vendredi 10 novembre 2017

"Le mystère de Callander Square" d'Anne Perry

Titre original : Callander Square


Fais attention, c'est tout. Mener une enquête n'est pas une simple gymnastique de l'esprit, tu sais. Les êtres humains sont réels, et l'amour et la haine sont dangereux.(pages 67-68)

Quand on aime sans espoir, ça peut faire très mal.(page 229)

Résumé : Cette enquête semblait élémentaire : quelle femme de chambre indélicate du très chic Callander Square a enterré ses nourrisons adultérins dans le parc ? Mais la vérité est loin d'être aussi simple, et le gentleman inspecteur Thomas Pitt n'est pas au bout de ses surprises, dans cette haute société victorienne ou les faux-semblants sont rois. 

« Voilà une saga de moeurs ou le voyeurisme dévoile la calomnie, ou le mystère rend enfin le réel visible. » Virginie Gatti - L'Humanité

Mon avis : <3 

Après m'être lancée dans la lecture du tome 1 il y a quelques temps, je suis donc passée au tome suivant. Il n'a pas été non plus un coup de coeur car j'attendais trop de choses des livres d'Anne Perry. En effet, après les avoir vu très souvent sur la blogosphère, j'avais des attentes plus que pour n'importe quel autre livre et elles ont été déçues.

Je n'ai pas toujours accroché à l'enquête de Mystère de Callander Square. Ce n'est pas le genre d'histoire que j'aurai pris pour un second tome. J'ai même cru que la solution serait trop attendue mais, heureusement, il y a eu un rebondissement. Le problème a encore été la fin. Elle arrive trop vite ! L'enquête n'est pas résolue et comme il reste peu de pages, tout est expédié en quelques lignes.

Une autre déception s'est faite au sujet de Charlotte. Je m'attendais à ce qu'elle soit plus impliquée dans les enquêtes et il n'en est (encore) rien. C'est aussi étonnant l'ampleur que prend sa soeur Émily dans l'histoire. La vie privée de Charlotte et Thomas est simplement résumée par une ellipse de deux ans, ce que j'ai trouvé dommage car on n'a pas le comment de leur lien...

Je lirai le tome 3 seulement si je le trouve en occasion. Par ailleurs, j'aimerai découvrir les autres écrits d'Anne Perry, mais vais-je aussi regretter ces lectures ?


Genre : Roman policier
Série Charlotte et Thomas Pitt, tome 2
Publié en 1980
Pages : 383
Britannique


Tome précédent :

vendredi 27 octobre 2017

"Histoires de fantômes" de Charles Dickens



<3 <3

Quel plaisir cela a été de retrouver Charles Dickens ! J'adore son univers : l'Angleterre, plutôt celle des pauvres, le XIXe siècle et ses habitudes... Il faut dire que  je lis cet auteur chaque Noël car il est pour moins désormais indissociable de l'hiver. J'ai donc sauté de joie lorsque j'ai vu ce livre dans ma Pile à lire d'Halloween (oui, je choisis mes lectures par saison).

Ce livre regroupe des histoires mystérieuses peuplées de fantômes, le tout dans le style reconnaissable entre milles de l'auteur. J'avais aussi oublié à quel point il sait manier la narration. Je me souviens notamment d'une nouvelle (laquelle, vous le saurez si vous vous jetez sur ce recueil) où le récit est à la troisième personne avant que l'on n'apprenne que le narrateur n'est autre... que le méchant lui-même !

À mon grand étonnement, les histoires sont toutes plus variées les unes que les autres. Ce qui change moins, c'est qu'il y a toujours un narrateur dans l'histoire, comme si Dickens voulait rappeler qu'il est derrière chaque récit. Il y a donc beaucoup de fantômes - femmes ou hommes - mais aussi des mystères, des secrets... Ce livre m'a fait parfois un peu froid dans le dos je dois dire. Si vous avez envie de vous mettre d'ores et déjà dans l'ambiance d'Halloween, ce livre est parfait ! Certaines nouvelles renvoient aussi à Noël. Je vais faire ici une petite digression mais Charles Dickens a écrit beaucoup de ses nouvelles pour faire paraître dans des revues qu'il créait (il ne manque pas d'imagination). Il inventait des journaux où se côtoyaient fiction et écrits journalistiques (ce qui n'est pas sans inspirer et la lectrice que je suis et la journaliste que je veux devenir. Ce serait top de lancer une telle revue aujourd'hui !). Dickens devait aimer Noël autant que moi. Il faisait très régulièrement des revues spéciales Noël ! Autant vous dire que j'aimerai en retrouver les exemplaires aujourd'hui ! Il y a donc toujours un peu de Noël chez Dickens. J'adore cet écrivain !

La nouvelle qui m'a le plus marquée je dirai est "Capitaine Meurtre et le pacte avec le diable" car il y a un Barbe-Bleue et je ne peux résister aux histoires qui reprennent ou se référencent aux contes de fées. D'ailleurs, Dickens aime tellement raconter des histoires qu'il en narre deux dans ce récit !

Je dois aussi couronner ce livre pour sa pédagogie. Des notes permettent ainsi de mieux comprendre les références culturelles dont Charles Dickens fait mention. La chronologie permet de connaître plus en détails les conditions de publication de chaque nouvelle et les notices permettent de savoir comment les nouvelles ont été publié. J'ai ainsi l'impression d'en connaître davantage sur l'époque et sur Dickens.

=> Si vous ne deviez lire qu'un livre à l'ambiance Halloween, ce serait celui-ci ! Prenez-garde aux fantômes qui nous entourent... (j'ai peur rien qu'en écrivant cela)


Résumé : Comme ses contemporains victoriens, Charles Dickens adore les histoires de fantômes. Ses spectres sont parfois terriblement inquiétants, parfois comiques, ou encore porteurs d’un message, comme dans « Un chant de Noël », ce Christmas Carol que l’on se lit aujourd’hui encore à la veillée de Noël dans le monde anglo-saxon. C’est justement cette version, la version lue, qui a été retenue ici. Dickens l’a lui-même condensée pour pouvoir l’interpréter lors de ses tournées de lectures publiques. Elle raconte l’histoire d’Ebenezer Scrooge, vieil Harpagon dont le personnage connaîtra une certaine fortune littéraire puisqu’il sera le père de… Balthazar Picsou. Rien ne compte plus pour lui que d’exploiter son prochain. Il déteste tout, et surtout Noël. Une veille de Noël, justement, le voilà qui reçoit la visite de Jacob Marley, son ancien associé… mort depuis sept ans. Le fantôme vient le prévenir : Scrooge doit changer, sans quoi il portera pour l’éternité les chaînes du remords. Il va d’ailleurs recevoir la visite de trois spectres, ceux des Noëls passés, du Noël présent et des Noëls à venir, qui vont lui faire comprendre qu’une rapide rédemption s’impose…


Genre : Recueil de nouvelles
Pages : 317
Anglais



Thème « Rose » (10/12)


samedi 23 septembre 2017

"L'amie prodigieuse" d'Elena Ferrante

Titre original : L'amica geniale


<3 <3

  Eh oui, je me suis moi-même laissée emportée par la fameuse saga. Je dois dire que le fait que ce soit de la littérature italienne m'a notamment poussé à m'y intéresser car je ne lis jamais de littérature d'Italie et c'était l'occasion rêvée d'y remédier. 

L'histoire nous emmène en Italie, dans les années cinquante. Elena et Lila font leur rentrée à l'école primaire. Voisines, les deux fillettes deviennent amies. Toutes les deux brillantes, seule Elena va se rendre au collège puis au lycée, tandis que Lila rentre sur le marché du travail. Ces deux destins différents pourraient bien les éloigner...

Toute l'histoire se concentre sur les deux héroïnes. L'amitié qui les lie est assez particulière, l'une ne peut pas faire une chose sans que l'autre ne le fasse à son tour. Lila est cash, énergique et n'en fait qu'à sa tête, tandis que Elena a tendance à être plus sage mais n'en est pas moins éprise de liberté. Cette relation est décrite et racontée de manière très fine et subtile. Je suis subjuguée par la narration de cette amitié.

Ce qui fait également le charme du récit est qu'il se passe en Italie, un pays où je me suis déjà rendue et pour lequel j'ai beaucoup d'admiration. Ce récit m'a fait replonger dans mes souvenirs de voyage dans le pays et dans mon scrapbooking. Après, vous vous en douterez si vous me suivez depuis longtemps, j'ai eu beaucoup de mal avec le machisme italien (les filles à la vaisselle, les gars se promènent tranquillement en voiture).

=> Une belle histoire d'amitié entre deux petites filles dont le caractère semble s'opposer en tout point. Le tout dans un récit qui sent bon l'Italie. J'attends de lire la suite !


Résumé : Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l'école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l'envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l'adolescence, à l'aube de l'âge adulte, non sans ruptures ni souffrances. Formidable voyage dans Naples et dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu'au plus profond de leur âme. 


Genre : Roman
Publié en 2011
Pages : 430
Italien


Thème « Grande Découverte » (9/12)

mercredi 13 septembre 2017

J'ai découvert la plume de : Juliette Benzoni avec "Ces belles inconnues de la Révolution"


Bientôt ce sera l'amour et, sous les yeux de la duchesse qui, d'ailleurs, ne se doutera jamais de rien, la jolie madame de Genlis devient la maîtresse du duc de Chartres...
La vertu est décidément un meuble bien encombrant quand un prince charmant vous prie avec passion de la laisser de côté...

Résumé : Reine des Merveilleuses, avocate par passion, maîtresse d’un prince, reine du théâtre et de la galanterie, prête à aller en prison par amour, femme sacrifiée, aventurière… toutes les belles inconnues réunies par Juliette Benzoni ont vécu la période de la Révolution française entre drame et passions. 
  L’auteur propose une vingtaine de portraits de femmes au destin hors du commun : Mme Tallien amie de Joséphine, Mme de Genlis maîtresse d’un prince et « gouverneur » d’un roi, Mme Roland et ses amoureux, les aventures de Lady Eliott à Paris, la vie romanesque de la belle Pamela, Gabrielle et Louise les deux amours de Danton, les amours tumultueuses de Mme de Beauharnais et de Lazare Hoche, les malheurs de la passionnée Sophie de Monnier, Emilie Chalgrin et le peintre David, Victoire de la Villirouet avocate par amour… 
  Alliant le souffle de l’aventure à la rigueur de l’histoire, Juliette Benzoni ressuscite les figures de ces femmes célèbres ou oubliées.

Mon avis : <3

Pourquoi avoir choisi de lire ce livre ? J'avais très envie de découvrir la plume de Juliette Benzoni et ce depuis longtemps. J'étais quelque peu embêtée car elle a écrit beaucoup de séries - j'en ai deux pour le moment dans ma bibliothèque - et je n'avais pas tellement envie de me lancer dans la lecture d'un tome pour ne lire la suite dans longtemps.

Un problème semblait s'imposer à moi avant même de commencer ma lecture : comment parler de vingt femmes en seulement 299 pages ? En effet, un des problèmes avec ce livre est qu'il est très bref dans chacune de ses biographies. C'est dommage car à chaque fois j'avais envie d'en savoir plus sur la personne en question. J'ai été ravie de retrouver des femmes de lettre dont je cherche à découvrir les œuvres (difficile d'accès de nos jours), telle que Madame de Genlis ou encore Madame Roland.

Le livre suit une certaine chronologie et certaines histoires de vie se rapprochent, on entend ainsi parler de personnages qui sont présentés plus loin. Ces destins de femme sont souvent soumis à la Terreur de la Révolution et elles n'en montrent donc pas peu de courage. Cependant, l'auteure ramène tout à des hommes, ce qui m'agace. Je pensais que ce livre saluerait des femmes mais il n'en est rien. Disons aussi que l'amour est un thème qui ne me préoccupe pas énormément.

Un autre point qui m'a embêté est le fait que l'auteure se soit centrée uniquement sur les passions amoureuses de ces femmes et non sur leurs actes (ou alors leurs actes faits par amour). Un livre donc bien trop romantique pour moi. Et puis entendre parler du début à la fin que telle femme ou tel homme est beau/belle, charmant... m'a rapidement lassé. D'ailleurs, le titre emploi l'adjectif belle, comme si c'était la seule chose importante. Quand j'ai acheté cet ouvrage, je pensais qu'il s'agirait de parler d'actes héroïques de femmes pour tout vous dire alors quelle n'a pas été ma déception quand j'ai été plongée dans ce récit rempli de passions amoureuses (et de mariages) à n'en plus finir.

La plume de Juliette Benzoni se veut didactique, donc le plus clair possible. Les phrases sont courtes, ce que je fais moi-même quand j'écris, mais je n'ai pourtant pas accroché énormément avec cette plume. Ce que j'ai trouvé judicieux, cependant, est d'avoir mêlé la biographie à la fiction par le biais de conversations, ce que j'aime le plus, peut-être, en littérature. J'espère que des séries de cette auteure me plairont davantage...


=> Je ressors assez déçue par ce livre car je pensais découvrir le destin de femmes révolutionnaires alors que récit ne traite que de femmes amoureuses. Un livre que j'aurai eu moi-même l'idée d'écrire mais qui pourtant, à lire, n'est pas si plaisant que cela. Si vous avez déjà lu des ouvrages de cette écrivaine et que vous avez eu des coups de <3, n'hésitez pas à m'en faire part !


Genre : Biographie
Publié en 2014
Pages : 299
Français


@lefigaro.fr

Découvrir une auteure :
Juliette Benzoni

jeudi 24 août 2017

"Les Roses de Somerset" de Leila Meacham

"Une femme, un domaine, un amour impossible"

Titre original : Roses


Miles l'avait bien dit : Somerset ne l'abandonnerait jamais, malgré la charançon, la sécheresse et les inondations. La grêle pouvait anéantir une récolte en quelques minutes, mais les terres, elles, seraient toujours là. Les terres étaient porteuses d'espoir, au contraire des humains.

Résumé : Howbutker, Texas, 1916. A la mort de son père, la jeune Mary Toliver hérite de la plantation de coton des Toliver, l’une des familles fondatrices de Howbutker. La jeune femme devra-t-elle sacrifier son amour pour Percy Warwick, magnat de l’exploitation forestière, pour faire vivre le sol de ses ancêtres ? Confrontés aux trahisons, aux secrets et aux tragédies qui les entourent, renonceront-ils à ce qui aurait pu exister, non seulement pour eux, mais aussi pour les générations suivantes ?

Mon avis : <3 <3 <3

   Dans la quatrième de couverture, il est inscrit une citation du Publishers Weekly qui énonce que ce roman n'est pas sans rappeler Autant en emporte le vent. En effet, par bien des aspects, il lui rassemble. Ce dernier roman fabuleux ayant été un gros coup de <3, je n'ai pu de même qu'adorer Les Roses de Somerset !

Le slogan "Une femme, un domaine, un amour impossible" ne pouvait que m'attirer. Je suis particulièrement friande des histoires de domaines, châteaux, manoirs & cie, qui plus est quand il s'agit d'une femme qui hérite (cela me permet de me mettre dans sa peau). Je savais donc d'avance que j'aimerai ce livre (en plus, j'adore son grand format - pour une fois).

Mary Toliver hérite ainsi du domaine de Somerset, une plantation de coton, ce qui déplaît à sa mère et à son frère, Miles. Cela détruit leur relation familiale mais Mary va pouvoir s'occuper de ce dont elle souhaite le plus au monde - Somerset - au détriment de sa vie sociale. Mystères, secrets, mensonges, trahisons... ce roman ne manque pas de richesse. Malgré son aspect, ce n'est pas un pavé ennuyeux. L'auteure résume bien les faits et ne s'étend pas dans les détails.

Un champ de coton

L'histoire de la plantation m'a beaucoup intéressée. Si je n'y connais rien, ce livre m'en a donné un aperçu. Cultiver le coton s'avère vraiment difficile, le rendement dépendant énormément du climat. Je voyais Mary s'échiner au travail et j'avais mal pour elle. Une telle plantation comme Somerset, ce n'est pas rien mais Mary a un caractère déterminé et est grande travailleuse, ce que j'aime par dessus-tout. Pourtant, contrairement à Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent, je n'ai pas réussi à me mettre complètement dans sa peau tout au long du récit. Au contraire, j'avais un regard extérieur par rapport à l'histoire, alors que c'est plus stimulant d'être dans la peau du personnage. Mais je n'en tiens pas rigueur à l'auteure pour autant. Un autre point sur lequel je n'ai pas été très emporté, c'est l'histoire d'amour de Mary et Percy. Percy Warwick détient une exploitation forestière à Howbutker mais l'amour indéfectible de Mary pour Somerset ne semble pas pouvoir les réunir. Je trouve cela tellement dommage et je ne trouve pas forcément que leurs raisons de s'éloigner étaient valables, même si les circonstances vont les obliger à faire des choix. Cependant, ceci n'est pas un reproche. J'ai eu tellement de plaisir à lire ce livre que j'en garde déjà un beau souvenir et que je me verrais bien le relire dans quelques années, tout comme Autant en emporte le vent.

Concernant ce dernier, Leila Meacham n'a pas fait de copier-coller. Si Mary Toliver est aussi forte et travailleuse que l'est Scarlett O'Hara, l'écrivaine utilise ses propres ressorts pour émouvoir le lecteur. Les Roses de Somerset se découpe en quatre parties, dont trois porte sur l'histoire d'un personnage en particulier : celles de Mary, de Percy et de Rachel. Ce découpage est absolument ingénieux, et c'est pourquoi je le pointe. J'ajouterai à cela que l'auteur mêle deux époques : celle de la jeunesse de Mary, dans les années 1930, et celle de sa vieillesse, en 1985. Les allers-retours entre le passé et le présent se font de manière continue et coulent de source, ce qui est fantastique et n'en relève qu'encore plus la qualité de cet ouvrage.

Une autre qualité remarquable et originale de cette histoire est celle des roses. Dès le début, on entend parler de la guerre des roses, qui a opposé plusieurs familles, dont celle de Mary et de Percy. Les roses sont présentes tout au long du récit et sont utilisées de manière efficace et intelligente. La rose révèle une symbolique de par sa couleur. Ainsi, la rose rouge symbolise le pardon demandé, la blanche le pardon accordé et la rose le pardon refusé. J'adore les roses, pour ne rien vous cacher, mais les lier à une telle histoire et à l'Histoire est du plus bel effet ! Si je vous dis que j'ai ADORÉ ce livre, vous me croyez désormais ?


La fin ne va pas du tout dans le sens que je voudrais mais je dois bien faire avec... Le récit ne manque pas de rebondissements et le tragique arrivait sans que je m'y attende ou que je sois prête à l'affronter. Que de surprises nous réserve ce récit !

J'ai découvert les éditions Charleston récemment avec Une héroïne américaine de Bénédicte Jourgeaud, que j'ai également bien aimé. Je vais fouiller davantage dans les rangs de leur bibliothèque car je n'ai pas été déçue jusque là, loin de là ! La bonne nouvelle avec Les Roses de Somerset, est qu'il existe un roman, Plantation, qui se passe des années avant. Je m'en réjouis d'avance ! 

=> Les Roses de Somerset est un vrai bijou littéraire. Un domaine, une histoire de succession, de l'amour, des pardons avec des roses... le tout raconté par la plume délicate d'une grande femme devenue auteure sur le tard : Leila Meacham. 


Genre : Roman
Publié en 2010
Pages : 509
Américain


De la même édition sur le blog :

vendredi 18 août 2017

"Le fauteuil hanté" de Gaston Leroux


<3

C'est la panique à l'Académie française ! Tous les prétendants à la succession de Mgr d'Abbeville meurent... Le Secrétaire perpétuel, Hippolyte Patard, voudrait bien comprendre ce qu'il se passe ! Il espère le découvrir lorsqu'un troisième candidat, Gaspard Lalouette, se présente. Ce marchand d'antiquités possède pourtant un secret qui pourrait bien compromettre son entrée à l'Académie...

En tant que passionnée des livres, le cadre de l'Académie française ne pouvait que me plaire. Pourtant, ce n'était pas gagné. J'ai gardé un très mauvais souvenir de ma dernière lecture de l'auteur, Le fantôme de l'Opéra, que j'ai détesté. Mais Le fauteuil hanté est sans doute l'un des plus vieux de ma Pile à Lire, il était donc grand temps que je me lance dans sa lecture.

Si je n'étais pas très enthousiaste au début, mon intérêt a redoublé avec la candidature de Gaspard Lalouette. Son secret (que je ne vous dévoilerai évidemment pas, vous n'avez qu'à lire ce bouquin ! :-P ) est tellement drôle ! En revanche, j'ai moins aimé l'aspect policier du récit. Vous me direz que c'est plutôt surprenant de lire un roman policier et ne pas en aimer le genre. Disons que Gaston Leroux aime mettre du fantastique dans ses récits, ici comme dans Le fantôme de l'Opéra, et je préfère largement les explications naturelles, concrètes et logiques. Réalistes, quoi.

Et le vocabulaire aussi est fanatique. Qui dit Académie française dit vocabulaire soutenu. L'auteur s'amuse à employer beaucoup de mots inconnus, comme "abajoue", "abaque" ou encore "sâr" (que je n'ai même pas trouvé dans le dictionnaire. Si vous en savez la définition, vous pouvez m'en faire part). Et les tournures de phrases ne sont pas des plus simples. Plutôt que de dire "ils ont eu un fils", il est écrit "ils eurent un enfant de sexe masculin..." :-O

En tant que narrateur, Gaston Leroux aime beaucoup jouer avec ses lecteurs. Il ne dévoile pas tout tout de suite et va jusqu'à dire qu'il expliquera telle chose plus tard... Cela m'a un peu agacée car j'avais envie de savoir tout de suite ! L'auteur a une façon bien à lui de raconter l'histoire, en intégrant le lecture dans son écriture. C'est original mais peu paraître un peu désuet aujourd'hui.

=> Le fauteuil hanté est un petit roman policier fantastique qui ne manque pas de surprises. En tant que classique, le style peut paraître un peu dépassé, mais le tout reste original.


Résumé : Sus aux immortels ! Panique sous la coupole ! L'Académie n'a plus que trente-neuf illustres. Car tous ceux qui prétendent à la succession de Mgr d'Abbeville s'écroulent de mort subite en prononçant leur discours de réception. Hasard ? Malédiction ? Les voies de l'immortalité sont impénétrables ! Hippolyte Patard, le Secrétaire perpétuel, ne sait plus à quel saint se vouer, partagé entre le ridicule de la situation et la hantise d'augmenter ce palmarès. Lorsque Gaspard Lalouette, marchand d'antiquités, propose sa candidature, son soulagement est immense... Hélas ! Il y aurait de quoi s'arracher les cheveux si les trente-neuf en avaient encore. Car l'illustre assemblée risque fort d'être déshonorée. Oh ! certes, Gaspard percera le secret de Toth et le mystère de la maison qui tue. Mais il présente tout de même une particularité bien troublante... " Messieurs, si vous saviez... "

Genre : Roman policier
Publié en
Pages : 156
Français


Thème « Empreintes » (8/12)

jeudi 10 août 2017

"Les petits agendas rouges" de Laurence de Cambronne



Résumé : " J'ai enfoui comme je le fais toujours ma tête au creux de son épaule, je l'ai embrassé dans le cou. Je restais comme ça, sans bouger. Il me serrait contre lui, et cela durait, durait. Soudain il a murmuré : " Je suis content, Emma. " Je me suis mise à pleurer, il m'a tendu son mouchoir. " J'étais sûre que je ne te reverrais plus jamais. - Eh bien, tu vois, je suis là. " 

Parce qu'elle ne peut vivre sans l'homme qu'elle aime, Emma passe des nuits entières sur les banquettes en bois de trains bondés, traverse la ligne de démarcation en fraude, sillonne la France entière pour aller le retrouver. C'est la guerre. Pierre est marié. Et elle est " une jeune fille de bonne famille ", comme on disait alors. Catholique pratiquante, elle vit la clandestinité à sa manière et ne peut confier son secret à personne. Alors elle note, jour après jour, dans des petits agendas rouges, ses voyages, ses rencontres, ses espoirs, ses désirs. C'est ce " journal de guerre ", les pensées intimes d'une jeune femme moderne et amoureuse, prise dans la tourmente de la guerre 39-45, que Laurence de Cambronne, rédactrice en chef adjointe au magazine Elle, a reconstitué à partir des carnets de sa mère. Un roman qu'on ne peut pas lâcher.

Mon avis : <3 <3

  Alors que nous discutions de son oeuvre - qui venait de paraître - au salon du livre de Paris 2015, Madame de Staël - La femme qui faisait trembler Napoléon, Laurence de Cambronne m'a très gentiment offert son premier roman, Les petits agendas rouges. L'auteure m'a prévenue qu'il s'agissait d'une histoire personnelle et que ces agendas rouges se rapportaient à ceux de sa mère. L'histoire est en effet très personnelle.

Dès le début, nous sommes plongés dans l'histoire d'une famille, d'abord au présent, par un drame, puis on retourne vers le passé. C'est d'autant plus troublant qu'il s'agit d'une histoire vraie. J'admire Laurence de Cambronne car il faut beaucoup de courage pour écrire sur le passé de sa mère. Celle-ci, Emma, notait tous les événements de sa vie dans des agendas rouges avec la date et ce qu'elle avait fait ce jour-là, en quelques mots brefs. L'auteure a complété ces notes pour en faire une sorte de journal intime.

Il est beaucoup question d'amour. Emma est une fille de bonne famille, catholique qui plus est, mais elle tombe amoureuse d'un homme marié et père, Pierre. Ensemble, ils vont traverser les épreuves de la Seconde Guerre mondiale mais aussi les épreuves dues à leur famille respectives : sa famille à elle n'accepterait pas cette situation et lui a une femme, qui ne veut pas divorcer. Je pense qu'il faut du cran pour écrire sur l'histoire de sa famille car, la plupart du temps, on enfouit des choses parce qu'on ne veut pas les voir ressortir. En tout cas, l'histoire d'amour d'Emma et de Pierre est très belle.

L'histoire se déroule sous la guerre et c'était compliqué d'avoir un enfant à ce moment-là : les privations de nourriture étaient terribles. Les bombardements sont omniprésents, mais l'amour d'Emma et de Pierre les aident à surmonter les épreuves. Si bien que lorsqu'il y a des alertes, ils ne descendent même plus à la cave...

La lecture est agréable car on a vraiment l'impression de lire le journal intime d'une jeune fille. J'avais des images en noir et blanc en tête, tel qu'au cinéma, et j'ai très envie de me pencher sur les références culturelles qui sont très fréquentes dans le livre. En effet, Emma est une grande amoureuse, mais aussi une femme bien cultivée.

=> Une histoire d'amour improbable sous la guerre. Aussi bien racontée et proche de la vérité, elle ne pourra que vous toucher. Je vous recommande cette lecture !


Genre : Roman
Publié en 2004
Pages : 218
Français



Autre roman de l'auteur :