mercredi 31 juillet 2019

"Tonight" de Nine Antico



Mon avis : <3 <3

Ne connaissant ni l'autrice ni cette bande dessinée, j'ai décidé ni une ni deux d'emprunter cette bande dessinée à la bibliothèque. Le sujet est à l'image de la couverture : cool. Pauline et ses deux amies nous font partager leurs soirées. Les meilleures, mais surtout les pires. Soirée cinéma, du nouvel an, de mariage, au Guatemala... Toutes les situations y passent mais non sans humour. Beaucoup de situations m'ont faire rire, que ce soit des prises de tête ou des situations, disons, gênantes.

Ce que j'ai apprécié également, c'est que l'autrice ait son propre univers. Les dessins au trait noir ont un petit côté vintage et diviser les chapitres par heures (20h, 2h, 6h...) correspondant au moment des soirées est pas mal vu. En plus, des photos sympathiques - à l'aspect vintage également - illustrent chaque division.

=> En lisant cette bande dessinée, je peux dire que j'ai passé une "bonne soirée". Vous aussi vous reconnaîtrez peut-être dans certaines situations...


Résumé : « Le désir de vivre », c’est une des traductions possibles du disque d’Iggy Pop sorti en 1977, Lust for life, et dont la pochette sert de modèle à ce nouvel album de Nine Antico. Qu’est-ce qui pousse à sortir en soirée, avec ou sans les copines, avec ou sans alcool, en terrain plus ou moins connu ? Qu’est-ce qui pousse à danser, à chanter, à faire l’amour ? Si ce n’est cet impérieux désir de vivre … Pauline et ses copines sont en plein dedans. Elles sont jeunes, plutôt jolies, plutôt futées. Dans cet album, qui raconte heure par heure six soirées différentes, Nine Antico offre un aperçu très juste de la vie d’une jeune femme, de ce qui leur passe par la tête et dans le cœur.


Genre : Bande dessinée
Publié en 2012
Pages : 63
Français

samedi 20 juillet 2019

"Les femmes et la révolution 1770-1830" de Christine Le Bozec



"Le monde révolutionnaire féminin est un ensemble complexe, ambigu et très minoritaire, trois caractéristiques bien souvent masquées par le panache du combat."


Mon avis : <3 <3

  Je ne serai sans doute jamais tombée sur cet ouvrage si une blogueuse, Loë, ne m'avait pas interpellée sur Twitter suite à un post des éditions Passés composés (une nouvelle maison d'édition consacrée à l'histoire) qui portait sur les salons littéraires, l'une de mes passions et la raison du nom de ce blog. Ni une ni deux, j'ai demandé aux éditions qu'elles m'envoient ce livre pour vous en livrer mon avis, que voici.

Cet ouvrage aurait pu avoir pour sous-titre : "Idées reçues sur les femmes à la Révolution française". Avec ce livre, la Docteure en Histoire Christine Le Bozec tente de déconstruire tous les préjugés qui entourent les femmes à l'époque de la Révolution. À commencer par un sujet qui me tient tout particulièrement à coeur : celui des "salonnières".

Cet essai commence par le constat d'un cliché : grâce à ces salons - des lieux de réunion, souvent animés par des femmes cultivées qui recevaient des femmes et des hommes de lettres, des artistes, des hommes politiques... les femmes du XVIIIe siècle auraient été libres voire libérées. Ce que montre Christine Le Bozec avec cet ouvrage, c'est qu'il n'en fut rien. Les salons littéraires ont surtout était tenu par des femmes, des hommes voire des couples de bonnes conditions sociales. Cette minorité parisienne surexposée a mis de côté une réalité, que l'historienne a bien raison de rappeler : à la veille de la Révolution, la France comptait 26 millions d'habitants, avec parmi eux 14 millions de femmes. On comptait seulement 15% de personnes habitant en ville. À Paris, seules soixante-deux femmes tenaient un salon. Ces lieux ne reflétaient donc en rien la condition des femmes de l'époque.



Les femmes et la Révolution permet donc de revenir sur tous les clichés que l'ont peut avoir sur les femmes durant cette période historique. Des faits parfois mal compris ou, le plus souvent, méconnus. La vérité, c'est que l'écrasante majorité des femmes vivait en milieu rural, sans marge de manoeuvre personnelle dans leur vie. À l'époque, les femmes étaient uniquement considérées comme des épouses et des mères de famille. Sur les dix années révolutionnaires, des femmes se battirent durant six ans, avant que les années 1795-1799 ne laissent la place à l'exclusion et au silence. Mais il ne faut pas oublier que toutes les femmes ne furent pas révolutionnaires, à signer des pétitions, fonder et rejoindre des clubs et des sociétés populaires. Il y a bien évidemment eu des réfractaires, notamment des femmes de la noblesse ou celles qui exerçaient des métiers dans le luxe.

L'autrice a donc organisé l'essai selon un ordre chronologique et par chapitres, eux-mêmes divisés en paragraphes. La spécialiste de la Révolution française n'hésite pas à faire des répétitions et annonce le propos de chaque paragraphe suivant. Malgré cette structure universitaire, qui pourrait éventuellement effrayer les moins férus d'Histoire, cet ouvrage est extrêmement clair, c'est la raison pour laquelle je le conseille volontiers à un large public. L'écriture est agréable parce que se voulant didactique. Si le fond est concis, les exemples sont nombreux pour étayer le propos. Les noms les plus connus sont évidemment mentionnés - Olympe de Gouges, Madame de Staël... - mais également des anonymes, telle Anne-Félicité Colombe, l'une des membres les plus actives au sein des Citoyennes républicaines révolutionnaires. Accusée de diffamation, elle distribua aux pauvres les indemnités qu'elle avait perçue après avoir remporté ce procès.

S'il me fallait donner un défaut, ce serait cette même brièveté du propos car au vu de mon niveau de connaissances sur le sujet, cela ne m'aurait pas dérangé, bien au contraire, que l'ouvrage soit plus fourni. Sa concision n'altère pour autant rien au fond et je suis ravie de cette lecture, qui ne me donne que plus envie de me plonger dans les ouvrages cités dans la bibliographie contenue à la fin.

Dressant un panorama complet de la situation des femmes dans la période qui s'étendit de 1770 à 1830, la Docteure en Histoire n'omet pas pour autant de parler des hommes. Les oppresseurs (Amir, Napoléon Bonaparte), mais aussi le si peu d'hommes qui défendirent la cause des femmes, sont évoqués. Poullain de la Barre a ainsi été longtemps considéré comme le précurseur du féminisme, défendant que "l'esprit n'a point de sexe" (je ne l'ai pas encore lu mais j'ai acheté dans la collection des livres Folio à 2€ De l'égalité des deux sexes de ce même homme, que j'ai désormais encore plus hâte de découvrir). Peu l'ont pensé mais certains ont voulu défendre les femmes, notamment leur éducation ou leur droit de vote.

Ce livre m'a mis face à des vérités historiques que je n'aime pas entendre. Lire l'oppression des femmes - que je combats - m'est toujours une chose difficile. Et me laisse un sentiment de tristesse. L'autrice rappelle dans la conclusion que cette "quête d'égalité {est} aujourd'hui encore inachevée, comme le prouve l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes en 2018." De plus, il m'a davantage fait prendre conscience de ce que fut le XVIIIe siècle, que j'adore et que je pensais pourtant bien connaître, à tort.

=> L'essai Les femmes et la Révolution est une lecture essentielle pour qui veut connaître le XVIIIe siècle et la Révolution française sous toutes ses coutures. Accessible à tous, l'ouvrage se concentre sur les femmes pour donner une vision globale de leur vie durant cette période. Opprimées dans la société, la moitié de la population du royaume s'est aussi pourtant révoltée contre la cherté de la vie et pour la reconnaissance de la citoyenneté féminine. Une lecture historique qui permet de comprendre le combat des femmes, qui est loin d'être terminé.


Résumé : ll est courant d'affirmer qu'au XVllle siècle, les femmes étaient libres, les protagonistes de cette représentation utilisant à l'envi l'argument de celles tenant salon. Si quelques cas spectaculaires ne peuvent être niés, que disent-ils de la situation de la majorité des femmes, qu'elles soient paysannes, ouvrières dans l'artisanat et l'industrie, domestiques ou bien même institutrices ? 

Christine Le Bozec procède donc à un état des lieux de la condition féminine à l'époque des Lumières, avant d'envisager leur implication et leur rôle pendant et après la Révolution française. Elle montre que malgré les barrières culturelles, et même si les révolutionnaires demeurèrent prisonniers du carcan de préjugés ancestraux, les années 1789-1795 furent bien synonymes de conquête de droits, chèrement et âprement acquis, puis difficilement conservés, avant que Bonaparte ne commence à les rogner et que la Restauration ne les supprime.


Genre : Essai historique
Publié en 2019
Pages : 224
Français


Partenariat avec les éditions Passés composés

samedi 6 juillet 2019

Mes envies de lecture pour cet été

@Le Salon Des Lettres


Après une panne de lecture de plusieurs mois, je reprends peu à peu goût à la littérature ! Constituer ma Pile à lire de l'été va sûrement aussi m'aider...
Je travaille aux mois de juillet et août dans la capitale alors autant vous dire que j'aurai encore plus besoin de dépaysement et de détente une fois ma (longue) journée de travail finie. J'aimerai aussi beaucoup revenir à ma passion première : les classiques. En tout cas, comme chaque année, j'adapterai mes lectures en fonction de mes envies du moment. Petit tour d'horizon des lectures qui me tentent pour les deux mois à venir (en gras figurent les lectures que je vais faire en priorité car elles me font particulièrement envie) :


Les classiques :



  • L'oeuvre d'Émile Zola
  • Gobseck de Balzac
  • La dame aux camélias d'Alexandre Dumas


Les romans contemporains :




  • La journaliste de Christina Kovac
  • La Vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker
  • Un livre des éditions Charleston de ma bibliothèque (à déterminer) 
  • Passé imparfait de Julian Fellowes


Histoire : 




  • Ramsès de Christian Jacq
  • Un jour avec Marie-Antoinette de Hélène Delalex
  • Le diable de Radcliffe Hall de Stéphanie des Forts


Écrits journalistiques :



  • Le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly
  • Une femme au front, mémoires d'une reporter de guerre de Martine Laroche-Joubert
  • Pour tout vous dire... de Jean-Pierre Pernaut
  • The fixer de Joe Sacco


Féminisme :



  • Les culottées tome 1 & 2 de Pénélope Bagieu

Séries :
  • Agatha Raisin (saison 1 & 2)
  • Borgen
  • Younger (saison 5) ?
  • The Bold type ?


Je vous souhaite un très bel été, plein de belles découvertes culturelles !

vendredi 21 juin 2019

"Les cerfs-volants de Kaboul" de Khaled Hosseini




Résumé : Dans les années 1970 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés... 

Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. "Il existe un moyen de te racheter", lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.

Mon avis : <3 <3

   Cette lecture n'était pas du tout prévue mais j'aime lire les livres qui sont en lien avec l'actualité alors j'ai saisi l'opportunité de lire ce livre en le découvrant dans la bibliothèque familiale. Je me rappelle en avoir entendu vaguement parler à la sortie du film qui en est adapté. Je ne regrette pas une seconde cette lecture. Elle m'a permis la découverte d'un pays, l'Afghanistan, et celle de son histoire, notamment la période des années 1970-1980. L'histoire, bien que fictive, m'a permis d'appréhender ce qui s'y est passé.

   Amir et Hassan sont deux petits garçons que tout oppose : le premier est patchoun (l'ethnie majoritaire en Afghanistan) et sunnite, l'autre est hazara et chiite, en plus d'être le serviteur du premier. L'un est dominé et l'autre profite bien de la situation. Pour ce fait, et pour d'autres, je n'ai pas apprécié le personnage et narrateur Amir. Il commet beaucoup d'erreurs et a un comportement que je n'ai pas toujours compris et/ou accepté. Pourtant, il est conscient de ses méfaits et s'en repentira.

L'histoire, c'est celle de l'espoir. Rien que le titre nous y fait penser. Les cerfs-volants sont tout pour des enfants qui s'affrontent en les manipulant. Jusqu'à la fin, le cerf-volant est un symbole de l'espoir et du combat que doivent mener les Afghans dans une situation de crise.

J'ai bien accroché à l'écriture de Khaled Hosseini, un auteur que je ne connaissais pas du tout. Les cerfs-volants de Kaboul est son premier roman et son succès est bien mérité. Si les événements m'ont semblé un peu banals parfois, l'écrivain sait porter son lecteur dans l'histoire jusqu'au bout. Je n'ai ressenti aucun ennui durant ma lecture, malgré la difficulté du propos. Les faits sont parfois violents, mais nous rapprochent au plus près du réel - inimaginable, effroyable, catastrophique. Le récit est dur et ne me semble pas édulcorer la réalité. Il a sans doute fallu un long travail de recherche - et de remémoration de souvenirs puisque l'auteur est né à Kaboul en 1965.

Les deux amis sont inséparables, ils ont été nourri au même sein et passent leur enfance côte à côte. Mais la vie les sépare un jour. Peut-être pas si définitivement que cela. Amir grandira avec ses remords tandis que Hassan oubliera et s'épanouira. Amir et son père quittent l'Afghanistan pour un autre pays, mais ils n'oublieront pas leur vie passée. Le roman montre à quel point ce que l'on a vécu dans notre enfance marque notre vie à jamais. Espoir, passé, remord... voilà les mots qui me viennent à l'esprit avec ce roman.

=> L'histoire des Cerfs-volants de Kaboul est très touchante. Tragique, certes, mais la plume de l'auteur ajoute aussi beaucoup de plaisir. Un livre à lire au moins une fois !


La bande-annonce du film adapté de Marc Forster, que je n'ai pas encore vu :




Genre : Roman
Publié en 2003
Pages : 406
Américano-afghane

lundi 3 juin 2019

J'ai découvert la plume de : Tracy Chevalier avec "La jeune fille à la perle"

Titre original : Girl with a Pearl Earring


La veste de satin jaune commençait à paraître si réelle que j'aurais voulu la toucher. Je faillis toucher celle qui avait servi de modèle le jour où la femme de Van Ruijven la laissa sur le lit. Je tendis la main pour en caresser le col de fourrure quand, levant la tête, j'aperçus Cornelia qui m'observait, dans l'entrebâillement de la porte. Une de ses soeurs m'aurait demandé ce que je faisais mais Cornelia, elle, s'était contentée de me regarder. Voilà qui était pire que toutes les questions. Voyant retomber ma main, elle avait souri. 

Résumé : La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. La ville est aussi prospère que rigide. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune étant très jalouse de ses prérogatives.    
  Au fil du temps, la douceur de la jeune fille, sa vivacité, sa sensibilité émeuvent le maître. Il l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, la tension et la suspicion règnent dans la maisonnée, le scandale se propage dans la ville. 

Mon avis : <3 <3

   En 1664, Griet n'est encore qu'une jeune fille mais elle entre au service de la famille du peintre Johannes Vermeer (1632-1675), marié et père (pour le moment) de cinq enfants. Si je commence à vous parler de la date, c'est qu'elle a acquis une très grande importance à mes yeux. L'auteure nous emmène de 1664 à 1676 et elle y arrive à merveille. Une fois plongée dans ce livre, j'étais réellement plongée au XVIIe siècle ! Je me suis imaginée tout le roman avec mes propres images et je redoute donc de voir l'adaptation cinématographique réalisée par Peter Webber en 2003. Je devrais peut-être d'ailleurs ne pas la voir, ou au moins pas tout de suite.

La relation qui s'installe entre Griet et le peintre est assez trouble. Vermeer est toujours appelé - le récit est raconté par Griet elle-même - "le maître" ou "il", ce qui le rend encore plus mystérieux. On ne saura jamais ce qu'il pense, car il n'exprime pas ses pensées ni ne les communique.

La jeune fille à la perle de Johannes Vermeer


L'écriture est fluide et la lecture est donc accessible à tous, même s'il s'agit de parler d'art. Tracy Chevalier s'est inspirée du tableau de Vermeer ci-dessus pour écrire cette histoire, ce qui montre son talent pour imaginer des histoires. Il est donc question de peinture et de ses techniques mais rien de très détaillé, donc, je le répète, ce livre peut être lu par quiconque s'y intéresse.

=> Un roman qui nous plonge réellement au XVIIe siècle, à chaque instant, aux côtés d'une servante et du peintre Vermeer. Un livre écrit pour les amoureux de peinture mais aussi pour tous les autres !


Genre : Roman historique
Publié en 1999
Pages : 346
Américain

mercredi 8 mai 2019

"J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste" de Loïc Prigent




Mon avis : <3 <3

"Elle est cheffe maroquinerie. Cet hiver elle a eu un congé maladie d'un mois. Je pense que c'est mile crocodiles qui ont été épargnés."

Le ton est donné d'emblée, nous voici dans "J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste", un recueil de citations captées lors de défilés de mode français. Paroles de mannequins, de créateurs, d'assistants, de clients et même d'attachés de presse et de journalistes... ce sont toutes les personnes qui font l'univers de la mode ou qui tournent autour qui sont mises sur le devant de la scène dans ce livre. Son auteur, Loïc Prigent, est journaliste et cinéaste spécialisé dans la mode. Il a eu une bonne idée avec cet ouvrage puisque personne ne se gêne pour dire ce qu'il pense dans ce milieu... et c'est cette honnêteté qui rend les propos encore plus amusants !

J'ai retenu mes citations favorites en fonction de plusieurs critères : les plus drôles, les plus hallucinantes ("Malheureusement, son narcissisme n'est pas proportionnel à son talent"), celles qui en disent long sur le métier ("Si ça existe déjà ça ne m'intéresse pas") et celles qui concernent les journalistes (certains ne sont visiblement pas indifférents aux cadeaux des marques, contrairement à la déontologie de la profession...).

Certaines phrases m'ont véritablement fait rire, comme celle-ci : "Elle a une beauté Snapchat, il ne faut pas la regarder longtemps."

Le livre montre un naturel certain de la part des "modeux". Jugez plutôt : "Ma vie est tellement excitante et trépidante que j'adore te voir le week-end, ça me fait un peu de normalité." 

"T'es belle.
- Pas plus que d'habitude."

"Elle croit en Dieu mais c'est pas réciproque."

Le livre ne se divise pas en chapitre mais en "saison". Saisons 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017, qui nous réservent plein de surprises et de pépites ! Même s'il faudrait faire attention avec ce recueil à ne pas rester avec l'image que mode = superficialité, champagne et régime.

Quoi qu'il en soit, "J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste" s'adresse à tous. Je ne suis pas particulièrement intéressée par la mode mais ce recueil en montre certains aspects et nous la fait voir via l'humour. C'est jouissif ! Ce livre était fait pour se retrouver entre mes mains. C'est certain, il me laisse un joyeux souvenir ! Peut-être succomberez-vous aussi à son charme...


Une petite dernière pour la route :

"Elle travaille énormément.
- Tu confonds travail et névrose."



Résumé : Dans la volière dorée de la mode pépient créateurs, mannequins, attachées de presse, assistants, clientes du monde entier. Ce tout petit monde d'une grande importance rit, raille, persifle, percute, se pâme, se mord. Rien n'est assez exagéré dans la sophistication, assez excessif dans la frivolité. Depuis plusieurs saisons, Loïc Prigent récolte leurs mots d'esprit, volontaires ou non. Les voici, frivoles et féroces, ahuris et perfides, perchés et poétiques. Le livre le plus drôle jamais écrit sur la mode.



Genre : Recueil de citations
Publié en 2017
Français
Pages : 249



Collaboration avec les éditions Points

dimanche 5 mai 2019

"Eve sur la balançoire" de Nathalie Ferlut



Mon avis : <3 <3

  Quel destin tragique ! Que de pitié pour cette jeune fille ! Eve Nesbit de Pittsburgh a connu une brève popularité, de 1901 à 1915. Sa mère l'encouragea à poser pour des peintres et des publicités ainsi qu'à être sous la férule d'un architecte, Stanford White. Elle se mariera, sans gaieté de coeur, à Harry K. Thaw, un homme très riche mais drogué.

J'avais choisi cette bande dessinée car j'avais envie de me plonger au début du XXe siècle, à New York. Mais l'histoire est quant à elle très difficile. La mère d'Eve l'utilise afin de gagner de l'argent et qu'elle n'ait pas à bouger le petit doigt pour travailler et notamment payer l'école de son fils... Un ami peintre a bien essayé d'ouvrir les yeux à Eve mais celle-ci ne veut rien voir. Elle n'a que seize ans après tout. Jeune, elle va aussi passer à côté de l'amour de sa vie, un certain John Barrymore (acteur, il est le grand-père de l'actrice Drew Barrymore). C'est une bonne idée d'avoir mis cette histoire en bande dessinée. Une fois terminée, elle nous laisse triste mais elle permet de rappeler que la célébrité a un prix, hier comme aujourd'hui.

Le dessin est une sorte d'esquisse à l'aquarelle qui m'a beaucoup plu. Les détails ne sont parfois pas là car Nathalie Férut ayant réalisé le dessin et le texte, ce dernier revêt beaucoup d'importance. C'est Eve elle-même qui raconte son histoire, avec des allers-retours entre le passé et le présent - son procès, considéré comme le premier du siècle aux États-Unis. Eh oui, comme l'a été sa vie, elle connut une épreuve tragique.

=> Cette bande dessinée raconte l'histoire vraie d'Eve Nesbit de Pittsburgh. Une vie difficile. Il ne faut pas être trop sensible pour lire ce récit...


Résumé : Pour la petite Eve Nesbit de Pittsburgh, le XXe siècle avait inventé un nouveau métier : j'étais l'image de l'envie et de la perfection, j'étais une icône de publicité, le rêve américain en version jeune fille. Des journalistes aux plumes pleines d'eau de rose écrivaient d'élogieuses fables où j'étais un ange modeste issu de bonne famille, frappée par la fatalité, mais remarquée par les bonnes fées de New-York ! Mais il n'y a pas que les demoiselles qui aiment les photos de jeunes filles... On me proposa bientôt des poses plus suggestives, légendées de subtiles sous-entendus... Ma mère ne disait rien, moi je ne voyais pas où était le mal... Pourquoi aurais-je refusé ?


Genre : Bande dessinée
Publié en 2013
Pages : 119
Français