dimanche 1 novembre 2015

"Blonde" de Meg Cabot


En d'autres termes, Christopher et moi avions raison : les Morts-Vivants existent.
Bon. Où est le problème, demanderez-vous ?
C'est que je suis l'une d'entre eux.

Résumé : Comment aurais-je pu imaginer que l'inauguration de ce grand magasin changerait ma vie à jamais ? Tout le monde, sauf moi, voulait assister à cet événement : Nikki Howard, célèbre top model, devait y apparaître. Je me souviens qu'un écran géant m'est tombé dessus... puis plus rien. Jusqu'à aujourd'hui où je me réveille dans un lit d'hôpital. J'ai une impression étrange... Tout le monde me regarde bizarrement et me parle comme si j'étais quelqu'un d'autre ! Et si c'était ça ? Si j'étais devenue une autre ?

Mon avis : <3

Cela fait un bon moment que j'aurai voulu avoir lu ce livre, depuis sa sortie en 2009, mais il était pris à chaque fois que je voulais l'emprunter à la médiathèque. Récemment je suis repassée au rayon Meg Cabot et, pour une fois, beaucoup de ses livres étaient disponibles. Entre la lecture de classiques et de romans historiques, il me faut aussi des livres "détente".

Pourquoi spécifiquement lire Blonde ? Parce que l'histoire relate la vie d'une jeune fille devenant, dans une autre vie, mannequin. Avec ce livre, je voulais tenter d'atténuer mes préjugés sur ce métier, qui est bien le dernier que je ferai. Mais mon souhait n'a pas été exaucé. L'aperçu du mannequinat reste justement un aperçu et on n'entre pas encore précisément dans ce milieu. Emmerson dit que ce métier est difficile mais sans s'expliquer vraiment... Du coup, je me pose encore des questions, alors qu'avec ce livre je voulais des réponses. Il faut dire que l'histoire avance très peu et qu'il est compréhensible qu'il y ait trois tomes. Tout est peut-être fait pour qu'il y ait une suite en même temps... L'histoire est donc lente, il y a très peu d'ellipses et on vit au jour le jour je dirai. C'est à la fois un peu énervant et d'un côté, aimant par dessus tout les dialogues, j'ai été assez servi.

Concernant l'histoire du changement de corps mais pas de l'âme, c'est assez complexe. Je peinais vraiment à comprendre car Emmerson garde ses parents mais prend la vie d'une autre fille. Ce récit ressemble énormément à la série télévisée qu'il m'arrive de regarder, Drop Dead Diva où une femme frivole se retrouve dans le corps d'une avocate costaud et intelligente. L'autre point de ressemblance est la meilleure amie qui est au courant du subterfuge. Je ne dirai pas qu'il y a eu copie mais pourquoi la meilleure amie serait-elle forcément au courant ? Dans les deux cas, elle est plutôt frivole.

Puis l'histoire finit par prendre place et Emmerson affronte sa nouvelle vie. Dans l'ensemble, l'histoire a été amusante mais ce que j'aime avant tout chez Meg Cabot, ce sont ses personnages. Ici j'ai retrouvé un type de personnages déjà rencontré dans une autre oeuvre de l'auteur, Samantha, celui du garçon manqué qui refuse de s'habiller comme une fille, qui déteste les cheer leaders et qui n'a jamais approché de garçon ou n'a eu de relation amoureuse avec. C'est sensiblement le même schéma que  l'on retrouve dans ce livre mais, ici, la situation est plus complexe car Emmerson étant mannequin, elle ne peut se vêtir mal tous les jours. De plus, cette héroïne était accro aux jeux vidéos dans son ancienne vie et elle garde cette passion dans sa nouvelle existence. Je n'y connais rien en jeu vidéo mais cela en faisait un protagoniste d'original.

La question de la mort est aussi abordée et c'est dur car son meilleur ami se retrouve sans personne. J'espère que Nikki arrivera à devenir proche de lui, ce qui n'est pas forcément gagné !

=> Je sais qu'il sera difficile de convaincre les personnes qui passent habituellement sur mon blog alors je vous laisse décider. En tout cas, pour moi ce n'était pas une envie de lire du Meg Cabot, mais un besoin. Je me sens tout de suite mieux après (je n'étais pas mal non plus). À chacun sa thérapie !


Genre : Roman
Publié en 2009
Pages : 329
Américain


Suite :
  • Toujours blonde (2009)
  • Éternellement blonde (2012)


samedi 24 octobre 2015

Ce que vous ne savez peut-être pas sur Marie-Antoinette...

Marie-Antoinette en 1775, buste en biscuit de Sèvres d'après un modèle de Louis-Simon Boizot, 
Salon de 1775, buste brisé pendant la Révolution et restauré en 1858, Petit Trianon


  • Avant de devenir Marie-Antoinette en France, on l'appelait Madame Antoine à la cour de Vienne
> Le prénom Marie était attribué à toutes les femmes de la famille impériale, et le deuxième prénom était celui d'un sain patron - ce fut Saint-Antoine pour Marie-Antoinette. Son prénom de naissance était donc Maria Antonia Josepha Johanna.


  • Marie-Antoinette était... myope et portait donc des lunettes, mais jamais sur les tableaux !


  • Le projet de mariage avec Louis XVI est prévu alors que Marie-Antoinette n'a que onze ans. Ils se marieront trois ans plus tard.


  • Avant le mariage du 16 mai 1770 avec le Dauphin Louis à Versailles, il y eut un mariage par procuration, avec son frère l'archiduc Ferdinand dans le rôle du Dauphin de France !!
> Il était d'usage dans les cours d'Europe de marier chacun des futurs époux dans leur propre pays. Le 19 avril 1770, Marie-Antoinette est donc mariée à Vienne, à l'église des frères augustins, et passe de l'appellation "Madame Antoine" à Madame la Dauphine.


  • La vie à la cour d'Autriche était moins compliquée qu'à la cour de Versailles et Marie-Antoinette s'en plaindra souvent à sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, dans ses lettres.

Le Grand Trianon



  • Marie-Antoinette et Louis XVI ont eu quatre enfants :
  1. Marie-Thérèse Charlotte, qui naquit le 19 décembre 1778, et qui fut la seule à survivre. Elle mourut à Vienne, à l'âge de 73 ans.
  2. Le Dauphin de France Louis-Joseph est né le 22 octobre 1781, à la plus grande joie de la cour car il y avait désormais un héritier pour la couronne. Mais étant bossu et malade, il mourut à l'âge de sept ans et demi en juin 1789.
  3. Le 27 mars 1785 naquit un second fils, Louis-Charles. Il mourut à la prison du Temple en juin 1795.
  4. La petite dernière, Sophie Hélène Béatrice, naquit le 9 juillet 1786 mais, malheureusement, elle mourut avant son premier anniversaire.

  • Hans Axel, comte de Fersen, maréchal de Suède, fut un ami et le supposé amant de la reine.
> Fersen était amoureux de Marie-Antoinette mais la relation charnelle n'a jamais été clairement établie entre eux, même si Stefan Zweig en est certain dans sa célèbre biographie.

  • Lors de la fuite à Varennes, le roi et la reine "jouèrent" le rôle de l'intendant et de la gouvernante, le dauphin Louis fut déguisé en fille, Madame de Tourzel était Madame de Korff avec ses deux filles (les enfants royaux donc) et Madame Elisabeth, la soeur du roi, était la dame de compagnie de la prétendue baronne.

  • Après leur arrestation à Varennes, Marie-Antoinette devient travailleuse et réfléchie, telle que sa mère Marie-Thèrèse avait souhaité qu'elle soit.

  • À la Conciergerie, Rosalie Lamorlière fut sans doute la dernière personne dévouée à la reine.

  • Marie-Antoinette souffrait d'un fibrome (tumeur bénigne du tissu conjonctif fibreux), voire d'une tumeur cancéreuse, ce qui accéléra sans doute son procès.

  • On accusa la reine, entre autres, de trahison, d'intelligence avec l'ennemi, d'orgie, de saphisme, d'organisation de la fuite à Varennes...

  • Le dauphin Louis fut retrouvé en train de se caresser et les révolutionnaires en profitèrent alors pour accuser la reine ainsi que la soeur du roi, madame Élisabeth, d'inceste. Au procès, Marie-Antoinette a été dite "profondément émue" face à cette accusation.

  • Au moment où elle allait être guillotinée, Marie-Antoinette marcha sur les pieds du bourreau et déclara "Je vous demande pardon, Monsieur", ce qui furent ses derniers mots.

  • La reine fut exécutée place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde.

samedi 17 octobre 2015

"Monsieur mon amour" d'Alexandra de Broca


J'attends un signe de mes gardiens : ce sera la mort ; un signe de vous : ce sera la vie.

Quitte à mourir et à me retrouver au ciel, je préfère la présence de ma meilleure amie (Marie-Antoinette) plutôt que celle de mon horrible époux.

Résumé : Princesse vertueuse totalement dévouée à Marie-Antoinette ou conspiratrice et séductrice aux mœurs dépravées ? Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, fut en son temps l’objet des plus folles rumeurs. 
  Au fil d’une bouleversante correspondance imaginaire, Alexandra de Broca, l’auteur de La Princesse effacée, se glisse dans la peau de cette jeune aristocrate turinoise, veuve à dix-neuf ans du descendant d’un bâtard de Louis XIV, qui lui aura fait subir les pires affronts. Comme tant d’autres victimes expiatoires du régime de la Terreur, cette femme fragile, attachée à la famille royale au point de reprendre ses fonctions après la fuite du roi, connaîtra une fin atroce. 
  Du fond de la geôle parisienne où elle attend son jugement, Marie-Thérèse écrit chaque jour à Philippe d’Orléans, député et proche de Robespierre. Comme la vertu s’adresse au vice, elle commence ses lettres par « Monsieur mon Amour »...

Alexandra de Broca en pleine dédicace de mon livre, 
Salon du livre de Paris 2015


Mon avis : <3 <3

Encore une fois, c'est la couverture qui m'a attirée. Pour mon esprit, un tel dessin ne pouvait qu'illustrer une histoire du XVIIIème siècle. Je n'avais pas tort. J'ai découvert ce livre dans les allées du salon de Paris de l'an passé et j'ai donc eu la chance de discuter avec l'auteur sur son livre et sur sa démarche. Cet échange a été très agréable et important pour ma lecture ! Mais si vous ne l'avez pas rencontré, pas de panique car à la fin du livre, l'auteur a inséré une note dans laquelle elle pose une question : "La princesse de Lamballe a-t-elle réellement aimé le duc d'Orléans ?". Dans tous les cas, si ce n'est pas vrai, j'ai passé un agréable moment à lire les lettres de la princesse pour son aimé. Si cela n'est que fiction, l'auteur revient sur les étapes importantes de la vie de Marie-Thérèse. Je suis donc sortie cultivée et distraite de ma lecture.

Monsieur mon amour est un roman épistolaire à une seule voix, celle de Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, plus connue sans doute sous le titre de la princesse de Lamballe. Ainsi, pour nous raconter sa vie, l'auteure a choisi des lettres imaginaires écrites par la princesse à Philippe d'Orléans, qu'elle aime. Ses lettres sont donc à la fois pleine d'amour et d'espoir mais, ne recevant jamais de réponse de Philippe d'Orléans, la princesse lui dévoile aussi ses défauts. En effet, au lieu de soutenir la royauté comme on pourrait s'y attendre, il a choisi de soutenir les révolutionnaires. La princesse lui en veut donc. Elle se sent aussi délaissée par cet homme qui affiche ses maîtresses sans rougir. Il faut dire que Marie-Thérèse est loi d'avoir été gâté par les hommes : elle épouse un homme qui s'avèrera être un libertin et pour se libérer du devoir conjugal, il le fait remplir par un valet, étant ainsi responsable du viol de sa propre femme ! Jamais il n'aura une parole d'amour pour sa femme et disparaît bientôt, comme puni de son atrocité... Dans son malheur, pour se marier, la princesse a dû quitter l'Italie et sa famille, et se retrouve ainsi seule. Heureusement, son beau père, M. de Penthièvre, s'avère lui être d'un secours bienvenu, même s'il cache savoir les méfaits de son fils.
La vie de Marie-Thérèse est donc très triste : son époux est ignoble, elle n'a pas d'enfants et Marie-Antoinette lui tourne parfois le dos. J'ai eu beaucoup d'affection pour elle que je découvrais à chaque fois un peu plus à travers les pages.

Adorant Marie-Antoinette, je me devais de lire un ouvrage sur la princesse de Lamballe, qui fût son amie, mais qui a aussi connu des périodes de défaveur - la duchesse de Polignac recevant aussi l'amitié de la reine. En 1774, Marie-Thérèse devient la surintendante de la maison de Marie-Antoinette. Je savais peu de choses de ce personnage, hormis l'homme qui la soigna, le docteur Seiffert (avec qui on la soupçonna d'avoir eu une liaison). J'ai donc trouvé ingénieux de nous faire connaître sa vie par le biais de lettres et durant son enfermement. En effet, quand on est enfermé, que l'on n'a plus rien à faire si ce n'est espérer, que peut-on faire d'autre que de se repasser le film de sa vie ? L'histoire de la princesse de Lamballe est donc, à mon avis, tout à fait appropriée au format épistolaire, d'autant plus que je raffole des romans épistolaires (classiques). Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteur. Concise, claire et essentiellement au présent, tout est en mesure de rendre le récit vivant.

=> Un roman historique sur une femme au destin tragique, la princesse de Lamballe, et dont la forme épistolaire convient parfaitement à son histoire. Une oeuvre très réussie qui m'invite à lire La Princesse effacée du même auteur, dont j'entends aussi beaucoup de bien.


Genre : Roman historique
Publié en novembre 2014
Pages : 240
Français

samedi 3 octobre 2015

"Idées politiques & séries télévisées"

Actes du colloque réalisé dans le cadre des "24 heures du Droit"




Résumé : Les présents propos liminaires forment le pitch et l'épisode pilote de la saison « Idées politiques & séries télévisées » (Saison I ; 15 épisodes dont un pilote) produite par l'Université du Maine en étroite collaboration avec l'École Doctorale Pierre COUVRAT (ed 88), le laboratoire juridique THEMIS-UM (ea 4333) ainsi que l'association COLLECTIF L'UNITÉ DU DROIT. Pour la présenter, nous répondrons successivement aux questions suivantes : s'agit-il vraiment d'études à caractère universitaire ? D'où proviennent les 15 contributions retenues ? Quels sont les thèmes abordés ? Le droit et les idées politiques, en particulier, sont-ils à ce point présents au coeur des séries télévisées ? Et, enfin, y aura-t-il une saison II ? 
« Vous êtes vraiment Docteur » ? C'est peut-être et à juste titre la première question que le lecteur se posera : l'ouvrage que vous avez acquis est-il un magazine de fans prêts à tout pour défendre leurs héros et héroïne(s) ; vivant comme eux et parfois par et pour eux ; passionnés et prêts à tout pour un autographe du Dr House ou de l'une des Desperate housewives et enclins à vous raconter toutes les aventures du Destin de Lisa ? Ils le sont peut-être parfois pour d'aucuns mais surtout tous et toutes sont des universitaires (confirmés ou en devenir) et principalement docteur et / ou doctorant en Droit. C'est donc un regard de juristes et de politistes qui a essentiellement été tourné vers ces séries télévisées, objet de la présente étude collective. 
« Oui, pour la journée » … Pour une journée, en effet, se sont réunis à l'Université du Maine (le 16 décembre 2011) des juristes et des politistes pour célébrer et matérialiser, au coeur des premières « 24 heures du Droit » (www.24hdudroit.org), un colloque d'échanges et de débats relatifs à la confrontation des mondes juridiques mais surtout politiques au coeur du média cathodique. 

Pr. Mathieu TOUZEIL-DIVINA, Co-directeur du Themis-Um (ea 4333) et pour l'occasion, directeur du casting.

Mon avis : <3 <3

   Mathieu Touzeil-Divina (son site : http://www.chezfoucart.com) a été mon professeur de droit durant mon unique et première année de Droit il y a quelques années. Ce professeur est sans doute l'un des meilleurs que j'ai pu avoir, et aussi le plus original ! Par exemple, je me souviens qu'il a rédigé (et donc totalement inventé) la Constitution des Rillettes pour un partiel final (!) et qu'il a osé nous demander le nom d'une boîte de nuit de Steevy Boulay dans un QCM en philosophie du droit... J'ai beaucoup appris avec lui, notamment en cours de droit constitutionnel, et même si mes études en droit ne m'ont pas convaincues, j'en garde un bon souvenir.

   Des "24 heures du droit", je me souviens d'avoir assisté à celui intitulé "Le Parlement aux écrans", en 2012. Cela avait été très intéressant et l'on avait parlé, entre autres, de féminisme et du film Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra, sorti en 1939, et que j'ai revu ensuite en cours de cinéma l'année passée. Comme quoi, ces "24 heures du droit" sont bien utiles.

   Ce livre diffère beaucoup de ce que je peux lire d'habitude, non seulement parce qu'il s'agit de politique et de séries télévisées, mais aussi parce que ce sont des colloques mis par écrit. Pourtant, cette lecture m'a convaincue de varier davantage mes lectures. Une difficulté s'est tout d'abord imposée durant ma lecture : le fait que je ne connaissais pas certaines séries telles que Sons of anarchy ou Oz. J'ai donc été sur internet lire les synopsis et regarder à quoi ressemblait les personnages. Si je n'ai pas pour autant eu l'envie de voir certaines séries telles que Lost, j'ai cependant apprécié l'analyse qui était faite sur elles. J'ai tout particulièrement apprécié les colloques sur Le féminisme au prisme des séries télévisées de Juliette Gaté, celui sur Desperate Housewives : série féministe ? par Marie de Mazenod, et, bien évidemment, celle de mon professeur sur Le vampirisme cathodique : de l'expression des extrémismes aux revendications d'une minorité. En effet, je me rappelle qu'il nous avait parlé du vampire dans une deuxième partie en cours de Grands courants de la pensée juridique (c'est-à-dire, en philosophie du droit). J'avais apprécié ce cours et je me rappelle avoir lu peu de temps après La morte amoureuse de Théophile Gautier avec la vamp Clarimonde. Je viens d'ailleurs de relire ce cours, juste pour le plaisir :-)
En ce qui concerne le féminisme, j'ai beaucoup aimé l'analyse sur la série Desperate Housewives, que je connais le mieux parmi celles choisies. L'analyse explique en quoi la série n'est pas féministe : par exemple, Bree a beau avoir un travail, il ne s'agit toujours que de cuisine, tâche la plus souvent assignée aux femmes. C'était très intéressant à lire !
 
Cela a été amusant de retrouver le colloque d'un de mes chargés de travaux dirigés, Clemmy Friedrich, sur la série Battlestar Galactica. En effet, les intervenants sont des docteurs ou des doctorants (en droit ou en histoire-géographie) ou même des étudiantes, mais ce qui me paraît appréciable c'est le fait qu'ils ne soient pas forcément tous passionnés par les séries, certains avouant même les détester ! Le tout est fait avec humour et la présentation du livre et la forme peuvent vous en donner une idée. Chaque intervenant a été interrogé sur sa série préférée, celle qu'il juge la plus féministe, celle qui, selon lui, est la meilleure ode au démo-libéralisme... Ces questionnaires sont placés à la fin des colloques et j'ai trouvé cela très original !

=> Un livre intéressant, surprenant et enrichissant, qui montre que l'on peut allier deux sujets a priori distincts : la politique et les séries télévisées. Étant donné que je l'ai vu disponible dans ma médiathèque, il le sera peut-être dans la vôtre également. Les 24 heures du Droit tournent toujours autour de sujets originaux, tels que Droit(s) du football en avril 2014, et je vous invite donc à vous renseigner dessus.


Genre : colloques, études et rapports 
Publié en 2013
Pages : 183
Français

dimanche 27 septembre 2015

"Le temps des illusions - Chronique de la Cour et de la Ville 1715-1756" d'Evelyne Lever



À Paris, les courtisans se reçoivent et se montrent beaucoup plus communicatifs qu'à Versailles. Fuyant l'ennui, ils vont de salon en salon où la société est beaucoup plus variée qu'à la Cour. Ils cultivent leur esprit, forment leur goût et acquièrent de nouveaux plaisirs par la fréquentation des hommes de lettres, qu'ils ne considèrent plus comme des amuseurs mais comme des penseurs qui font passer leurs idées sur la science, la morale ou la philosophie dans une conversation enjouée.

Résumé : Versailles, Paris : deux mondes opposés qui ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Versailles, résidence du roi, séjour de la cour, est le lieu du pouvoir, de l’intrigue, de l’élégance et de toutes les convoitises, mais Paris, centre de l’Europe, rayonne d’une vie intellectuelle et artistique brillante. 
 Dans cette chronique détaillée au jour le jour, et parfois heure par heure, qui commence à la mort de Louis XIV (1715) et prend fin au milieu du siècle, Evelyne Lever nous entraîne dans un va-et-vient riche d’anecdotes du château à la capitale : de la galerie des Glaces et des petits appartements de Louis XV jusqu’aux ateliers des artisans en passant par les hôtels aristocratiques, les églises, les salons littéraires, les jardins, les théâtres. On participe ainsi aux fêtes, on voit les curieux s’amasser pour assister à l’exécution de Cartouche ou pour acclamer le roi surnommé le Bien-Aimé ; on se promène dans les quartiers de la capitale, mais on découvre aussi secrets d’alcôve et de famille, complots et scandales. L’auteur brosse avec talent des portraits du souverain, de sa famille, des courtisans, des philosophes, des artistes et aussi du petit peuple parisien. Elle dénoue les intrigues de la cour où le sexe se mêle à la politique, elle raconte les crises financières, expose les grandes orientations politiques du règne, écoute les revendications populaires. 
 C’est tout un monde qui s’anime et découvre, sous l’influence des philosophes, qu’il a droit au bonheur. 

Historienne, chercheur au CNRS, Evelyne Lever a publié chez Fayard Louis XVI (1985), Louis XVIII (1988), Marie-Antoinette (1991), Philippe-Égalité (1996), L’Affaire du collier (2004), C’était Marie-Antoinette (2006).

Mon avis : <3 <3

Je savais d'avance que cette lecture me plairait car étant passionnée par le XVIIIème siècle, c'est tout naturellement que je me suis tournée vers cet ouvrage. Je connais l'auteure, Evelyne Lever, pour l'avoir vu participer à des émissions historiques télévisées. J'aimais déjà beaucoup la manière qu'elle avait de parler oralement de l'histoire, alors sa plume ne m'a pas été indifférente non plus. Evelyne Lever est considérée comme une grande historienne et c'est avec hâte et joie que je me suis lancée dans son ouvrage.

La chronique est sans la doute la forme la plus adaptée pour parler d'un siècle en profondeur et surtout pour le comprendre. Comme l'indique le résumé, tout est relaté : la vie politique (les événements autant que les alliances), la vie culturelle (comprenant le théâtre, les fameux salons littéraires, les écrivains, les peintres...) et la religion. À mesure que l'on avance dans l'ouvrage, on a l'impression de regarder par la serrure d'une porte tellement le récit est vivant. Il faut dire que raconter les faits au présent ajoute du cachet.

Le récit commence en 1715, à la mort de Louis XIV. Le livre est divisé en chapitres, eux-mêmes subdivisés en paragraphes titrés, ce qui permet d'être face à un récit organisé selon le thème (politique, famille royale...). Didactique, l'ouvrage contient aussi une carte de 1715 et une généalogie pour que le lecteur puisse se retrouver aisément dans les affaires de famille. On suit donc le règne de Louis XV, qui doit beaucoup à la régence de Philippe d'Orléans, jusqu'en 1756. Ce livre m'a donc permis d'avoir un aperçu riche et intéressant du début du XVIIIème siècle en seulement 400 pages. Je commence à connaître pas mal l'histoire de ce siècle mais cette lecture m'a apporté de nouvelles connaissances dessus et a fait le point en terme de chronologie sur pas mal d'événements. Mes connaissances ont aussi été confirmé, telle que la mélancolie habituelle de Louis XV. En fait, j'ai davantage compris ce roi. On le suit de son enfance jusqu'à l'âge adulte. À vingt ans, il est déjà père de cinq enfants, ce qui fait que j'ai commencé à le comprendre et j'ai encore davantage réfléchi sur les moeurs de l'époque où l'on se mariait adolescents et où l'on avait des enfants très tôt. Pour les reines, leur "fonction principale" était de donner un héritier (les filles sont souvent vues comme des déceptions), ce qui me frappe toujours.

=> Cet ouvrage conviendra parfaitement aux passionné(e)s du XVIIIème siècle mais aussi à ceux et celles qui voudraient s'attarder un peu sur le début de ce siècle foisonnant, tout comme l'est ce livre. Pour sûr, ce ne sera pas le dernier ouvrage que je lirais d'Evelyne Lever !


Genre : Essai historique
Publié le 15/02/2012
Pages : 440
Français


Suite : Le crépuscule des rois, Chronique 1757-1789

samedi 12 septembre 2015

"Ces dames au salon - Féminisme et fêtes galantes au XVIIIè siècle" d'Anne-Marie Lugan Dardigna


Résumé : En France, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les salons tenus par des femmes telles que Mme du Deffand, Mme du Châtelet ou Mme d’Épinay furent les lieux privilégiés de leurs revendications à exister. 
 Mais que s’est-il donc passé, dans le cours de ce XVIIIe siècle dont on a dit qu’il était le siècle des femmes ? Leur règne s’est affirmé à travers l’existence de ces salons où elles ont accueilli et protégé durant des décennies les philosophes et les écrivains, porteurs des idées nouvelles. Pourtant, la Révolution les oublie dans la Déclaration des droits de l’homme. L’égalité ne sera pas pour cette moitié-là de la société. Comment le statut des femmes a-t-il été de nouveau occulté par la figure de la mère qui prime encore aujourd’hui ? 

 Anne-Marie Lugan Dardigna est chercheuse et une figure du féminisme. Elle a notamment publié Femmes femmes sur papier glacé et, sur la littérature du xxe siècle, Les Châteaux d’Éros ou l’Infortune du sexe des femmes.

Mon avis : <3 <3 <3

Ce livre est sans doute celui que j'avais le plus envie de découvrir cet été. C'est désormais chose faite ! Je me suis régalée durant ma lecture. Il faut savoir que les salons littéraires sont un des sujets qui me passionnent le plus, sans oublier la Préciosité, qui est également évoquée dans cet ouvrage.

Cet essai porte sur les salons littéraires du XVIIIème siècle, mais l'auteure revient également sur les débuts des salons littéraires, c'est-à-dire au XVIIème siècle avec les fameuses Précieuses. Voici la première raison pour laquelle je vous le conseille. On peut aisément ne rien connaître à la vie culturelle du XVIIIème siècle et se lancer dans cette lecture car l'écrivaine explique tout et de manière claire. Le récit est très fluide et les pages se tournent aisément. Cependant, je regrette qu'il y ait si peu de pages. En effet, pour un sujet aussi passionnant, j'aurai pu lire sept cent pages ! Ma lecture s'est faite en deux jours seulement alors que lui consacrer plus de temps ne m'aurait pas dérangée le moins du monde.

Lorsque je dis que je me suis régalée lors de ma lecture, c'est que le sujet m'intéresse énormément. Les salons ont été des places essentielles au XVIIIème siècle ; ils comprenaient des écrivains, des philosophes, des artistes mais aussi des voyageurs célèbres, des diplomates et des mécènes. L'auteure parle, peut-être trop brièvement cependant, des salonnières les plus importantes du XVIIIème siècle : Mme de Lambert, Mme de Tencin, Mme du Deffand et Mme de Geoffrin. Chacune avait une personnalité singulière et par la tenue de leurs salons, elle ont fait faire un pas en avant pour la situation de la femme dans la société. J'ai donc davantage compris ce qui fait la particularité de ces femmes : elles revendiquaient une nouvelle version de "l'amour courtois" contre le désir. Il est aussi question de la maternité. Si les femmes étaient vues comme des procréatrices, les plus aisées d'entre elles ne s'occupaient pas pour autant de leurs enfants, qui étaient alors confiés à des nourrices. La célèbre Mme de Tencin a même abandonné son fils, le futur d'Alembert. Mais si une noble femme faisait le choix de vouloir élever ses enfants, on le lui refusait, telle Louise d'Épinay qui se vit refuser cette envie à cause de sa famille qui s'y refusait. Quel siècle tout de même !

Vie culturelle, maternité, relation mère-fille, éducation, les femmes sont au coeur de ce livre, et c'est la deuxième raison pour laquelle je vous le recommande. C'est aussi l'occasion de comprendre la Révolution française sous un autre aspect, Anne-Marie Lugan Dardigna consacrant le dernier chapitre aux femmes sous la Révolution, avec des figures telles que Mme Roland, Olympe de Gouges ou encore Théroigne de Méricourt.

Si le livre est trop court, il a néanmoins été un coup de coeur. Durant ma lecture, je n'ai cessé de me dire que c'était PAS-SION-NANT !

=> Si les salons littéraires, l'histoire des femmes ou encore le XVIIIème siècle vous intéressent, ce livre est celui qu'il vous faut ! Je garde ce livre à portée de main pour y revenir dès que cela me sera nécessaire.


Genre : Essai
Publié le 1er octobre 2014
Pages : 185
Français

mardi 1 septembre 2015

"Secrets d'Histoire 4" de Stéphane Bern


Résumé : « Arpenter les chemins escarpés de l’Histoire, pénétrer la pensée de ceux qui l’ont incarnée pour en saisir le cheminement est une aventure passionnante. Nous croyons tout savoir d’un personnage, d’un lieu, d’une époque, et pourtant, nous nous laissons encore surprendre. Femmes éprises de liberté ou amoureuses allant au bout de leur passion comme Caroline-Mathilde de Danemark, George Sand, Camille Claudel ou Aliénor d’Aquitaine ; ambitieuses et volontaires comme Eva Perón ou Diane de Poitiers. Sans oublier le rêve de gloire de La Fayette, le caractère ombrageux de Charles Quint, la troublante passion de Charles IX, l’énigme de Richelieu, puissant ministre que Victor Hugo appelait ‟ l’homme à la main sanglante, à la robe écarlate ”, le mystère de la vie de Nostradamus ou la malédiction des Kennedy… S’attacher aux pas de ces personnages hauts en couleur, c’est aussi retrouver dans l’Histoire le souffle de l’épopée qui manque tant à notre époque. 

Mes nouveaux Secrets d’Histoire, enrichis d’encadrés, se racontent, s’écrivent et se vivent aussi sur les lieux où l’Histoire s’est produite. Du Vatican au palais princier de Monaco, je vous invite, en laissant parler les murs, à la découverte de lieux exceptionnels, souvent méconnus. » 

Stéphane Bern

Mon avis : <3 <3

Ce livre est tiré de l'émission télévisée Secrets d'Histoire diffusée sur France 2 et que vous connaissez sans doute. J'apprécie de regarder ces émissions mais n'ayant pas la télévision la plupart du temps, je me suis rendue compte, à la lecture de ce tome, que j'avais manqué pas mal de sujets. J'ai déjà lu les trois tomes précédents donc je connais bien la forme privilégiée par l'auteur. J'ai pris du retard et je viens seulement de lire le tome 4, puis ce sera au tour du tome 5 dans quelques temps. Mais penchons-nous sur ce quatrième opus. La nouveauté de ce tome-ci ? Les encadrés, qui portent sur des endroits chargés d'Histoire et en lien avec le sujet. Situés à la fin des chapitres, ils sont intéressants et donnent bien évidemment envie de visiter ces lieux ! Je félicite donc Stéphane Bern pour cette initiative.

J'ai été très enthousiaste par la découverte de l'Histoire de certains pays tels que Monaco, l'Espagne, la Belgique, l'Argentine, le Danemark... et ce par l'intermédiaire de personnages historiques particuliers. Je me suis ainsi fait la réflexion que je connais surtout l'Histoire de France et peu celle d'autres pays. Cette entrée en matière a donc été des plus plaisantes.

Ce que j'aime également avec les Secrets d'Histoire, c'est d'avoir une biographie sur un personnage en peu de pages, ce qui donne ensuite envie (ou pas) de se documenter davantage sur la personne en question. Ces livres sont toujours l'occasion de découvrir des personnes qui ont marqué l'Histoire et dont on ne parle jamais, par exemple la princesse Louise de Belgique ou encore Caroline-Mathilde de Danemark dont le destin est tragique. Vous l'aurez compris, ce tome-ci est une porte ouverte sur une Histoire que nous connaissons moins et que nous n'avons pas dans nos programmes scolaires, celle des pays étrangers. De plus, les sujets ont l'avantage sur des personnes très diverses : personnages royaux, politiciens ou encore écrivains, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais !

=> Un livre rempli d'érudition, pour mon plus grand bonheur ! Je le conseille à tous les passionnés d'Histoire (et je sais qu'il y en a qui passeront par ici). C'est aussi le livre idéal à offrir pour faire aimer l'Histoire (ou tenter de le faire) !


Genre : Essai
Publié en octobre 2013
Pages : 360
Français