jeudi 14 avril 2016

"Jeunesse perdue" de Daphné du Maurier

Titre original : I'll never be young again


"Être jeune, c'est une chose que tu ne comprendras, dit-il, que quand tu ne le seras plus, et ce sera alors comme un éclair qui te laissera un peu plus sage qu'avant. Mais, si tu écoutes bien, tu entendras dans l'air comme l'écho d'une chose perdue, comme un oiseau dont on ne peut définir la chanson, trop haut, trop loin, pour qu'on l'atteigne, et qui dit : Je ne serai plus jamais jeune, je ne serai plus jamais jeune."
(Jack à Richard/Dick, page 19)

Je lui étais supérieur par ma connaissance de la souffrance. Il ne savait pas ce que c'était.

Mon avis : <3

Jeunesse perdue n'était pas une lecture prévue mais en allant faire un tour dans mes livres à vendre, je suis tombée sur ce petit livre. J'ignorais que je l'avais car j'ai découvert l'auteure seulement cette année grâce à la blogosphère - je me disais alors "bonne surprise !".

Malheureusement, je n'ai pas été transportée par l'histoire car si la première partie nous fait voyager, la deuxième partie contient peu d'actions. J'ai cependant apprécié deux choses : l'écriture de Daphné du Maurier, et son personnage principal, Richard.
L'écriture m'a semblée vive et chaque mot me renvoyait à une image. J'avais bien en tête limages des personnages, les lieux... La première partie se déroule un moment à Stockholm et y étant allée en octobre dernier, cela m'a beaucoup aidé pour imaginer le récit. La première partie est la plus prenante du livre car on voyage. Découvrir l'histoire de Jack, l'homme qui a sauvé Richard du suicide, a été un vrai plaisir. Les suivre dans leur périple en mer est également amusant. On part ainsi à "l'aventure". Mais si cette première partie est mobile, la deuxième l'est beaucoup moins. Richard rencontre une femme et se met à la rédaction de son roman. Il y a peu de mouvements dans l'histoire et la tournure de la relation entre Richard et la femme est sans surprise.

Comme je le disais, j'ai beaucoup aimé le personnage principal, Richard. Tout d'abord, parce qu'il a vingt-et-un ans mais qu'il n'est pas heureux. Une rencontre propice, celle de Jack, le sauve de la mort. En effet, Richard a un père qui est un poète très célèbre et cela pèse énormément sur ses épaules. Je comprenais ce poids et je n'y voyais pas vraiment de remède. Je me suis sentie très proche de ce personnage, sans forcément de grande raison. Son père n'a jamais fait attention à lui, son fils unique, tels les pères du XVIIIe siècle qui ne se souciaient guère de leurs filles...

=> Je retiens donc de cette lecture une écriture superbe et le personnage de Richard. Pour autant, l'histoire ne m'a pas emportée. Ce livre reste malgré tout une bonne découverte.



Genre : Roman
Publié en 1932
Pages : 315
Britannique

jeudi 24 mars 2016

Gossip Girl Tome 1 : "Ça fait tellement de bien de dire du mal" de Cecily von Ziegesar


Résumé : Bienvenue dans l'Upper East Side, le quartier chic de New York, où vivent Olivia et ses amis. Ils sont jeunes, ils sont riches, ils sont beaux, ils ont un penchant immodéré pour l'alcool, la fête, la cigarette... et les grossièretés. Ils fréquentent les écoles privées les plus prestigieuses de NY dans l'objectif d'intégrer Yale ou Harvard et de faire les plus beaux mariages, rien que ça... 
Bienvenue dans un monde de jalousie, d'envie et de trahison où se nouent et se dénouent les amours et les amitiés - le tout sous 1'œil de lynx et la langue de p... de la mystérieuse Gossip Girl qui voit tout, entend tout et relate tout sur Internet dans une rubrique où elle n'hésite pas à déformer à l'envi les aventures et mésaventures de ses " copains ". 
Plat de résistance : le retour du pensionnat de la sublime Serena après un an d'absence : elle est la fille que tous les garçons désirent et que toutes les filles désirent être. Le petit monde d'Olivia, son ex-meilleure amie, et de ses inséparables copines langues de vipère, risque fort d'être chamboulé. Olivia n'aura plus la vedette, elle ne sera plus la plus belle, la plus convoitée. Et si, en plus, Serena avait les meilleures notes, se mettait tous leurs profs dans la poche et, pire, lui piquait Nate, son petit ami si sexy ? 
Un vent de folie va souffler sur le monde de scandale et de commérages de ces pauvres petites filles riches !

Mon avis : <3 <3

J'ai tout d'abord pensé que la série télévisée adaptée de cette série littéraire avait l'air nulle et superficielle. Puis, il y a deux ans, j'ai vu le premier épisode car mes proches la regardaient alors et cela m'avait donné très envie de tenter l'aventure. J'ai bien fait puisqu'il s'agit de une des rares séries que j'ai regardé en entier et que j'ai adoré donc. J'apprécie par dessus tout le personnage de Blair (Olivia dans les livres) Waldorf, parce qu'elle est cultivée et maligne ! J'ai pas mal de points communs avec elle, notamment le fait qu'elle apprécie les films avec Audrey Hepburn, ce qui est aussi mon cas ! Et puis cela fait du bien de voir des personnages intelligents, qui se soucient d'art et de cinéma et qui ont des références.

Ce qui m'a dérangé dans ma lecture, c'est d'avoir en tête la série. Pour visualiser les personnages, j'avais forcément en tête ceux de l'adaptation télévisée. Le pire, c'est que je me posais sans cesse la question suivante : qu'est-ce qui sera commun entre les deux supports ? La question m'a suivie durant toute ma lecture et du coup j'avais du mal à être dans l'histoire même. Il y a évidemment des différences, comme par exemple les parents qui ne sont pas veufs comme dans la série.

Le style d'écriture est très loin de m'avoir plu. Il est très simple et ce n'est sûrement pas pour cela que la série littéraire a eu du succès. J'ai même trouvé que le récit était raconté de façon très familière, ce qui m'a suprise. Dans la série, les personnages ont l'air beaucoup plus "sains", en tout cas c'est le cas de Blair, qui n'apparaît jamais négligée dans la série !! Je l'ai donc moins appréciée ici, même si je suis contente de retrouver son amour pour les films avec Audrey Hepburn. D'ailleurs, elle vit sa vie comme un scénario, ce qui est assez amusant, mais un peu frustrant. Le récit est ici beaucoup plus trash et j'ai parfois eu la tête qui tournait avec tout cet alcool et autres malheurs.

Les ragots de Gossip girl, l'un des enjeux si ce n'est le principal de l'histoire, m'ont un peu déçus car ils n'apparaissent pas sur les écrans de portable de chacun mais sont glissés entre les chapitres donc les personnages ne semblent pas trop blesser par ces commérages.

Par ailleurs, je ne sais pas s'il vous arrive de le faire aussi parfois, mais durant ma lecture j'ai noté toutes les références culturelles, car elles y sont présentes et intrigantes. J'ai désormais très envie de lire Guerre et paix de Tolstoï !!

Je n'avais pas forcément envie d'acheter les livres mais ils n'étaient même pas à la médiathèque de ma ville alors j'en ai acheté quelques-uns. Autant ne pas prendre de risque de tout acheter si jamais je me décidai à ne pas tout lire. La série comporte seize tomes et je ne sais pas encore si je la lirai en entier. Il y a un tome 0, que je n'ai pas trouvé à Emmaüs parmi tous les autres. En tout cas le tome 2 me tente beaucoup car les étudiants font leur dossier pour être admis à l'université (je vis presque la même chose mais pour pas au même niveau). L'univers étudiant américain m'a toujours fait rêver. Si j'avais dû partir étudier à l'étranger, cela aurait été aux États-Unis (il n'est pas encore trop tard, étant donné qu'il me reste encore quelques années d'études...). J'ai aussi vu que Jenny Humphrey faisait l'objet d'une série de dix tomes, It Girl, dont j'aimerai bien lire le premier tome.

=> Une série qui nous emmène dans un quartier chic parmi des privilégiés. On est immergé dans un îlot unique et l'on ne s'ennuie pas. Si vous êtes tout particulièrement friands de commérages en tout genre, foncez !


Genre : Roman (tome 1)
Publié le 09 février 2006
Pages : 206
Américain



Bisous bisous

Gossip Girl



jeudi 17 mars 2016

"Marie-Antoinette sweet Lolita" de Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly


"Oh, mon dieu !" s'exclama-t-elle (Marie-Antoinette) soudain d'une voie blanche, tandis qu'elle fixe le paysage. "Mon dieu, comme le monde est bien vaste !"
Dites plutôt, Madame : "Comme Versailles est petit !".

Résumé : Jalousée, adulée puis détestée, Marie-Antoinette est une reine dont la perception à travers les siècles a souvent été négative. Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly proposent leur vision de «l'Autrichienne»... Celle d'une jeune femme qui, des salons dorés de Versailles à la fuite à Varennes, se remémore sa passion pour le beau Fersen, ses favorites Mesdames de Lamballe et de Polignac, ses séances de peinture et de dessin avec Madame Vigée-Le Brun, et la fin de son règne... Soit un portrait intimiste et sans complaisance d'une figure hautement controversée qui nous entraîne dans un voyage dans le temps, où les fantômes ne sont jamais loin.

Mon avis : <3
 
  J'avais eu ce livre à un anniversaire (pas celui d'aujourd'hui mais un autre) et j'avais hâte de le lire. Pourtant, ma lecture a été une déception. Je déconseille ce livre à tous ceux qui n'auraient pas déjà quelques notions sur la vie de Marie-Antoinette (et encore...), car vous ne comprendriez pas grand-chose je pense... En effet, quel ne fut pas mon énervement lorsque j'ai commencé à comprendre que plusieurs histoires se chevauchaient. Le narrateur change régulièrement et il n'est pas facile de saisir les différentes histoires. La fuite à Varennes est mélangée à la rencontre d'Axel de Fersen par exemple, ce qui est énervant. Pourquoi ne pas raconter les événements dans l'ordre ?! Ce livre est donc plutôt réservé aux passionnés de Marie-Antoinette et de l'Histoire en général.

  Je connais Pascal Croci car en première je l'avais rencontré dans le cadre de mes cours d'histoire, à propos de son livre Auschwitz, qui était très intéressant. Les dessins de cette bande dessinée-ci ne m'ont pas tant plu que cela, les visages étant trop "défigurés" pour me plaire. Aux dessins se mêlent aussi des photographies, ce qui est assez surprenant. Ce qui m'a "terrifié" également, ce sont des mèches de cheveux "accrochées" au livre par des noeuds, tout autant réels. Je n'ai pas trop compris la signification de ces mèches de cheveux assez omniprésentes dans le livre - tout comme la photographie d'une poupée de porcelaine représentant une femme du XVIIIème siècle, qu'est-ce que c'est exactement ? Il n'y a aucune légende, pas de sculpteur cité, rien ne précise ce dont il s'agit ! Cela a de quoi m'agacer, d'autant plus qu'il s'agit d'Histoire, une matière qui demande de la rigueur ! Les auteurs ont cherché à faire ce qu'ils avaient envie en fait. L'histoire est décousue et c'est difficile de trouver un sens global.

Je n'ai pour autant pas totalement détesté les dessins. On sent le travail de l'artiste qu'il y a derrière, et aussi l'implication. J'ai été amusée par le dessin du Hameau de la reine ou encore de la représentation des diverses mouches.

Le récit ne porte pas que sur la vie de Marie-Antoinette mais il y a aussi une fiction où deux femmes, Madame Moberly et Madame Jourdain, ont cru apercevoir des fantômes à Versailles !! Cela relate l'histoire du livre Les Fantômes de Trianon qui est dans ma PAL et qui m'intrigue assez. Ces deux femmes ont dit avoir vu le fantôme d'une personne royale à Versailles. Je connais cette histoire des deux femmes, qui serait une "histoire vraie", et si je n'ai pas encore lu leur ouvrage, j'avais l'impression d'avoir une copie dès le début, ce qui est désagréable.

=> Les dessins n'ont pas réussi à me faire dépasser le désagrément causé par une histoire excessivement multiple et confuse. Je sors très déçue de ma lecture mais je pense que j'essaierai de la relire ultérieurement - peut-être que je saurai alors mieux l'apprécier.


Genre : Bande-dessinée
Publié en 2010
Pages : 88
Français


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samedi 27 février 2016

"Silex and the city - Tome 1 Avant notre ère" de Jul


Résumé : 40 000 avant JC : une vallée résiste encore et toujours à l'Evolution. A l'aube de l'humanité, Blog Dotcom est un « homo-erectus qui se lève tôt » : pour changer tout ça, il décide de se présenter aux élections. Avec une femme pro de Préhistoire-Géo en ZEP (Zone d'Evolution Prioritaire), un fils cadet militant alter-darwiniste opposé à l'usage du feu et de la fourrure, et une fille aînée qui flirte avec Rahan de la Pétaudière, fils à papa héritier du plus gros volcan ? récemment privatisé ? de la région, il n'est pas au bout de ses peines. De la Biennale d'Art Préhistorique Contemporain aux Ancêtres de Don Quichotte, des Dolto-sapiens aux « minorités visibles » néandertaliennes, c'est tout notre théâtre contemporain qui défile en peaux de bêtes, pour une parodie au vitriol de notre société évoluée.

Mon avis : <3 <3

Voilà une bande dessinée qui est parue il y a quelques années, en 2009, et cela se ressent dans l'histoire puisque sous fond de préhistoire, il est surtout question d'actualité : élections présidentielles, problèmes sociaux, problèmes économiques... Tout y passe ! Le récit relate des faits qui sont très proches de sa date de publication mais cela ne m'a pas empêché de comprendre... et surtout d'apprécier.

Dès la première page, il y a le résumé des personnages, ce qui était déjà drôle en soi. Leurs noms ne sont pas dus au hasard : Blog et Spam Dotcom ou encore le crocodile Lacoste. Cela promettait ! Je n'ai effectivement pas été déçue par la suite. Il y a des références très nombreuses et j'ai souri à toutes les pages. Les jeux de mots et les situations sont cocasses : le cours sur "nos successeurs les Gaulois", les Animaux en voie d'apparition, le "trou de la sécu"... Cela faisait bien longtemps que j'avais lu un texte aussi gai et amusant. Le titre fait penser au livre adapté en une série télévisée que j'ai bien aimé : Sex and the city. Le ton de cette bande dessinée y est aussi libre que dans cette dernière.

=> Une bande dessinée amusante qui part de faits d'actualité. Riche et drôle à souhait !


Genre : Bande dessinée
Publié en 2009
Pages : 48
Français

lundi 15 février 2016

"Pétronille" d'Amélie Nothomb


L'ivresse de s'improvise pas. Elle relève de l'art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part.
Si la première cuite est si souvent miraculeuse, c'est uniquement grâce à la fameuse chance du débutant : par définition, elle ne se reproduira pas.

Résumé : « Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Amélie Nothomb en dédicace 
au salon du livre de Paris 2015

Mon avis : <3

J'ai reçu ce livre à Noël l'an dernier, ce qui m'a donc donné l'occasion de me plonger un peu dans la littérature contemporaine. De l'auteur, j'ai déjà lu Mercure, que j'avais bien apprécié car il contenait beaucoup de références littéraires. C'est donc ma deuxième lecture de l'auteur (ou peut-être troisième mais je ne sais pas quel autre j'ai lu si c'est le cas).

Je n'ai pas été insensible à la plume de l'auteur. J'aime beaucoup ses tournures de phrases telles que "J'enneigeai mon teint, charbonnai mes yeux et carminai mes lèvres" ou le "Dont acte" utilisé à plusieurs reprises. Pourtant, le récit commençait mal. Je ne m'attendais pas à un récit sur le champagne, et c'est ainsi que débute le roman. Il faut dire que je n'apprécie pas l'odeur infâme des boissons alcoolisées (vous l'aurez noté, comme Marie-Antoinette ! On a de ces choses en commun elle et moi !) donc une lecture sur ce sujet aurait pu avoir de quoi me "saouler". Cependant, l'histoire apparaît peu à peu et je l'ai bien apprécié dans l'ensemble. J'ai été surprise par ce livre, et j'ai même trouvé certaines situations amusantes. La narratrice, qui est Amélie Nothomb elle-même, cherche un/une compagne/compagnon de beuverie. Elle la trouvera en la personne de Pétronille, qui, elle l'affirme, est l'écrivain Stéphanie Hochet dont elle a sensiblement modifié les titres d'oeuvres en des termes approchants, comme Moutarde douce qui devient Vinaigre de miel. J'étais très étonnée par la véracité de l'histoire, sauf la fin évidemment, que j'ai trouvé magnifique (les mots y aidant).

Amélie Nothomb est un sacré écrivain. Il n'y a qu'à regarder quelques vidéos ou interviews pour le comprendre : elle écrit vers quatre heures du matin toutes les nuits et rédige donc quatre romans par an mais elle ne souhaite pas que tous ses romans soient publiés, même après sa mort. C'est très impressionnant d'entendre un auteur parler de sa mort et de l'après. Dans ses interventions, elle a aussi beaucoup d'humour. Je vous met donc une vidéo ci-dessous.

=> Un roman étonnant et amusant. Si vous n'avez jamais lu d'Amélie Nothomb, je vous conseille de le faire (avec celui-ci).

Genre : Roman
Publié en août 2014
Pages : 169
Belge


dimanche 31 janvier 2016

"Ruth" d'Elizabeth Gaskell


[...] parce que tout peut être fait d'une bonne ou d'une mauvaise façon ; la bonne façon est de faire de notre mieux aux yeux de Dieu ; la mauvaise façon est d'agir en n'ayant à l'esprit que nous-même, ce qui nous amène soit à négliger notre tâche pour poursuivre quelque but personnel, soit à y accorder trop de temps et de réflexions avant et après l'avoir accomplie.

Résumé : Orpheline, la jeune et naïve Ruth est placée dans l’atelier de couture de Mrs Mason. Lors d’un bal, elle rencontre Henry Bellingham, un fils de bonne famille, avec qui elle noue bientôt une belle amitié, se muant en passion amoureuse, à rebours des conventions sociales. Jugée « fille perdue », Ruth est congédiée. Elle se réfugie au Pays de Galles avec Bellingham qui l’abandonne dès qu’il apprend qu’elle est enceinte. 
Tentée de se suicider, elle est recueillie par le pasteur Benson et sa sœur Faith, qui l’aiment et la respectent. La faisant passer pour veuve afin de lui éviter la disgrâce, ainsi qu’à son futur enfant, ils parviennent à la faire entrer au service d’un homme d’affaires, Mr Bradshow. Mais le retour de Bellingham menace son secret… Lorsque Mr Bradshow l’apprend, il chasse sans ménagement l’infortunée. Devenue infirmière, Ruth se donnera corps et âme à son nouveau métier. Et la voici enfin aimée, sinon admirée de tous… 
Avec Ruth, Elizabeth Gaskell trace le portrait émouvant d’une jeune victime de l’hypocrisie victorienne, toujours sûre de son bon droit et de ses préjugés.

Mon avis : <3

Tout comme Anne Perry, Elizabeth Gaskell est un auteur dont j'ai entendu parler pour la première fois (seulement) sur la blogosphère. Il s'agit donc du premier roman que je lis d'Elizabeth Gaskell et ce ne fut pas vraiment une agréable découverte...

Malgré les commencements de chapitres très soignés et encourageants, malgré les quelques intrusions du narrateur (ou de la narratrice) dans le récit et des tournures de phrases adorables, je n'ai pas accrochée avec le style d'écriture de l'auteur. Je pense que je m'attendais à un style envoûtant étant donné les précédents anglais, telles Jane Austen ou Charlotte Brontë. Jai donc relevé des phrases étincelantes par-ci par-là mais pas tant que cela.

Pour ce qui est de l'histoire, je n'y ai pas vraiment vu d'originalité. Ruth Hilton est une jeune fille qui commet une faute (selon les moeurs de l'époque) et elle devra en payer le prix. Mais justement, on peut très aisément deviner ce qui lui arrivera. Un autre point important que je voudrais évoquer, c'est le fait que l'on condamne Ruth et seulement elle. Henry Belligham n'est pas considéré comme responsable parce qu'il fait partie d'une bonne famille et parce qu'il est un homme et que dans ce cas-là, seule la femme est à blâmer d'après les moeurs de l'époque. Comme le rappelle l'excellente préface de Catherine Rihoit, à l'époque, les femmes qui travaillaient étaient mal vues parce que c'était aux hommes de travailler et de nourrir leur foyer. Ce n'est donc pas seulement l'histoire en elle-même qui ne m'a pas enchantée, mais aussi la société qui s'y rapporte - les femmes et les domestiques ayant des droits extrêmement limités.

La faute, le pardon mais également la religion et l'éducation, sont autant de thèmes qui sont éparpillés dans ce livre. Cependant, si je n'ai pas accroché à l'écriture, je n'ai pas accroché à l'histoire non plus. Je n'ai ressenti aucun sentiment de sympathie ou autre envers Ruth - même lorsqu'elle coud une journée entière (je sais combien c'est une activité éprouvante, même lorsqu'il s'agit d'un simple loisir !). Rien n'est fait pour qu'on l'apprécie. On ne connaît ses origines qu'assez tard, ce qui n'aide pas. J'aurai pu tracer son destin avant de lire l'oeuvre. Le pire, pour moi, c'est que Bellingham ne paye pas !

Enfin, je trouve, et je sais que je ne suis pas la seule, que le résumé dévoile une bonne partie de l'histoire, ce qui est bien dommage.

=> Une histoire qui manque d'originalité et qui ne saurait convenir qu'aux amoureux de la langue anglaise.


Genre : Roman social
Publié en 1853
Pages : 535
Britannique

mercredi 20 janvier 2016

"Les rêves de mon père" de Barack Obama

L'histoire d'un héritage en noir et blanc



Mais apprendre à accepter cette vérité particulière - à savoir que je peux embrasser dans ce récit mes frères et soeurs noirs, tant dans ce pays qu'en Afrique, et affirmer notre destin commun sans prétendre vouloir faire la démonstration de nos difficultés dans toute leur variété, ou parler au nom de celles-ci - est en partie le propos de ce livre.


Résumé : Son nom est déjà gravé dans le marbre de l'Histoire. Premier Afro-Américain candidat à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama intrigue et fascine. Qui se cache derrière ce phénomène politique? Des terres rouges de Nairobi aux paysages ensoleillés de Djakarta, des ghettos de Chicago aux bancs de l'université Columbia, Barack Obama a poursuivi le même rêve: donner au monde les couleurs du métissage.


Mon avis : <3

  Je n'ai pas encore lu beaucoup d'autobiographies d'hommes politiques jusqu'à maintenant. Pour le baccalauréat de littérature, j'avais lu et étudié le tome 3 des Mémoires de guerre, Le salut : 1944-1946 de Charles De Gaulle, un livre riche et à la parole lyrique. Je sais donc à quel point il faut être prudent avec ce genre de lecture, puisque les personnalités qui les écrivent le font dans un but précis. C'est d'ailleurs avec sincérité que Barack Obama avoue que "pour éviter les longueurs, certains personnages sont des condensés de personnes que j'ai connues, et certains événements sont situés sans contexte chronologique précis" et que "les noms de protagonistes ont été changés par souci de respecter leur vie privée".

En lisant ce livre, je souhaitais clairement découvrir qui est Barack Obama : sa vie, ses origines, son parcours (politique ou non) depuis le début... Si sa plume ne m'a pas frappée plus que cela, j'ai quand même était bien prise dans le récit. Et, à présent, je comprends parfaitement pourquoi il a fait un "condensé" des personnages car ils sont vraiment très nombreux. Cela a été assez difficile de m'y retrouver, surtout lorsque je revenais à la lecture après une pause plus ou moins longue. Cela a été une véritable difficulté de lecture, mais ce livre reste tout de même très charmant. Si la plume ne m'a pas emballée plus que cela, c'est sans doute parce qu'il contient énormément de réflexions alors que j'attendais plutôt du factuel. D'ailleurs, la chronologie n'a pas été évidente à suivre. Le récit tend à s'emballer un peu et je n'ai pas toujours pu suivre aisément la progression du parcours d'Obama, notamment quand il a arrêté ses études pour devenir organisateur de communautés. Il faut dire que les coutumes des États-Unis ne sont pas les mêmes qu'en France et cela m'intéresserait de connaître un peu mieux le système des études aux États-Unis qui a l'air "plus cool".

Le thème principal abordé est celui de la communauté noire et son interaction avec la population blanche en Amérique. Barack Obama a eu pour père un Kenyan, un Luo, et une mère américaine. Ce livre nous montre à quel point il a réfléchi sur la question du racisme, des espoirs de la population noire en Amérique, etc. Il montre aussi qu'il a beaucoup lu et qu'il s'est intéressé à de nombreux ouvrages et pensées de défenseurs des droits civiques, tel Malcom X. À ce thème s'ajoute celui de la famille. C'est un autre point primordial puisqu'il s'agit, je le rappelle, d'une autobiographie. Comme le montre la citation en fin de cet article, Obama s'est beaucoup intéressé à la famille. Il n'a vu son père qu'une fois dans sa vie, à ses dix ans, et il y a dû apprendre à connaître, plus tard, toute la famille de son père, basée principalement au Kenya, ainsi que ses nombreux frères et soeurs. Il a beaucoup voyagé, déménagé, notamment en Indonésie. C'est donc comme une sorte de voyage à ses côtés qu'il nous propose via son livre.

=> Ce livre est une véritable source pour tous ceux qui voudraient en savoir davantage sur la vie et le début de la carrière de Barack Obama, mais aussi sur ceux qui s'intéressent à la vie en Amérique.  Si vous le lisez, peut-être que l'écriture vous séduira davantage.


Genre : autobiographie
Publié en 2008
Pages : 572
Américain


Qu'est-ce qu'une famille ? N'est-ce qu'une chaîne génétique, des parents et une progéniture, des gens comme moi ? Ou est-ce une construction sociale, une entité économique, la solution optimale pour l'éducation des enfants et la répartition des tâches ? Ou est-ce quelque chose d'entièrement différent, comme, par exemple, un fonds de souvenirs communs ? Une sphère d'amour ? Une passerelle au-dessus du vide ?