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mercredi 21 juin 2017

"First Ladies : À la conquête de la Maison Blanche" de Nicole Bacharan & Dominique Simonnet


<3 <3 <3

  Le ton est donné dès l'avant-propos : les premières dames ne sont pas toujours restées cantonnées bien sagement dans l'ombre de leurs maris présidents. Et si leurs faits n'ont pas tous étaient médiatisés, elles ont cependant agit - sans demander de reconnaissance. Depuis John Kennedy, la campagne électorale se mène avec la famille du candidat. Nicole Bacharan et Dominique Simonnet nous offre, grâce à ce livre, une incroyable fresque de douze femmes marquantes qui sont passées par la Maison Blanche. On compte aujourd'hui quarante-cinq présidents des États-Unis et quarante et une First Ladies (dont une qui n'était pas l'épouse). Le choix des femmes présentes dans le livre peut sembler arbitraire, mais il ne l'est pourtant pas puisqu'après la biographie des dix "élues", les auteurs ont judicieusement retracé plus brièvement la vie des autres Premières dames.

  Une des plus légitimes à faire partie des "élues", c'est bien sûr la first First Lady, celle qui a la première exercé cette fonction. Et c'est en la personne de Martha Washington (les épouses prenant malheureusement trop souvent le nom de leur mari, je n'ai pas à préciser dans cet article qui est la femme de qui). Une femme que j'ai adoré découvrir car je n'en ai absolument jamais entendu parler. J'ai été surprise par sa "première vie" (l'époque était si rigide que je n'imaginais pas qu'il était possible de se remarier). Avec le récit de la vie de cette femme, j'avais l'impression d'être entre Autant en emporte le vent et Les Roses de Somerset de Leila Meacham (article à paraître prochainement sur le blog). 
  La "second lady", Abigail Adams, n'est pas mois incroyable et vous comprendrez aisément pourquoi je l'ai adoré : c'est une féministe avant l'heure. Elle voulut donner une place aux femmes dans l'élaboration de ce pays en formation et n'était pas favorable à l'esclavage dans une époque qui était loin de penser comme elle. Abigail Adams ne réussit pas à fléchir son mari sur les droits que les femmes devraient avoir mais elle a joué un rôle d'importance auprès de lui et du pouvoir. Une femme forte comme je les admire. Jugez plutôt :
"Si vous voulez avoir des héros, des hommes d'État et des philosophes, alors, il vous faut des femmes instruites."
Abigail Adams (1744-1818),
féministe avant l'heure.

  Toujours au XIXème siècle, c'est Dolley Madison qui mène la danse suivante. Une façon de parler pour une femme qui sut très bien converser en son temps. Les écrivains disent "la rencontrer, c'était l'aimer." Elle était aussi une femme de courage, qui sut affronter dignement l'incendie de la Maison Blanche. C'est aussi la première First Lady qui initia l'engagement pour des causes, en devenant présidente de l'orphelinat pour filles de Washington. La fin de sa vie est malheureusement moins gaie et j'en suis très attristée.
  Mary Lincoln me fait penser physiquement aux reines Victoria et Eugénie. J'ai eu plus de mal avec elle qu'avec les autres personnalités. Malgré les tourments de sa vie, je ne me suis pas "attachée" à sa personne, hormis sa fin (qui est terrible, je préfère vous prévenir). Une fois à la Maison Blanche, elle dépense énormément - telle une Marquise de Pompadour ou une Marie-Antoinette - et je ne supporte pas le gaspillage. Soit-disant que the White house nécessitait d'énormes aménagements...
  Je n'ai pas non plus eu d'attachement pour Edith Wilson. Pourtant, je fus choquée (de manière positive) d'apprendre qu'elle dirigea le pays alors que son mari, Woodrow, était très malade. Mais elle s'opposait aux suffragettes alors il n'y pas là de quoi en faire un modèle. Dans mes cours d'histoire, on m'a bien évidement parlé de la "Société des nations", mais on ne m'a jamais dit une telle chose !
  Une militante à la Maison Blanche... Eleanor Roosevelt était une sacrée battante, défendant notamment les femmes et les noirs. Une fois de plus, c'est une femme qui a eu une influence sur son président de mari. Pourtant populaire, les Américains n'ont pas accepté le poste officiel - le premier donné à une First lady (diriger les programmes du nouveau Bureau de la défense civile) - et c'est regrettable de voir que les Américains ne la laissèrent pas agir ainsi (la misogynie n'a pas fini dans ce pays, cf. les résultats de l'élection dernière). C'était une femme très active, qui s'activait sur le terrain pour les plus démunis notamment, et qui tenait une chronique à la radio (les auteurs renvoient vers ce site). "Trahie" par celui qu'elle disait pourtant ne plus aimer, elle finit sa vie en continuant à se battre. Pas étonnant qu'elle se retrouve parmi les First Ladies les plus marquantes de l'Histoire américaine.
  Jackie Kennedy est l'une des First Ladies les plus aimés des Américains. Pourtant, quel destin ! J'avais lu le roman de Katherine Pancol, Une si belle image (article à paraître prochainement sur le blog), alors je connaissais assez bien sa vie. D'une tristesse !
  Je ne me suis pas non plus beaucoup attardée sur Nancy Reagan. C'est mignon ce couple présidentiel qui s'embrasse à tout va. Je n'en avais jamais entendu parler avant !
  Plus près de nous, Michelle Obama. J'avais lu la biographie de Barack mais je ne connaissais pas plus que cela la vie de Michelle, descendante d'esclaves. C'est dommage qu'elle ne se soit pas servie de son rôle de First Lady pour militer (elle se bouge plus lors du second mandat de son mari), elle qui l'était avant, voulant aider ceux dans le besoin. Il y a quand même bien évidemment son combat pour la santé, dans un pas fortement frappé par l'obésité. La question reste entière malgré les démentis : se présentera-t-elle un jour à la présidentielle of United States ? Elle aurait toutes ses chances.
  Le livre est paru le 22 septembre 2016, soit deux mois avant la désastreuse élection présidentielle américaine. Les auteurs pensaient sans doute qu'après tout ce qu'elle a traversé, elle pouvait gagner. En effet, s'il y a bien une First lady qui a souffert de critiques, de complot, d'acharnement malsain, c'est bien Hillary Clinton. En politique il faut être fort ; elle doit l'être deux fois plus, étant une femme. Je ne doute pas que sa non élection à la présidence cette année soit due à une trop forte misogynie régnant dans le pays. Hillary a été élue avec de très bons scores en tant que sénatrice, mais quand il s'agit de la mettre à la tête de l'État, c'est une autre affaire. Le récit montre l'acharnement donc le couple a été victime durant les mandats de Bill, son mari. La vérité est pourtant la suivante : Hillary est une femme indépendante (elle hésite à se marier puis à porter le nom de Clinton, elle s'y résout finalement à cause de la pression sociale dont elle est victime). Son portrait, le dernier du livre alors qu'elle passe avant Michelle Obama chronologiquement, est plus fouillé que les autres car les auteurs ont recueilli des témoignages et ont pu suivre en direct une de ses campagnes présidentielles. En la mettant ainsi dans les dernières First Ladies marquantes, les auteurs nous rappellent une chose : beaucoup de temps a passé et Hillary était tout à fait légitime à se présenter à cette élection. Elle n'aurait pas été seulement une présidente des États-Unis, elle aurait aussi fracasser le plafond de verre (je vous renvoie vivement à son beau discours de défaite)  #strongertogetherImwithher

Et si cela vous déplaît d'avoir une vision partielle des first ladies, pas de panique : une galerie complète figure à la fin du livre pour nous présenter beaucoup plus brièvement les autres Premières dames : Abigail Fillmore "la lectrice"; Julia Grant, sans doute la plus heureuse des First Ladies à tenir ce rôle ; la vie tragique d'Ida McKinley... Certaines se firent discrètes, d'autres prirent leur place dans la présidence (Helen Taft qualifiée par les auteurs de "coprésident"). Pour voir à quel point ces femmes ont eu une influence sur leur mari, il suffit de savoir ce qu'Abraham Lincoln déclara à sa femme une fois élu : "Mary, Mary, NOUS sommes élus."

Ce livre n'a pas seulement un intérêt pour connaître les First Ladies, il est aussi important pour son apport politique. J'ai beaucoup appris sur les débuts des États-Unis. Je ne pensais pas que cela s'était passé aussi difficilement à vrai dire. Bien sûr, je connais l'histoire de la guerre de Sécession, mais j'imaginais l'Histoire de ce pays beaucoup plus naïvement qu'il n'en a été.

Les auteurs ont fait un travail énorme. Non seulement le récit est agréable à lire, mais il est très documenté (des essais et notamment le site http://firstladies.org est souvent cité). De quoi ravir ma curiosité, et sans doute, la vôtre !

=> Le destin des First Ladies américaines réunis en un ouvrage sérieux, précis et en même temps concis. Il se lit aussi agréablement qu'un roman et ne requiert pas une masse de connaissance sur l'histoire américaine, ce qui le rend accessible et indispensable. Avis aux amatrices et aux amateurs !


***


Résumé : On les relègue habituellement à l'arrière-plan, derrière la figure charismatique de leur mari président. Seconds rôles, les First Ladies ? Allons donc ! Dès les origines, les Premières Dames américaines ont exercé dans l'ombre une influence bien plus grande qu'on ne le croit. Plus encore : elles incarnent la longue marche des femmes vers l'égalité et le pouvoir. Voici Martha Washington, qui forge les symboles d'une nation dans les limbes ; Abigail Adams, intellectuelle et féministe bien avant l'heure ; la belle Dolly Madison, qui résiste dans la capitale en flammes. Suivent l'intrigante Mary Lincoln, qui parade en impératrice ; Eleanor Roosevelt, l'infatigable activiste ; Jackie Kennedy, la star irrésistible, que l'on redécouvre ici dans un rôle inédit de ministre de la Culture et de diplomate ; Nancy Reagan, l'amoureuse à la main de fer ; Michelle Obama, qui met en scène l'égalité raciale ; enfin, l'ambitieuse, l'inébranlable, l'insubmersible Hillary Clinton, qui veut parachever la conquête en devenant présidente. 
À partir d'une riche documentation, souvent inédite, les auteurs racontent avec passion le destin des dix First Ladies qui ont le plus marqué l'Histoire, et nous offrent la galerie complète de celles qui se sont succédé à la Maison Blanche. Les aventures de ces femmes d'exception nous en disent beaucoup sur l'évolution du couple et de la condition féminine. Elles nous révèlent aussi la face secrète du pouvoir où se mêlent intimement la politique et l'amour. Nicole Bacharan est historienne, politologue, consultante pour la télévision et la radio, et auteur de nombreux ouvrages sur les Etats-Unis. Elle a aussi écrit La Plus Belle Histoire des femmes (Seuil et Points).Dominique Simonnet est écrivain, journaliste, auteur d'une vingtaine de romans et essais, dont La Défaite des femmes (Plon).Ensemble, ils ont notamment écrit Les Secrets de la Maison Blanche et 11 Septembre, le jour du chaos (Perrin et Pocket).


***


Genre : Essai (mini biographies)
Publié en 2016
Pages : 312
Français



Thème « Du Saint-Laurent au Rio Grande » (6/12)

dimanche 23 avril 2017

"Le château" de Mathieu Sapin

"Une année dans les coulisses de l'Élysée"



Résumé : Après Campagne présidentielle, découvrez les coulisses de l'Elysée ! Après avoir suivi la campagne présidentielle, Mathieu Sapin fait des pieds et des mains pour s'incruster à l'Élysée. Baladé d'un bureau de communiquant à l'autre, il finit par envoyer un SMS à François Hollande lui-même pour obtenir l'autorisation. Le président le reçoit, accepte le projet et introduit Mathieu au « château », comme l'appellent ceux qui y travaillent. Un reportage exceptionnel, réalisé de l'intérieur, sur le fonctionnement de l'Élysée et la vie mouvementée de son célèbre occupant.

Mon avis : <3 <3

   Quoi de plus sympathique que d'appréhender la politique par le biais de la bande dessinée ! Découverte sur un blog, j'ai profité d'un passage en médiathèque pour l'emprunter. L'auteure même se "met en scène" dans la bande dessinée et va jusqu'à mettre en avant le processus d'édification de la bande dessinée. Il aurait tout aussi bien pu ne montrer que ce qu'il a appris mais il a décidé de TOUT montrer. Cela permet vraiment d'être "dans les coulisses" de l'Élysée. C'est ainsi qu'on assiste avec l'auteur à des commémorations nationales, des réunions avec des journalistes, etc. C'est très intéressant. On apprend ainsi quelques petits secrets sur ce qui se passe au "château".

Il y en a des choses à savoir sur l'Élysée ! Je ne me rappellerai pas forcément de tout mais tout est utile à savoir. L'Élysée est vu comme un monde à part, avec ses propres services (fleuriste...), et je ne le savais pas. Il est notamment question de la cuisine à l'Élysée, ce qui m'a beaucoup fait penser au film Les Saveurs du palais de Christian Vincent, sorti en 2012, avec Catherine Frot dans le rôle principal. La cuisine fait l'objet de beaucoup d'attention dans ce lieu, ce qui donne encore plus envie de goûter les plats !

Le récit se concentre sur les événements de 2013 et 2014, ce qui permet d'avoir un aperçu global de l'Histoire, bien que ce soit des faits récents.

=> Cette bande dessinée permet d'en apprendre beaucoup sur l'Élysée, son fonctionnement et quelques-uns de ses secrets. Un livre nécessaire pour que les citoyens français comprennent le fonctionnement de ce "château".


Genre : Bande dessinée
Publié en 2015
Pages : 134
Français 

mercredi 20 janvier 2016

"Les rêves de mon père" de Barack Obama

L'histoire d'un héritage en noir et blanc



Mais apprendre à accepter cette vérité particulière - à savoir que je peux embrasser dans ce récit mes frères et soeurs noirs, tant dans ce pays qu'en Afrique, et affirmer notre destin commun sans prétendre vouloir faire la démonstration de nos difficultés dans toute leur variété, ou parler au nom de celles-ci - est en partie le propos de ce livre.


Résumé : Son nom est déjà gravé dans le marbre de l'Histoire. Premier Afro-Américain candidat à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama intrigue et fascine. Qui se cache derrière ce phénomène politique? Des terres rouges de Nairobi aux paysages ensoleillés de Djakarta, des ghettos de Chicago aux bancs de l'université Columbia, Barack Obama a poursuivi le même rêve: donner au monde les couleurs du métissage.


Mon avis : <3

  Je n'ai pas encore lu beaucoup d'autobiographies d'hommes politiques jusqu'à maintenant. Pour le baccalauréat de littérature, j'avais lu et étudié le tome 3 des Mémoires de guerre, Le salut : 1944-1946 de Charles De Gaulle, un livre riche et à la parole lyrique. Je sais donc à quel point il faut être prudent avec ce genre de lecture, puisque les personnalités qui les écrivent le font dans un but précis. C'est d'ailleurs avec sincérité que Barack Obama avoue que "pour éviter les longueurs, certains personnages sont des condensés de personnes que j'ai connues, et certains événements sont situés sans contexte chronologique précis" et que "les noms de protagonistes ont été changés par souci de respecter leur vie privée".

En lisant ce livre, je souhaitais clairement découvrir qui est Barack Obama : sa vie, ses origines, son parcours (politique ou non) depuis le début... Si sa plume ne m'a pas frappée plus que cela, j'ai quand même était bien prise dans le récit. Et, à présent, je comprends parfaitement pourquoi il a fait un "condensé" des personnages car ils sont vraiment très nombreux. Cela a été assez difficile de m'y retrouver, surtout lorsque je revenais à la lecture après une pause plus ou moins longue. Cela a été une véritable difficulté de lecture, mais ce livre reste tout de même très charmant. Si la plume ne m'a pas emballée plus que cela, c'est sans doute parce qu'il contient énormément de réflexions alors que j'attendais plutôt du factuel. D'ailleurs, la chronologie n'a pas été évidente à suivre. Le récit tend à s'emballer un peu et je n'ai pas toujours pu suivre aisément la progression du parcours d'Obama, notamment quand il a arrêté ses études pour devenir organisateur de communautés. Il faut dire que les coutumes des États-Unis ne sont pas les mêmes qu'en France et cela m'intéresserait de connaître un peu mieux le système des études aux États-Unis qui a l'air "plus cool".

Le thème principal abordé est celui de la communauté noire et son interaction avec la population blanche en Amérique. Barack Obama a eu pour père un Kenyan, un Luo, et une mère américaine. Ce livre nous montre à quel point il a réfléchi sur la question du racisme, des espoirs de la population noire en Amérique, etc. Il montre aussi qu'il a beaucoup lu et qu'il s'est intéressé à de nombreux ouvrages et pensées de défenseurs des droits civiques, tel Malcom X. À ce thème s'ajoute celui de la famille. C'est un autre point primordial puisqu'il s'agit, je le rappelle, d'une autobiographie. Comme le montre la citation en fin de cet article, Obama s'est beaucoup intéressé à la famille. Il n'a vu son père qu'une fois dans sa vie, à ses dix ans, et il y a dû apprendre à connaître, plus tard, toute la famille de son père, basée principalement au Kenya, ainsi que ses nombreux frères et soeurs. Il a beaucoup voyagé, déménagé, notamment en Indonésie. C'est donc comme une sorte de voyage à ses côtés qu'il nous propose via son livre.

=> Ce livre est une véritable source pour tous ceux qui voudraient en savoir davantage sur la vie et le début de la carrière de Barack Obama, mais aussi sur ceux qui s'intéressent à la vie en Amérique.  Si vous le lisez, peut-être que l'écriture vous séduira davantage.


Genre : autobiographie
Publié en 2008
Pages : 572
Américain


Qu'est-ce qu'une famille ? N'est-ce qu'une chaîne génétique, des parents et une progéniture, des gens comme moi ? Ou est-ce une construction sociale, une entité économique, la solution optimale pour l'éducation des enfants et la répartition des tâches ? Ou est-ce quelque chose d'entièrement différent, comme, par exemple, un fonds de souvenirs communs ? Une sphère d'amour ? Une passerelle au-dessus du vide ?

samedi 3 octobre 2015

"Idées politiques & séries télévisées"

Actes du colloque réalisé dans le cadre des "24 heures du Droit"




Résumé : Les présents propos liminaires forment le pitch et l'épisode pilote de la saison « Idées politiques & séries télévisées » (Saison I ; 15 épisodes dont un pilote) produite par l'Université du Maine en étroite collaboration avec l'École Doctorale Pierre COUVRAT (ed 88), le laboratoire juridique THEMIS-UM (ea 4333) ainsi que l'association COLLECTIF L'UNITÉ DU DROIT. Pour la présenter, nous répondrons successivement aux questions suivantes : s'agit-il vraiment d'études à caractère universitaire ? D'où proviennent les 15 contributions retenues ? Quels sont les thèmes abordés ? Le droit et les idées politiques, en particulier, sont-ils à ce point présents au coeur des séries télévisées ? Et, enfin, y aura-t-il une saison II ? 
« Vous êtes vraiment Docteur » ? C'est peut-être et à juste titre la première question que le lecteur se posera : l'ouvrage que vous avez acquis est-il un magazine de fans prêts à tout pour défendre leurs héros et héroïne(s) ; vivant comme eux et parfois par et pour eux ; passionnés et prêts à tout pour un autographe du Dr House ou de l'une des Desperate housewives et enclins à vous raconter toutes les aventures du Destin de Lisa ? Ils le sont peut-être parfois pour d'aucuns mais surtout tous et toutes sont des universitaires (confirmés ou en devenir) et principalement docteur et / ou doctorant en Droit. C'est donc un regard de juristes et de politistes qui a essentiellement été tourné vers ces séries télévisées, objet de la présente étude collective. 
« Oui, pour la journée » … Pour une journée, en effet, se sont réunis à l'Université du Maine (le 16 décembre 2011) des juristes et des politistes pour célébrer et matérialiser, au coeur des premières « 24 heures du Droit » (www.24hdudroit.org), un colloque d'échanges et de débats relatifs à la confrontation des mondes juridiques mais surtout politiques au coeur du média cathodique. 

Pr. Mathieu TOUZEIL-DIVINA, Co-directeur du Themis-Um (ea 4333) et pour l'occasion, directeur du casting.

Mon avis : <3 <3

   Mathieu Touzeil-Divina (son site : http://www.chezfoucart.com) a été mon professeur de droit durant mon unique et première année de Droit il y a quelques années. Ce professeur est sans doute l'un des meilleurs que j'ai pu avoir, et aussi le plus original ! Par exemple, je me souviens qu'il a rédigé (et donc totalement inventé) la Constitution des Rillettes pour un partiel final (!) et qu'il a osé nous demander le nom d'une boîte de nuit de Steevy Boulay dans un QCM en philosophie du droit... J'ai beaucoup appris avec lui, notamment en cours de droit constitutionnel, et même si mes études en droit ne m'ont pas convaincues, j'en garde un bon souvenir.

   Des "24 heures du droit", je me souviens d'avoir assisté à celui intitulé "Le Parlement aux écrans", en 2012. Cela avait été très intéressant et l'on avait parlé, entre autres, de féminisme et du film Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra, sorti en 1939, et que j'ai revu ensuite en cours de cinéma l'année passée. Comme quoi, ces "24 heures du droit" sont bien utiles.

   Ce livre diffère beaucoup de ce que je peux lire d'habitude, non seulement parce qu'il s'agit de politique et de séries télévisées, mais aussi parce que ce sont des colloques mis par écrit. Pourtant, cette lecture m'a convaincue de varier davantage mes lectures. Une difficulté s'est tout d'abord imposée durant ma lecture : le fait que je ne connaissais pas certaines séries telles que Sons of anarchy ou Oz. J'ai donc été sur internet lire les synopsis et regarder à quoi ressemblait les personnages. Si je n'ai pas pour autant eu l'envie de voir certaines séries telles que Lost, j'ai cependant apprécié l'analyse qui était faite sur elles. J'ai tout particulièrement apprécié les colloques sur Le féminisme au prisme des séries télévisées de Juliette Gaté, celui sur Desperate Housewives : série féministe ? par Marie de Mazenod, et, bien évidemment, celle de mon professeur sur Le vampirisme cathodique : de l'expression des extrémismes aux revendications d'une minorité. En effet, je me rappelle qu'il nous avait parlé du vampire dans une deuxième partie en cours de Grands courants de la pensée juridique (c'est-à-dire, en philosophie du droit). J'avais apprécié ce cours et je me rappelle avoir lu peu de temps après La morte amoureuse de Théophile Gautier avec la vamp Clarimonde. Je viens d'ailleurs de relire ce cours, juste pour le plaisir :-)
En ce qui concerne le féminisme, j'ai beaucoup aimé l'analyse sur la série Desperate Housewives, que je connais le mieux parmi celles choisies. L'analyse explique en quoi la série n'est pas féministe : par exemple, Bree a beau avoir un travail, il ne s'agit toujours que de cuisine, tâche la plus souvent assignée aux femmes. C'était très intéressant à lire !
 
Cela a été amusant de retrouver le colloque d'un de mes chargés de travaux dirigés, Clemmy Friedrich, sur la série Battlestar Galactica. En effet, les intervenants sont des docteurs ou des doctorants (en droit ou en histoire-géographie) ou même des étudiantes, mais ce qui me paraît appréciable c'est le fait qu'ils ne soient pas forcément tous passionnés par les séries, certains avouant même les détester ! Le tout est fait avec humour et la présentation du livre et la forme peuvent vous en donner une idée. Chaque intervenant a été interrogé sur sa série préférée, celle qu'il juge la plus féministe, celle qui, selon lui, est la meilleure ode au démo-libéralisme... Ces questionnaires sont placés à la fin des colloques et j'ai trouvé cela très original !

=> Un livre intéressant, surprenant et enrichissant, qui montre que l'on peut allier deux sujets a priori distincts : la politique et les séries télévisées. Étant donné que je l'ai vu disponible dans ma médiathèque, il le sera peut-être dans la vôtre également. Les 24 heures du Droit tournent toujours autour de sujets originaux, tels que Droit(s) du football en avril 2014, et je vous invite donc à vous renseigner dessus.


Genre : colloques, études et rapports 
Publié en 2013
Pages : 183
Français