jeudi 24 août 2017

"Les Roses de Somerset" de Leila Meacham

"Une femme, un domaine, un amour impossible"

Titre original : Roses


Miles l'avait bien dit : Somerset ne l'abandonnerait jamais, malgré la charançon, la sécheresse et les inondations. La grêle pouvait anéantir une récolte en quelques minutes, mais les terres, elles, seraient toujours là. Les terres étaient porteuses d'espoir, au contraire des humains.

Résumé : Howbutker, Texas, 1916. A la mort de son père, la jeune Mary Toliver hérite de la plantation de coton des Toliver, l’une des familles fondatrices de Howbutker. La jeune femme devra-t-elle sacrifier son amour pour Percy Warwick, magnat de l’exploitation forestière, pour faire vivre le sol de ses ancêtres ? Confrontés aux trahisons, aux secrets et aux tragédies qui les entourent, renonceront-ils à ce qui aurait pu exister, non seulement pour eux, mais aussi pour les générations suivantes ?

Mon avis : <3 <3 <3

   Dans la quatrième de couverture, il est inscrit une citation du Publishers Weekly qui énonce que ce roman n'est pas sans rappeler Autant en emporte le vent. En effet, par bien des aspects, il lui rassemble. Ce dernier roman fabuleux ayant été un gros coup de <3, je n'ai pu de même qu'adorer Les Roses de Somerset !

Le slogan "Une femme, un domaine, un amour impossible" ne pouvait que m'attirer. Je suis particulièrement friande des histoires de domaines, châteaux, manoirs & cie, qui plus est quand il s'agit d'une femme qui hérite (cela me permet de me mettre dans sa peau). Je savais donc d'avance que j'aimerai ce livre (en plus, j'adore son grand format - pour une fois).

Mary Toliver hérite ainsi du domaine de Somerset, une plantation de coton, ce qui déplaît à sa mère et à son frère, Miles. Cela détruit leur relation familiale mais Mary va pouvoir s'occuper de ce dont elle souhaite le plus au monde - Somerset - au détriment de sa vie sociale. Mystères, secrets, mensonges, trahisons... ce roman ne manque pas de richesse. Malgré son aspect, ce n'est pas un pavé ennuyeux. L'auteure résume bien les faits et ne s'étend pas dans les détails.

Un champ de coton

L'histoire de la plantation m'a beaucoup intéressée. Si je n'y connais rien, ce livre m'en a donné un aperçu. Cultiver le coton s'avère vraiment difficile, le rendement dépendant énormément du climat. Je voyais Mary s'échiner au travail et j'avais mal pour elle. Une telle plantation comme Somerset, ce n'est pas rien mais Mary a un caractère déterminé et est grande travailleuse, ce que j'aime par dessus-tout. Pourtant, contrairement à Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent, je n'ai pas réussi à me mettre complètement dans sa peau tout au long du récit. Au contraire, j'avais un regard extérieur par rapport à l'histoire, alors que c'est plus stimulant d'être dans la peau du personnage. Mais je n'en tiens pas rigueur à l'auteure pour autant. Un autre point sur lequel je n'ai pas été très emporté, c'est l'histoire d'amour de Mary et Percy. Percy Warwick détient une exploitation forestière à Howbutker mais l'amour indéfectible de Mary pour Somerset ne semble pas pouvoir les réunir. Je trouve cela tellement dommage et je ne trouve pas forcément que leurs raisons de s'éloigner étaient valables, même si les circonstances vont les obliger à faire des choix. Cependant, ceci n'est pas un reproche. J'ai eu tellement de plaisir à lire ce livre que j'en garde déjà un beau souvenir et que je me verrais bien le relire dans quelques années, tout comme Autant en emporte le vent.

Concernant ce dernier, Leila Meacham n'a pas fait de copier-coller. Si Mary Toliver est aussi forte et travailleuse que l'est Scarlett O'Hara, l'écrivaine utilise ses propres ressorts pour émouvoir le lecteur. Les Roses de Somerset se découpe en quatre parties, dont trois porte sur l'histoire d'un personnage en particulier : celles de Mary, de Percy et de Rachel. Ce découpage est absolument ingénieux, et c'est pourquoi je le pointe. J'ajouterai à cela que l'auteur mêle deux époques : celle de la jeunesse de Mary, dans les années 1930, et celle de sa vieillesse, en 1985. Les allers-retours entre le passé et le présent se font de manière continue et coulent de source, ce qui est fantastique et n'en relève qu'encore plus la qualité de cet ouvrage.

Une autre qualité remarquable et originale de cette histoire est celle des roses. Dès le début, on entend parler de la guerre des roses, qui a opposé plusieurs familles, dont celle de Mary et de Percy. Les roses sont présentes tout au long du récit et sont utilisées de manière efficace et intelligente. La rose révèle une symbolique de par sa couleur. Ainsi, la rose rouge symbolise le pardon demandé, la blanche le pardon accordé et la rose le pardon refusé. J'adore les roses, pour ne rien vous cacher, mais les lier à une telle histoire et à l'Histoire est du plus bel effet ! Si je vous dis que j'ai ADORÉ ce livre, vous me croyez désormais ?


La fin ne va pas du tout dans le sens que je voudrais mais je dois bien faire avec... Le récit ne manque pas de rebondissements et le tragique arrivait sans que je m'y attende ou que je sois prête à l'affronter. Que de surprises nous réserve ce récit !

J'ai découvert les éditions Charleston récemment avec Une héroïne américaine de Bénédicte Jourgeaud, que j'ai également bien aimé. Je vais fouiller davantage dans les rangs de leur bibliothèque car je n'ai pas été déçue jusque là, loin de là ! La bonne nouvelle avec Les Roses de Somerset, est qu'il existe un roman, Plantation, qui se passe des années avant. Je m'en réjouis d'avance ! 

=> Les Roses de Somerset est un vrai bijou littéraire. Un domaine, une histoire de succession, de l'amour, des pardons avec des roses... le tout raconté par la plume délicate d'une grande femme devenue auteure sur le tard : Leila Meacham. 


Genre : Roman
Publié en 2010
Pages : 509
Américain


De la même édition sur le blog :

jeudi 10 août 2017

"Les petits agendas rouges" de Laurence de Cambronne



Résumé : " J'ai enfoui comme je le fais toujours ma tête au creux de son épaule, je l'ai embrassé dans le cou. Je restais comme ça, sans bouger. Il me serrait contre lui, et cela durait, durait. Soudain il a murmuré : " Je suis content, Emma. " Je me suis mise à pleurer, il m'a tendu son mouchoir. " J'étais sûre que je ne te reverrais plus jamais. - Eh bien, tu vois, je suis là. " 

Parce qu'elle ne peut vivre sans l'homme qu'elle aime, Emma passe des nuits entières sur les banquettes en bois de trains bondés, traverse la ligne de démarcation en fraude, sillonne la France entière pour aller le retrouver. C'est la guerre. Pierre est marié. Et elle est " une jeune fille de bonne famille ", comme on disait alors. Catholique pratiquante, elle vit la clandestinité à sa manière et ne peut confier son secret à personne. Alors elle note, jour après jour, dans des petits agendas rouges, ses voyages, ses rencontres, ses espoirs, ses désirs. C'est ce " journal de guerre ", les pensées intimes d'une jeune femme moderne et amoureuse, prise dans la tourmente de la guerre 39-45, que Laurence de Cambronne, rédactrice en chef adjointe au magazine Elle, a reconstitué à partir des carnets de sa mère. Un roman qu'on ne peut pas lâcher.

Mon avis : <3 <3

  Alors que nous discutions de son oeuvre - qui venait de paraître - au salon du livre de Paris 2015, Madame de Staël - La femme qui faisait trembler Napoléon, Laurence de Cambronne m'a très gentiment offert son premier roman, Les petits agendas rouges. L'auteure m'a prévenue qu'il s'agissait d'une histoire personnelle et que ces agendas rouges se rapportaient à ceux de sa mère. L'histoire est en effet très personnelle.

Dès le début, nous sommes plongés dans l'histoire d'une famille, d'abord au présent, par un drame, puis on retourne vers le passé. C'est d'autant plus troublant qu'il s'agit d'une histoire vraie. J'admire Laurence de Cambronne car il faut beaucoup de courage pour écrire sur le passé de sa mère. Celle-ci, Emma, notait tous les événements de sa vie dans des agendas rouges avec la date et ce qu'elle avait fait ce jour-là, en quelques mots brefs. L'auteure a complété ces notes pour en faire une sorte de journal intime.

Il est beaucoup question d'amour. Emma est une fille de bonne famille, catholique qui plus est, mais elle tombe amoureuse d'un homme marié et père, Pierre. Ensemble, ils vont traverser les épreuves de la Seconde Guerre mondiale mais aussi les épreuves dues à leur famille respectives : sa famille à elle n'accepterait pas cette situation et lui a une femme, qui ne veut pas divorcer. Je pense qu'il faut du cran pour écrire sur l'histoire de sa famille car, la plupart du temps, on enfouit des choses parce qu'on ne veut pas les voir ressortir. En tout cas, l'histoire d'amour d'Emma et de Pierre est très belle.

L'histoire se déroule sous la guerre et c'était compliqué d'avoir un enfant à ce moment-là : les privations de nourriture étaient terribles. Les bombardements sont omniprésents, mais l'amour d'Emma et de Pierre les aident à surmonter les épreuves. Si bien que lorsqu'il y a des alertes, ils ne descendent même plus à la cave...

La lecture est agréable car on a vraiment l'impression de lire le journal intime d'une jeune fille. J'avais des images en noir et blanc en tête, tel qu'au cinéma, et j'ai très envie de me pencher sur les références culturelles qui sont très fréquentes dans le livre. En effet, Emma est une grande amoureuse, mais aussi une femme bien cultivée.

=> Une histoire d'amour improbable sous la guerre. Aussi bien racontée et proche de la vérité, elle ne pourra que vous toucher. Je vous recommande cette lecture !


Genre : Roman
Publié en 2004
Pages : 218
Français



Autre roman de l'auteur :

mardi 1 août 2017

"Très chère Sadie" de Sophie Kinsella

Titre original : Twenties Girl



Il est plus chaud que je ne le pensais. Plus massif. Un rayon de soleil fait étinceler les perles et scintiller le strass. Il est si beau que j'ai soudain envie de le porter. 

<3 <3

J'ai vu ce titre trôner plusieurs années dans la bibliothèque familiale, sans jamais remarquer qu'il prenait pour personnage une femme de 1927. Si je l'avais su, je me serai "jetée" dessus, car il y est question de vintage, ce que j'adore ! En cela, le titre original est beaucoup plus parlant et bien meilleur. 

Construire une histoire autour d'objets d'autrefois est le meilleur moyen de trouver une bonne histoire ! En effet, l'objet de ce livre, si je puis dire, est un collier en perles avec un fermoir en forme de libellule. Lara, le personnage principal, vit un moment terrible : elle doit gérer toute seule la société de chasseuse de tête qu'elle vient de fonder avec sa meilleure amie, restée avec un homme à Goa ; elle vient de rompre avec son petit ami Josh ; et par-dessus tout, elle perd une grand-tante, dont elle ne savait rien. Sauf que cette tante réapparaît sous la forme d'un fantôme. Seule à la voir, Lara va devoir l'aider à retrouver un certain collier, sans lequel elle ne veut pas "partir".

Le récit est fort, et en cela, il nous fait poser des questions sur la mort, sur les gens que nous ne prenons pas le temps de connaître ou de voir. Je me suis même demander si l'auteure n'aurait pas eu l'idée de cette histoire lors de la perte de quelqu'un qu'elle n'a pas eu le temps de connaître. En tout cas, je préfère vous prévenir tout de suite : les dernières pages sont dures, même si l'auteure a essayé de les rendre le plus douces possibles.

L'histoire est prenante et connaît moult rebondissements. Au début, je commençais un peu à trouver cela ennuyeux de voir tous les ennuis que cumulaient Lara. Mais le roman comporte en réalité une deuxième partie, qui vient rehausser un peu plus l'intérêt pour l'histoire. Non que ce n'était pas intéressant auparavant, mais on aurait pu tourner en rond longtemps encore sans cela.  Le fait qu'une femme parle à un fantôme, donc dans le vide, est un scénario plutôt connu. Du coup, cette deuxième partie, renvoie à une oeuvre d'art, qui n'a pas été sans me déplaire...

J'ai largement préféré le personnage de Sadie, issue pourtant des années 1920, mais qui est franche, malicieuse et entêtée. Lara a un côté plus contemporain et elle m'a surtout agacée à s'accrocher autant à son petit ami. Mais le duo est surprenant et bien pensé. Il faut aussi ajouter que j'ai ri, ce qui est plutôt rare avec les livres, non ? 

Sadie Lancaster n'a ni enfants ni mari, ce qui en fait une héroïne différente. Elle adore danser le charleston, ce qui donne encore plus envie d'apprendre à le danser ! Et les tenues années 1920 décrites ne peuvent que plus donner envie d'imiter les personnages. Ce livre me correspond beaucoup, d'où mon presque coup de <3.

=> Malgré un thème classique, celui du fantôme qui réapparaît, le récit est sacrément original. Un livre idéal pour tous les amoureux de vintage ! Je vous conseille ce roman, qui vous donnera envie de danser le charleston !


Résumé : Lara, vingt-sept ans, est dans une mauvaise passe : son fiancé est parti tomber amoureux d'une autre, son associée fait la fête sur une plage à Bali pendant que leur business de recrutement frôle dangereusement la faillite, et la voilà forcée d'assister à la crémation d'une très vieille grand-tante qu'elle a dû voir cinq fais tout au plus. Heureusement, Lara n'est pas seule. Car voici que surgit Sadie : une fille épatante, tout droit sortie des années vingt, fan de charleston et de soirées cocktail, de belles toilettes et de beaux garçons ; une vraie diablesse qui a aussi le chic pour apparaître aux moments les plus inopportuns et qui cultive une curieuse obsession pour un mystérieux collier. Au contact de cette nouvelle amie, Lara va comprendre qu'ajouter un peu de vintage, un brin de fantaisie et une touche de magie peut résoudre bien des soucis. Mais qui est vraiment cette très chère Sadie ? 

Genre : Roman chick-lit
Publié en : 2009
Pages : 475
Britannique


Thème « Lecture sur le sable » (7/12)