samedi 19 octobre 2019

"12 scandaleuses de l'Histoire" de Marc Fourny


"On l'a pourtant mise en garde de ne pas se mêler de politique : ce n'est pas la place d'une femme, encore moins d'une culte, lui fait-on comprendre à demi-mot. Autant de freins qui attisent la fougue de cette révoltée, soucieuse de se faire une place dans ce milieu misogyne. Désormais, elle suit son instinct et rend coup pour coup. Un jour, à un pédant qui se vante d'écrire les pièces de Mme de Gouges en sous-main, en ajoutant des fautes pour faire croire que l'oeuvre est bien d'elle, elle réplique : "On trouve communément des hommes de votre espèce, mais apprenez qu'ils faut des siècles pour faire des femmes de ma trempe."

Résumé : Elles ont été critiquées, insultées, rabaissées, voire éliminées pour avoir un peu trop levé la tête ou leurs jupons, dans un monde où les femmes étaient condamnées à mener une vie conjugale exemplaire, sous peine de s'attirer les foudres d'un pouvoir exclusivement masculin. Favorites rêvant d'un trône, espionne mélangeant politique et sentiments, militante féministe, princesse trop téméraire, artiste sans tabou, toutes ont payé le prix fort leur engagement ou leur rêve démesuré. 
Messaline, Anne Boleyn, Wallis Simpson, mais aussi Olympe de Gouges, Mata Hari, Joséphine Baker, elles ont toutes fait scandale pour avoir osé franchir un fossé bien trop grand pour leur sexe ou leur condition. Au-delà de leur image, souvent maculée par l'opprobre, ce livre nous plonge dans le destin de ces femmes sulfureuses qui ont changé, à leur manière, le cours de l'Histoire.

Mon avis : <3 <3

  Cet ouvrage est exactement ce que j'aime : la mise en avant de femmes qui ont marqué l'Histoire. Ce qui est intéressant avec ce genre de livres contenant plusieurs biographies, c'est qu'il présente à la fois des personnes connues et peu ou pas connues. 

L'ouvrage commence par la biographie de Messaline, femme romaine mariée à l'empereur Claude et qui n'avait qu'une envie dans la vie : s'amuser ! Je ne lis jamais d'histoire sur l'Histoire romaine, mais cette lecture a réveillé mon appétit, j'ai bien envie de me lancer dans la lecture d'ouvrages sur cette période désormais. Il faut dire que c'était une sacrée époque ! Par exemple, Messaline se marie pour de faux alors qu'elle est mariée à l'empereur Claude. Il y a de quoi s'amuser quand on lit ces histoires d'un autre temps !

Il y a les personnalités que je connaissais déjà et sur lesquelles je n'ai pas appris grand-chose de plus, comme Christine de Suède ou encore Anne Boley. Et il y a celles que je connais désormais grâce au livre : Marie-Catherine de Brignole, reine monégasque (je ne connais pas du tout l'Histoire de Monaco car je ne me suis jamais penchée dessus mais le récit était très intéressant !) ou encore Lola Montès. Quelle femme ! Elle m'étonne car après avoir vécu avec un roi, Louis Ier de Bavière, elle s'isole dans une ferme. Mata Hari et Joséphine Baker étaient également des femmes dont je ne connaissais pas la vie en détail. De Joséphine, je ne connais que la chanson "Chiquita madame" faisant l'objet d'une scène que j'adore dans le film Odette Toulemonde.

Le livre m'a aussi permis d'amplifier mes connaissances sur certaines femmes, comme la comtesse de La Motte, aventurière qui fit du mal à Marie-Antoinette, et la duchesse de Berry.

J'ai un peu moins accroché avec certaines histoires, comme celle de Gabrielle d'Estrées, la maîtresse d'Henri IV ou encore Wallis Simson. C'est pourtant un large choix qui a été fait. Ce livre à multiples personnalités pourraient être lassant à lire d'une traite mais je n'ai eu aucun mal car chaque femme a sa manière bien à elle de s'affirmer.

Ces scandaleuses sont des femmes marquantes. J'ai remarqué que beaucoup d'entre elles étaient sans le sou dans leur enfance. C'est sans doute ce qui explique leur envie de prendre leur revanche par la suite sur la vie. J'en admire beaucoup parmi elles, dont Olympe de Gouges (cf. la citation ci-dessus dont je trouve sa réplique brillante ! Elle n'a pas eu une grande instruction, mais a su jouer de son intelligence).

La plume est agréable à lire. L'auteur arrive assez bien à nous narrer la vie de chaque personnalité en quelques pages. La seule chose qui m'a gênée est lorsqu'il inclut des comparaisons avec les célébrités d'aujourd'hui, car je trouvais que cela cassait le rythme du récit historique et que je trouve non judicieux de comparer deux personnes de deux époques différentes.

Désormais, beaucoup d'autres titres de la série me tentent : 12 résistantes qui ont changé l'Histoire, 12 couturières  qui ont changé l'Histoire, 12 reines d'Europe qui ont changé l'Histoire, 12 corsets qui ont changé l'Histoire... Tous les titres de la collection en fait !

=> Douze femmes et autant de scandales. 12 scandaleuses qui ont changé l'Histoire permet de découvrir ou de redécouvrir des femmes qui ont fait ce dont elles avaient envie. Une lecture historique rafraîchissante et amusante. Il fallait y penser !


Genre : Biographies historiques
Publié en 2015
Pages : 367
Français

mardi 1 octobre 2019

"Le Secret des conteuses" ou l'art de la conversation au théâtre

Cet après-midi là, Ninon de Lenclos a souhaité réunir Madame de Sévigné, Mademoiselle de Scudéry et Madame Scarron dans son salon afin de les initier à un petit jeu de sa composition. La pièce de théâtre - une comédie - est une création originale déclamée actuellement au Théâtre Déjazet.




   "Que se passe-t-il dans cette maison ?", s'interrogent Madame de Sévigné, Mademoiselle de Scudéry et Madame Scarron (future Madame de Maintenon). En ce jour de l'année 1671, les trois femmes se retrouvent toutes chez Ninon de Lenclos, à l'hôtel de Sagonne, à Paris. Un salon très couru, où se presse ordinairement la belle société. Mais cet après-midi là, Molière, La Fontaine, La Rochefoucauld et bien d'autres auront beau se présenter à la porte, ils ne seront pas reçus. La courtisane Ninon de Lenclos est pourtant friande de la compagnie masculine, mais aujourd'hui, les hommes - aussi éminents soient-ils - ne sont pas les bienvenus.

"Pourquoi des femmes ? Parce que je voulais faire un hommage aux hommes. Et pour faire un hommage aux hommes, il fallait trouver des femmes du XVIIe siècle", explique Martine Amsili, autrice et metteure en scène de la pièce. Les quatre convives n'ont pas été choisi par hasard, ce sont toutes des représentantes de l'Esprit féminin français du XVIIe siècle. Il y a la fameuse Madame de Sévigné, grande épistolière ; Madame Scarron, qui fut chargée de l'éducation des enfants de Louis XIV et de Madame de Montespan ; et enfin la Précieuse Madeleine de Scudéry, qui tenait elle-même un salon dans le Marais et écrivit deux romans héroïques : Artamène ou le Grand Cyrus et Clélie. S'ajoute à ces beaux esprits la naïve et attachante Louison, chambrière qui ne comprend pas le but poursuivi par sa maîtresse. 

Vous pensez voir une histoire dans l'Histoire ? Détrompez-vous ! Nous sommes dans une comédie où les quatre personnalités montrent qu'elles sont aussi drôles. L'imprévisible Ninon, surnommée "Notre Dame des Amours", veut les initier à un petit jeu de sa composition : le secret des conteuses. L'idée qui poursuit la courtisane est de faire parler ces femmes, qu'elles se confient sur un honnête homme qu'elles ont aimé, chéri, avec qui elles auraient aimé passé la vie mais n'ont eu droit qu'à une nuit. Des secrets qu'elles gardent et que personne ne connaît encore...

"Il y a une dramaturgie. Au départ, ces femmes sont des convives. Ensuite, elles sont des causeuses, des femmes qui racontent la cour - que fait le Roi, avec qui va-t-il aujourd'hui ? Puis, elles deviennent des conteuses et des comédiennes de la vie où Molière puise ses comédies", explique la metteure en scène. On n'entre pas tout de suite dans le jeu - il faut bien présenter les personnages -, ce qui laisse le temps de rentrer dans l'époque. Mais c'est chose aisée. Au plafond, un lustre en bois avec des chandelles. Comme à l'époque. Nous sommes bien au 36 rue des Tournelles grâce aux décors - des dessins peints en 3D. Les costumes, confectionnés par des artisans d'aujourd'hui d'après des tableaux de l'époque, n'ont rien de factice (comme c'est souvent le cas dans les reconstitutions) et font encore davantage briller ces femmes.

Éditée il y a vingt ans avec sept personnages, la pièce a été remaniée par Martine Amsili. Celle qui a écrit une thèse sur l'art épistolaire au XVIIe siècle a voulu faire une pièce qui s'adresse à tout le monde. La langue déclamée sur les planches n'en reste pas moins celle d'une toute autre époque mais s'avère absolument sublime"Cette pièce a été écrite dans la musicalité. J'ai gardé la syntaxe du XVIIe siècle." Martine Amsili a écrit délicatement et conformément à l'époque, tout en essayant "de ne pas mettre trop de mots érudits."

=> Le Secret des conteuses nous plonge ainsi dans une toute autre époque, où la galanterie et l'art de converser primaient. Une belle pièce à voir... et aussi à écouter !



Représentations jusqu'au 12 octobre 2019


Article en partenariat avec le Théâtre Déjazet 

mardi 24 septembre 2019

"Je veux tout ! ... et surtout toi" de Céline Legendre



Mon avis : <3

   Cette histoire, dont la lecture m'a été proposée par Librinova, m'a d'emblée attirée car l'héroïne principale, Kate, est une working girl. Le genre de personnage que je préfère par-dessus tout car il me permet de m'identifier très aisément au personnage. Malheureusement, j'ai été moins conquise que je ne le pensais par ce livre. Explications.

Kate travaille depuis plus de cinq ans pour SolForBus Enterprise, une société qui propose des services internet aux entreprises. Mais ne pouvant plus supporter sa cheffe - qu'elle a surnommé Cruella - elle change donc de service. Passant sous la coupe d'Éric, la jeune femme a bien du mal à se réjouir de son nouveau poste. Côté coeur, elle n'aspire qu'à faire de nouvelles rencontres et à se mettre en couple.

Je ne me suis pas du tout attachée au personnage de Kate. Malgré un brin d'humour, pour moi, elle manquait de substance réelle. En revanche, j'ai trouvé intéressant le fait de voir une personne qui se cherche. Kate a beau avoir tout juste changé de poste, elle n'est toujours pas heureuse dans son travail. C'est un thème intéressant et qui n'est pas beaucoup traité dans la littérature je trouve. C'est là le plus réussi dans ce livre : l'univers du travail est très bien décrit. Je me suis bien immergée dans l'entreprise et j'ai aimé ces histoires de dossiers, etc. Le tout relevé par des histoires de coeur, qui seront plus ou moins appréciées selon les lectrices·eurs.

Ce roman s'apparente à la chick lit et comme dans tous romans de ce type, le risque est de tomber très facilement dans des clichés. Je sais que ce genre littéraire ne plaît pas à tout le monde mais, pour ma part, j'aime bien (l'été est le meilleur moment de l'année pour le faire) car ils sont une source de détente - plus ou moins - assurée. Les ressorts utilisés dans Je veux tout ! sont malheureusement des plus classiques (quiproquos sur la supposée petite amie du mec tant convoité qui n'est finalement pas sa compagne, les deux meilleures amies toujours présentes...), je n'ai donc pas trouvé que l'histoire pétillait ou apportait quelque chose de plus à la littérature chick lit.

Sur la forme, rien ne va. Les phrases ne sont jamais ponctuées par des points mais par des virgules, ce qui m'a agacé au plus haut point. C'est comme si l'ouvrage n'avait pas été relu, ce qui est un comble pour un livre ! Le temps grammatical employé n'est souvent pas le bon, le passé simple s'étant avéré très lourd pour un propos qui est des plus simples. Il arrive aussi très souvent que dans deux phrases successives le même mot se répète (!). La langue française est-elle si pauvre que cela ? Le style d'écriture, et cela va de pair avec la forme, ne m'a pas non plus convaincu. On sent qu'il y a quelque chose d'intéressant dans la plume de l'autrice mais qu'il manque encore du travail avant d'aboutir à un résultat satisfaisant. Ainsi, l'histoire n'est pas très bien racontée. Il m'est même arrivé au milieu du livre de ne plus comprendre où j'en étais au niveau du récit. Il aurait fallu relire le manuscrit à deux fois avant de le faire paraître. Pour moi, un travail dessus s'avère encore nécessaire, si bien que j'ai eu l'impression de devenir moi-même éditrice le temps d'une lecture...

Le titre me paraît un peu simple à mon goût et la fin, qui permet de comprendre pourquoi il a été choisi, ne m'a pas du tout plu (mais ça, c'est subjectif).

=> Je veux tout ! ... et surtout toi est un roman détente qui n'a pas réussi à me conquérir, malgré un univers - le travail - assez bien décrit. Selon moi, il n'est encore qu'à l'état de manuscrit et a besoin d'être retravaillé - tant sur la forme que sur le fond - avant d'être proposé à des lectrices·eurs.



Résumé : Ambitieuse et pleine de détermination, Kate décide de prendre sa vie en main. Se laisser tyranniser par sa boss ?? Très peu pour elle ?! Ni une ni deux, elle quitte Régine alias "? Cruella?" pour un tout nouveau poste aux côtés d'Éric son manager, aussi séduisant qu'énigmatique. Immense challenge pour Kate qui en plus d'avoir bouleversé sa carrière professionnelle, doit dompter cet homme qui ne semble pas la prendre au sérieux. Maladroite de nature mais sans jamais baisser les bras, elle enchaîne les situations incongrues pour le plus grand bonheur de ses deux meilleures amies, Jen et Emma. À la recherche du grand amour, ces trois parisiennes partageront aussi bien leurs joies que leurs peines. Seront au rendez-vous, de belles rencontres, des surprises en tout genre et surtout de nouvelles relations qui pourraient bien changer le cours de leurs vies. Plongez dans ce roman pétillant et découvrez les aventures romantiques d'une working girl à Paris ?!


En sortant de la réunion, Hélène, qui était attentive comme toujours et qui était très soucieuse de ce qui se passait au sein de son équipe, me demanda :
- Comment ça se passe avec Éric ?
- Nous nous apprivoisons, répondis-je avec légèreté.
- Tu parles d'Éric ou d'un animal ? dit Hélène, tout étonnée de ma répartie.
- On dit apprivoiser pour les espèces un peu sauvages, non ?
Elle rigola et me dit qu'effectivement je voyais juste." 




Genre : Roman
Publié en 2018
Pages : 312
Français



Lecture en partenariat avec Librinova

samedi 14 septembre 2019

J'ai découvert la plume de : Tatiana de Rosnay avec "Elle s'appelait Sarah"

Titre original : Sarah's Key



Résumé : Paris 2002. Julia Jarmond, journaliste américaine, est chargée de couvrir la commémoration du Vél d'Hiv. Découvrant avec horreur le calvaire de ces familles juives qui furent déportées à Auschwitz, elle s'attache en particulier au destin de Sarah et mène l'enquête jusqu'au bout, au péril de ce qu'elle a de plus cher.
Paris 16 juillet 1942. A l'aube la police française fait irruption dans un appartement du Marais. Paniqué, le petit Michel se cache dans un placard. Pour le protéger, sa grande soeur l'enferme et emporte la clef, en lui promettant de revenir. Mais elle fait partie des quatre mille enfants raflés ce jour-là...

Mon avis : <3 <3

  Il était grand temps que je m'attaque à l'oeuvre d'une autrice dont je vois constamment le nom ici ou là : Tatiana de Rosnay. J'ai choisi Elle s'appelait Sarah car il figure parmi ses romans les plus cités. J'ai bien choisi puisqu'il s'agit d'un roman très remarquable. Par "ses histoires", par ses personnages, par sa construction... à bien des égards, ce roman m'a comme envoûté.

J'étais pourtant assez sceptique au début de ma lecture. Je me disais qu'il s'agissait d'une énième histoire sur la deuxième guerre mondiale - un sujet si difficile à transformer en fiction car l'Histoire des déportés juifs des années 1940 est l'une des pages les plus sombres. Cette histoire imaginaire m'a beaucoup apportée, notamment un éclairage sur un point : le devenir des logements juifs. En effet, je me suis rendue compte en lisant ce récit que ce que certains ont perdu, d'autres l'ont retrouvé (en connaissance de cause ou non). Les juifs déportés sont partis - pensant peut-être revenir - en laissant derrière eux leur demeure et quantité d'objets du quotidien. En s'intéressant à cet aspect, Tatiana de Rosnay a su m'ouvrir davantage les yeux sur la déportation. Il y a tous ceux qui sont morts, ceux qui ont pu s'échapper, ceux qui ont tant bien que mal refait leur vie (Simone Veil en est le meilleur exemple, avec une carrière politique très remplie) ou qui n'ont pas pu y parvenir, telle Sarah dans le récit.

Le récit est très bien construit dans sa forme, puisqu'il se partage entre Julia Jarmond, journaliste à Paris en 2002, et Sarah Starzynski, une victime de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942. Les deux récits se suivent puis se rejoignent à un moment donné, ce que j'ai trouvé magnifique. De plus, si le sujet principal de l'histoire est Sarah, le personnage de Julia n'en est pour autant pas moins travaillé. Julia a une réelle grande importance dans l'histoire, ce qui fait que l'on a deux héroïnes : Julia et Sarah. Ce qui est plaisant également est d'avancer la lecture en découvrant à chaque fois de nouvelles clés. On apprend petit à petit à mieux cerner les mystères et les secrets qui entourent les protagonistes. J'ai été franchement emballée par cette histoire. Si au début j'étais plutôt sceptique, je n'ai fait que m'accrocher davantage par la suite. Avide d'en savoir toujours plus, les pages ont défilé les unes après les autres sans que je ne m'en rende compte. Il faut dire que la fin nous réserve des surprises, notamment par rapport au titre...

=> Un succès mérité pour ce roman, très prenant et très troublant. La plume de l'auteure a bien fait d'être révélée au grand jour. Qu'attendez-vous pour le lire (si ce n'est pas déjà fait) ?


Genre :  Roman
publié en 2007
Pages : 409
Français


Découvrir la plume de :
Tatiana de Rosnay

mercredi 31 juillet 2019

"Tonight" de Nine Antico



Mon avis : <3 <3

Ne connaissant ni l'autrice ni cette bande dessinée, j'ai décidé ni une ni deux d'emprunter cette bande dessinée à la bibliothèque. Le sujet est à l'image de la couverture : cool. Pauline et ses deux amies nous font partager leurs soirées. Les meilleures, mais surtout les pires. Soirée cinéma, du nouvel an, de mariage, au Guatemala... Toutes les situations y passent mais non sans humour. Beaucoup de situations m'ont faire rire, que ce soit des prises de tête ou des situations, disons, gênantes.

Ce que j'ai apprécié également, c'est que l'autrice ait son propre univers. Les dessins au trait noir ont un petit côté vintage et diviser les chapitres par heures (20h, 2h, 6h...) correspondant au moment des soirées est pas mal vu. En plus, des photos sympathiques - à l'aspect vintage également - illustrent chaque division.

=> En lisant cette bande dessinée, je peux dire que j'ai passé une "bonne soirée". Vous aussi vous reconnaîtrez peut-être dans certaines situations...


Résumé : « Le désir de vivre », c’est une des traductions possibles du disque d’Iggy Pop sorti en 1977, Lust for life, et dont la pochette sert de modèle à ce nouvel album de Nine Antico. Qu’est-ce qui pousse à sortir en soirée, avec ou sans les copines, avec ou sans alcool, en terrain plus ou moins connu ? Qu’est-ce qui pousse à danser, à chanter, à faire l’amour ? Si ce n’est cet impérieux désir de vivre … Pauline et ses copines sont en plein dedans. Elles sont jeunes, plutôt jolies, plutôt futées. Dans cet album, qui raconte heure par heure six soirées différentes, Nine Antico offre un aperçu très juste de la vie d’une jeune femme, de ce qui leur passe par la tête et dans le cœur.


Genre : Bande dessinée
Publié en 2012
Pages : 63
Français

samedi 20 juillet 2019

"Les femmes et la révolution 1770-1830" de Christine Le Bozec



"Le monde révolutionnaire féminin est un ensemble complexe, ambigu et très minoritaire, trois caractéristiques bien souvent masquées par le panache du combat."


Mon avis : <3 <3

  Je ne serai sans doute jamais tombée sur cet ouvrage si une blogueuse, Loë, ne m'avait pas interpellée sur Twitter suite à un post des éditions Passés composés (une nouvelle maison d'édition consacrée à l'histoire) qui portait sur les salons littéraires, l'une de mes passions et la raison du nom de ce blog. Ni une ni deux, j'ai demandé aux éditions qu'elles m'envoient ce livre pour vous en livrer mon avis, que voici.

Cet ouvrage aurait pu avoir pour sous-titre : "Idées reçues sur les femmes à la Révolution française". Avec ce livre, la Docteure en Histoire Christine Le Bozec tente de déconstruire tous les préjugés qui entourent les femmes à l'époque de la Révolution. À commencer par un sujet qui me tient tout particulièrement à coeur : celui des "salonnières".

Cet essai commence par le constat d'un cliché : grâce à ces salons - des lieux de réunion, souvent animés par des femmes cultivées qui recevaient des femmes et des hommes de lettres, des artistes, des hommes politiques... les femmes du XVIIIe siècle auraient été libres voire libérées. Ce que montre Christine Le Bozec avec cet ouvrage, c'est qu'il n'en fut rien. Les salons littéraires ont surtout était tenu par des femmes, des hommes voire des couples de bonnes conditions sociales. Cette minorité parisienne surexposée a mis de côté une réalité, que l'historienne a bien raison de rappeler : à la veille de la Révolution, la France comptait 26 millions d'habitants, avec parmi eux 14 millions de femmes. On comptait seulement 15% de personnes habitant en ville. À Paris, seules soixante-deux femmes tenaient un salon. Ces lieux ne reflétaient donc en rien la condition des femmes de l'époque.



Les femmes et la Révolution permet donc de revenir sur tous les clichés que l'ont peut avoir sur les femmes durant cette période historique. Des faits parfois mal compris ou, le plus souvent, méconnus. La vérité, c'est que l'écrasante majorité des femmes vivait en milieu rural, sans marge de manoeuvre personnelle dans leur vie. À l'époque, les femmes étaient uniquement considérées comme des épouses et des mères de famille. Sur les dix années révolutionnaires, des femmes se battirent durant six ans, avant que les années 1795-1799 ne laissent la place à l'exclusion et au silence. Mais il ne faut pas oublier que toutes les femmes ne furent pas révolutionnaires, à signer des pétitions, fonder et rejoindre des clubs et des sociétés populaires. Il y a bien évidemment eu des réfractaires, notamment des femmes de la noblesse ou celles qui exerçaient des métiers dans le luxe.

L'autrice a donc organisé l'essai selon un ordre chronologique et par chapitres, eux-mêmes divisés en paragraphes. La spécialiste de la Révolution française n'hésite pas à faire des répétitions et annonce le propos de chaque paragraphe suivant. Malgré cette structure universitaire, qui pourrait éventuellement effrayer les moins férus d'Histoire, cet ouvrage est extrêmement clair, c'est la raison pour laquelle je le conseille volontiers à un large public. L'écriture est agréable parce que se voulant didactique. Si le fond est concis, les exemples sont nombreux pour étayer le propos. Les noms les plus connus sont évidemment mentionnés - Olympe de Gouges, Madame de Staël... - mais également des anonymes, telle Anne-Félicité Colombe, l'une des membres les plus actives au sein des Citoyennes républicaines révolutionnaires. Accusée de diffamation, elle distribua aux pauvres les indemnités qu'elle avait perçue après avoir remporté ce procès.

S'il me fallait donner un défaut, ce serait cette même brièveté du propos car au vu de mon niveau de connaissances sur le sujet, cela ne m'aurait pas dérangé, bien au contraire, que l'ouvrage soit plus fourni. Sa concision n'altère pour autant rien au fond et je suis ravie de cette lecture, qui ne me donne que plus envie de me plonger dans les ouvrages cités dans la bibliographie contenue à la fin.

Dressant un panorama complet de la situation des femmes dans la période qui s'étendit de 1770 à 1830, la Docteure en Histoire n'omet pas pour autant de parler des hommes. Les oppresseurs (Amir, Napoléon Bonaparte), mais aussi le si peu d'hommes qui défendirent la cause des femmes, sont évoqués. Poullain de la Barre a ainsi été longtemps considéré comme le précurseur du féminisme, défendant que "l'esprit n'a point de sexe" (je ne l'ai pas encore lu mais j'ai acheté dans la collection des livres Folio à 2€ De l'égalité des deux sexes de ce même homme, que j'ai désormais encore plus hâte de découvrir). Peu l'ont pensé mais certains ont voulu défendre les femmes, notamment leur éducation ou leur droit de vote.

Ce livre m'a mis face à des vérités historiques que je n'aime pas entendre. Lire l'oppression des femmes - que je combats - m'est toujours une chose difficile. Et me laisse un sentiment de tristesse. L'autrice rappelle dans la conclusion que cette "quête d'égalité {est} aujourd'hui encore inachevée, comme le prouve l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes en 2018." De plus, il m'a davantage fait prendre conscience de ce que fut le XVIIIe siècle, que j'adore et que je pensais pourtant bien connaître, à tort.

=> L'essai Les femmes et la Révolution est une lecture essentielle pour qui veut connaître le XVIIIe siècle et la Révolution française sous toutes ses coutures. Accessible à tous, l'ouvrage se concentre sur les femmes pour donner une vision globale de leur vie durant cette période. Opprimées dans la société, la moitié de la population du royaume s'est aussi pourtant révoltée contre la cherté de la vie et pour la reconnaissance de la citoyenneté féminine. Une lecture historique qui permet de comprendre le combat des femmes, qui est loin d'être terminé.


Résumé : ll est courant d'affirmer qu'au XVllle siècle, les femmes étaient libres, les protagonistes de cette représentation utilisant à l'envi l'argument de celles tenant salon. Si quelques cas spectaculaires ne peuvent être niés, que disent-ils de la situation de la majorité des femmes, qu'elles soient paysannes, ouvrières dans l'artisanat et l'industrie, domestiques ou bien même institutrices ? 

Christine Le Bozec procède donc à un état des lieux de la condition féminine à l'époque des Lumières, avant d'envisager leur implication et leur rôle pendant et après la Révolution française. Elle montre que malgré les barrières culturelles, et même si les révolutionnaires demeurèrent prisonniers du carcan de préjugés ancestraux, les années 1789-1795 furent bien synonymes de conquête de droits, chèrement et âprement acquis, puis difficilement conservés, avant que Bonaparte ne commence à les rogner et que la Restauration ne les supprime.


Genre : Essai historique
Publié en 2019
Pages : 224
Français


Partenariat avec les éditions Passés composés

samedi 6 juillet 2019

Mes envies de lecture pour cet été

@Le Salon Des Lettres


Après une panne de lecture de plusieurs mois, je reprends peu à peu goût à la littérature ! Constituer ma Pile à lire de l'été va sûrement aussi m'aider...
Je travaille aux mois de juillet et août dans la capitale alors autant vous dire que j'aurai encore plus besoin de dépaysement et de détente une fois ma (longue) journée de travail finie. J'aimerai aussi beaucoup revenir à ma passion première : les classiques. En tout cas, comme chaque année, j'adapterai mes lectures en fonction de mes envies du moment. Petit tour d'horizon des lectures qui me tentent pour les deux mois à venir (en gras figurent les lectures que je vais faire en priorité car elles me font particulièrement envie) :


Les classiques :



  • L'oeuvre d'Émile Zola
  • Gobseck de Balzac
  • La dame aux camélias d'Alexandre Dumas


Les romans contemporains :




  • La journaliste de Christina Kovac
  • La Vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker
  • Un livre des éditions Charleston de ma bibliothèque (à déterminer) 
  • Passé imparfait de Julian Fellowes


Histoire : 




  • Ramsès de Christian Jacq
  • Un jour avec Marie-Antoinette de Hélène Delalex
  • Le diable de Radcliffe Hall de Stéphanie des Forts


Écrits journalistiques :



  • Le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly
  • Une femme au front, mémoires d'une reporter de guerre de Martine Laroche-Joubert
  • Pour tout vous dire... de Jean-Pierre Pernaut
  • The fixer de Joe Sacco


Féminisme :



  • Les culottées tome 1 & 2 de Pénélope Bagieu

Séries :
  • Agatha Raisin (saison 1 & 2)
  • Borgen
  • Younger (saison 5) ?
  • The Bold type ?


Je vous souhaite un très bel été, plein de belles découvertes culturelles !