti vis-à-vis de ce genre va donc prendre une grande place dans mon article.
 
Ce livre est bien écrit, d'autant plus que Juliette Trey sait expliquer ce qu'il faut - les caractéristiques des vêtements, tout autant que les liens des personnes avec la famille royale. L'auteure a fait un travail formidable, puisque l'on a sous les yeux un texte explicatif, des images et des citations justificatives de contemporains. Cette diversité rend la lecture agréable. Au texte d'explication suivent des images qui sont en rapport et qui permettent ainsi de véritablement se représenter ce que cela a été. Je ne connaissais pas beaucoup des tableaux qui y sont représentés, d'autant plus que beaucoup ont été peint par Élisabeth Vigée Le Brun, une peintre que j'apprécie tout particulièrement. J'ai ainsi pu voir Marie-Antoinette sous des jours nouveaux, par exemple en cavalière, à la chasse. Je m'en suis beaucoup amusée. Je ne connais rien à la mode mais ce n'est pas nécessaire pour ce livre : les explications textuelles décrivent les vêtements et il y a le plus souvent une image à l'appui. Je savais que Juliette Trey s'est occupée de l'exposition "Madame Élisabeth, une princesse au destin tragique" qui s'est tenue à Versailles entre avril et juillet 2013 (et que je n'ai malheureusement pas pu voir) et ce livre en porte les marques puisque l'auteure renvoie régulièrement à la soeur du roi.

L'ouvrage comporte trois parties : la première, intitulée "habiller la cour", porte sur les services de la Garde-robe pour le roi et pour la reine, les matières et les motifs privilégiés... ; la deuxième concerne le paraître et paraître à la cour avec la présentation au roi et à la reine, le maquillage, les bijoux, les différents vêtements...; enfin, la troisième partie a trait aux nouveautés & libertés, avec l'évolution des modes mais aussi des vêtements car l'on va vers des robes aux formes nouvelles et plus légères, la mode venue d'Angleterre qui a une influence et les costumes de fantaisie. Grâce à cet ouvrage, j'ai fait le tour de la mode au temps de Marie-Antoinette, ce qui me permet de comprendre encore mieux cette époque que j'adore.

En parlant d'album illustré, on aurait tort de croire que le livre ne comporte que des images. J'ai ainsi appris plein de choses sur l'époque : la symbolique des couleurs, qui portaient des noms imagés (tel que "cheveux de la reine"), des pratiques et aussi des anecdotes, ce qui m'a bien plu.

J'avais eu connaissance de la sortie de ce livre grâce à une parente de l'auteure et j'espère bien pouvoir faire dédicacer mon livre et en discuter avec elle un jour. En attendant, je continuerai à me replonger dans ce livre dès que l'envie me prendra. Il sera désormais utile lorsque je lirai des ouvrages (qui sont très nombreux dans ma bibliothèque) sur Marie-Antoinette ou, plus généralement, du XVIIIème siècle. Pour lire ce livre, il n'est pas nécessaire d'être amoureux de la mode, la passion pour l'Histoire peut suffire. Je vous recommande vivement ce livre, bien écrit, bien illustré et passionnant ! Honnêtement, je savais que je ne serai pas déçue !


Genre : Album illustré
Publié le 23 octobre 2014
Pages : 128
Français




++ Je vous invite également à suivre Juliette Trey sur son compte Twitter professionnel où elle nous fait partager son merveilleux métier de conservatrice de musée (au Musée du Louvre actuellement) : @JulTrey.

++ L'ouvrage a été mentionné dans l'émission Au coeur de l'histoire du 30 mars 2016 sur Europe 1. L'émission est disponible en replay ici : http://bit.ly/1XY3TnA.

mardi 2 juin 2015

"Les Années Trianon" de Catherine Hermary-Vieille


Le soir, dans le salon ivoire et amarante, dans le boudoir, dans la bibliothèque verte et blanche ou dans la pièce de billard décorée de lourds rideaux pourpres, on devisait, on écoutait de la musique, on jouait aux bouts-rimés, aux charades, aux ambassadeurs, mais les fous rires, les taquineries, les conversations galantes d'autrefois étaient devenus rares.

Salle de billard, avec un tableau de Madame Vigée-Lebrun,
Petit Trianon (2015)

Résumé : Versailles, 1774-1792. Deux décennies presque, qui, pour Marie-Antoinette, furent des années de bonheur et de fêtes avant de s’achever sur l’échafaud. Autour d’elle, le « cercle enchanté » de ses amis, de ses intimes, insouciants, raffinés et avides d’honneurs et d’argent. Ils se nomment Artois, Lamballe, Polignac, Lauzun ou Fersen, ils sont comte, duc ou princesse et profitent de la vie de plaisirs que leur offre une reine toujours plus frivole, indifférente et sûre d’elle. Séduits par leur jeune et capricieuse souveraine, ils ne veulent pas voir que, sorti de Trianon, l’Ancien Régime vit ses dernières heures. Le vent de l’Histoire gronde. Tous, hommes et femmes, seront emportés. Sous l’apparence souriante de l’avocate bienveillante, C. Hermary-Vieille est un impitoyable procureur. Gilles Martin-Chauffier, Paris-Match.


Le Salon de compagnie, salon des jeux et de musique,
Petit Trianon (2015)


Mon avis : <3 <3 <3
   C'est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce livre. Je connais de nom l'auteure mais je n'ai, il me semble, encore jamais lu une de ses oeuvres, bien qu'elles m'intéressent. Il faut dire que la couverture m'a très certainement attirée car je la trouve magnifique, le tableau étant de Louise Clay, et sur la bannière rose, le terme de "cercle enchanté" me réjouissait d'avance ! J'ai trouvé ce que je cherchais dans ce livre : un récit sur la vie de Marie-Antoinette, et notamment à Trianon. Mais ce n'est pas seulement cela. Lorsque je parle de ma passion pour Marie-Antoinette, on m'accuse parfois d'oublier les heures sombres pour le peuple qui a vécu à cette époque. C'est ce que ce livre montre : à côté du faste de la Cour et des joyeuses réunions, le peuple a faim et croule sous les impôts. Donc, si la vie de Marie-Antoinette me passionne, je n'en oublie pas pour autant les aspects les plus dramatiques de la période. Je suis reconnaissante à l'auteure car elle a réussi à allier un récit sur la vie de Marie-Antoinette tout en n'oubliant pas de mentionner, on pourrait dire en vis-à-vis, la vie du peuple mais aussi les événements qui se déroulent à l'étranger telle que la guerre en Amérique.
   Malgré la misère qui l'entoure, je n'ai pu m'empêcher d'adorer le "Cercle enchanté de Marie-Antoinette". Cette réunion de nobles qui grouille autour de la reine est plaisante car, contrairement à certains salons de l'époque, on ne s'y occupe pas de sujets sérieux mais on s'amuse, on joue, on fait de la musique ou on assiste à des feux d'artifice, des promenades... Le temps de ma lecture, je me suis laissée porter par cette légèreté de ton, qui, bien sûr, ne dure qu'un temps. À ce cercle enchanté, on pourrait opposer, par exemple, le salon de Madame Necker (mère de la future Madame de Staël), qui a épousé le ministre des finances de Louis XVI et qui tient un salon où l'on parle des questions importantes du temps. J'adore les salons littéraires, d'où le nom de ce blog et l'esprit que je veux lui imposer, et revivre ces moments d'échanges culturels est un de mes rêves ! C'est d'ailleurs ce qu'on fait un peu avec les blogs en échangeant sur nos livres lus je trouve (d'où mon idée de salon littéraire pour le blog). Mais j'ai aussi apprécié le cercle plus léger de Marie-Antoinette où l'on allait jusqu'à jouer à cache-cache ! D'ailleurs, si l'on voit la création de ce cercle, on assiste aussi à sa chute. Catherine Hermary-Vieille a une écriture que j'ai su apprécier. Les pages se tournaient aisément, j'avais envie d'en savoir toujours plus, même si je connaissais déjà le triste destin de la Reine. Je regrettais parfois que l'on n'entre pas plus dans le détail du cercle enchanté car c'est vraiment le sujet qui m'intéressais, mais après tout, peut-être n'avons-nous pas plus de détails.
   Cette lecture a été d'autant plus forte que j'ai été à Versailles mercredi dernier (d'où les photos) pour voir tout ce qui concerne Marie-Antoinette : le Petit Trianon ainsi que son domaine, comprenant son hameau, sa ferme, son théâtre et les divers jardins. Lors de ma lecture, je pouvais m'imaginer à nouveau dans ces lieux et ainsi être au plus prêt du récit. J'ai adoré cette sensation ! Il n'y a rien de mieux et je vous conseille cette visite. Après lecture du prospectus, je me rend compte que je n'ai pas vu certaines pièces, qui ne sont visibles que sur réservation et visite guidée. J'ai décidé que dès que j'aurai envie, j'y retournerai.

La Chambre de la Reine, 
occupée d'abord par Madame du Barry puis par Marie-Antoinette de 1777 à 1789,
Petit Trianon (2015)

   Avec Les Années Trianon, je ne m'attendais pas tant à une biographie mais cela ne m'a pas dérangé car j'en ai encore appris sur la Reine et la Cour, notamment sur tous les proches de la Reine et qui constituent aussi son cercle : Vaudreuil, le duc de Lauzun, le bel Axel de Fersen... et surtout Yolande de Polignac. C'est étrange mais je ne me souviens pas avoir croisé ces noms dans d'autres lectures que j'ai pu faire sur la Reine. Comme quoi, il me reste beaucoup à apprendre ! J'ai aussi beaucoup apprécié les passages sur Rose Bertin, la "ministre de la mode", et Élisabeth Louise Vigée-Le Brun, qui l'a peinte dans des tenues qui ont beaucoup choqué à l'époque car elles étaient plus légères que de coutume.

=> Je ne peux donc que vous conseiller ce livre. Si le cercle de Marie-Antoinette m'a enchanté, cela devrait aussi marcher pour vous !

Le Cabinet intérieur, dit aussi Cabinet des glaces mouvantes,
Petit Trianon, 2015


Genre : Roman
Publié en 2009
Pages : 408
Français


Le colombier, Richard Mique (architecte), 1783,
abritait la volaille et les pigeons,
Hameau de la Reine (2015)


++ Retrouvez l'émission Au coeur de l'histoire du 28 mars 2016 consacré à Marie-Antoinette au Petit Trianon. Le replay est disponible ici : http://bit.ly/1XY3TnA.

mercredi 1 avril 2015

"Marie-Antoinette. Carnet secret d'une reine" de Benjamin Lacombe et Cécile Berly



Résumé : Elle est « grande, admirablement faite » avec « des bras superbes ». « C’était la femme de France qui marchait le mieux […] » Mme Vigée-Le Brun (Portraitiste de la reine) Qui n’a jamais rêvé de s’immerger dans l’intimité de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, dernière reine de France et de Navarre, femme célèbre et controversée devenue un véritable mythe ? Sous la forme d’une belle édition à la fabrication soignée, Benjamin Lacombe a imaginé son journal intime, accompagné par le regard de Cécile Berly, historienne, spécialiste de Marie-Antoinette. Ce carnet d’une richesse graphique inouïe (peintures, aquarelles, crayonnés) mêlera certaines des lettres authentiques de Marie-Antoinette, à celles, fictives, du Comte Fersen avec lequel elle entretenait une relation privilégiée. Un livre exceptionnel pour les amateurs d’Histoire et de beaux ouvrages illustrés.

Mon avis : <3 <3
   Aussitôt eu, aussitôt lu ! C'est grâce aux blogs que j'ai découvert ce livre et au vu des magnifiques images, je n'ai pas pu m'empêcher de le demander pour mon anniversaire.
   Je suis satisfaite que le dessinateur se soit appuyé sur une historienne, qui plus est spécialiste de Marie-Antoinette puisque Cécile Berly a réalisé une thèse dessus : Marie-Antoinette et ses biographes. Histoire d'une écriture de la Révolution (que je lirai peut-être un jour). Dans la préface, celle-ci précise que Benjamin Lacombe a essayé d'être le plus fidèle possible à la vérité, ce que j'apprécie avant toutes choses. Elle explique aussi qu'il lui a demandé de corriger mais en tant qu'historienne, il a été difficile pour elle de modifier un récit fictif sur un sujet qu'elle connaît par coeur. Cette préface m'a semblé essentielle car je n'aime pas lire n'importe quoi sur l'histoire et j'aurai été gênée si elle n'avait pas été là.
   L'idée du journal intime mêlé aux lettres de la mère de Marie-Antoinette, Marie-Thérèse d'Autriche, qui est essentielle dans la vie de la Reine, m'a beaucoup plu. Le journal intime est très espacé dans les dates mais j'aurai du mal à reprocher à l'auteur d'avoir vouloir aller à l'essentiel et de nous offrir par ailleurs de belles images. Les images sont beaucoup liées aux animaux. Je ne connais pas du tout l'oeuvre de Benjamin Lacombe (alors qu'il semble plutôt connu sur la blogosphère...) et je ne sais pas s'il apprécie tout particulièrement les animaux. Je n'aime pas les animaux mais je n'ai pas trouvé ces références mauvaises pour autant. Elles sont certes récurrentes mais je serai curieuse de savoir pourquoi l'auteur les a autant associé à la vie de Marie-Antoinette, hormis les chiens puisqu'elle les adorait. Les animaux présents sont surtout les oiseaux mais aussi les moutons, les poissons, les loups...

=> Un beau livre illustré que je ne regrette pas d'avoir dans ma bibliothèque et que je relirai probablement avec autant de plaisir que la première fois. Je vous le conseille parce que ce livre ne ressemble à aucun autre que j'ai pu lire.

Marie-Antoinette a joué Rosine dans Le Barbier de Séville, une pièce de théâtre de Beaumarchais


Genre : Livre illustré
Publié en 2014
Pages : 96
Français

mardi 2 septembre 2014

"Marie-Antoinette, La Reine fantôme" de Rodolphe & Annie Goetzinger



Résumé : Jeune reine espiègle et frivole, puis figure martyre de la Révolution, Marie-Antoinette est une héroïne tragique dont le destin fascine et effraie. Quoi de moins étonnant, dès lors, qu'au terme de sa brève existence, elle n'ait pu trouver la paix, et que son ombre erre encore et hante notre monde ? A l'aube des années 1930, le peintre Maud de Brunhoe croise le fantôme de la reine, et une singulière amitié se crée entre les deux femmes. Maud saura-t-elle délivrer enfin la reine de sa malédiction, faire que cesse sa hantise et que le repos lui soit donné ?


Mon avis : <3 <3

  Cette bande dessinée m'a énormément attirée et plu tout simplement pour le sujet : Marie-Antoinette. C'est intéressant car même si l'histoire n'est qu'une fiction, elle rappelle les étapes importantes de la vie de la Reine.
  Le dessin est plaisant mais l'écriture des bulles m'a un peu gêné : je la trouve trop serrée. 
  La préface écrite par Rodolphe m'a interpellée : il explique qu'au départ leur collaboration devait porter sur deux Anglaises, miss Moberly et Gourdin qui, le 10 août 1901, ont affirmé avoir aperçu le fantôme de Marie-Antoinette dans les jardins de Versailles. Les deux auteurs ont abandonné cette idée parce qu'il n'avait pas assez de matière pour faire une histoire mais ont gardé une référence à ce fait dans leur bande dessinée finale.
  J'ai apprécié que la vie du personnage principal, le peintre Maud de Brunhoe, ait sa place dans l'histoire. On apprend qu'elle a eu un mari, bien plus vieux qu'elle, et qui lui a laissé un grosse fortune à sa mort, d'où la pression de son fils sur Maud pour des questions pécuniaires.
  L'histoire n'est pas non plus inattendue mais j'ai apprécié. Je remercie les auteurs d'avoir écrit une histoire aussi divertissante qu'intéressante !

=> Une bonne petite lecture qui nous promène entre les jardins du Trianon et Paris, d'un 5 octobre du XVIIIème siècle au 5 octobre 1934. 


Genre : Bande dessinée
Publié en 2011
Pages : 66
Français


À lire :