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dimanche 1 mars 2015

"Chronique d'un été" de Jean Rouch et Edgar Morin


FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Jean Rouch, Edgar Morin
Scénario : Edgar Morin, Jean Rouch
Genre : Documentaire
Sortie en 1961
Nationalité : Français
Studios de production : Argos Films
Avec Edgar Morin, Jean Rouch, Angelo, Régis Debray, Landry, Marceline Loridan-Ivens, Marilù Parolini
Chefs opérateurs : Raoul Coutard, Michel Brault
Durée : 85 minutes
Noir et Blanc, 16 mm
Prix de la critique au Festival de Cannes en 1961


Les réalisateurs :


Jean ROUCH (1917-2004) est un cinéaste et ethnologue français, pionnier de "l'anthropologie visuelle". Il est allé en Afrique, dans les tribus, alors qu'il était ingénieur des travaux publics. Il a également suivi des cours d'ethnologie. Chronique d'un été est son cinquième film.

Edgar MORIN (né en 1921; cf. vidéo à droite ci-dessous) est un sociologue et philosophe français. Il a été directeur de recherche émérite au CNRS.

Extrait du début du film (éditions montparnasse) :


Résumé : Durant l'été 1960, Jean Rouch et Edgard Morin discutent d'un film à faire, un film qui interrogerait la société française. Ils lancent dans les rues deux jeunes filles avec pour mission de demander aux passants s'ils sont heureux. Certains les insultent, d'autres rient ou fuient, mais beaucoup se prêtent au jeu. Le film se concentre ensuite autour d'une poignée de personnages qui, chacun à leur manière, répondent à la question : « Comment faites-vous avec la vie ? » De leurs discussions émerge peu à peu un portrait d’une France à cheval entre deux décennies, entre deux moments de son histoire.

"Êtes-vous heureux ?"

Mon avis : X
  Ce film documentaire ne m'a pas plu, même s'il recèle beaucoup de choses intéressantes sur la société française du début des années 1960. Ce retour en arrière est impressionnant car cela permet de connaître les problèmes de l'époque par ceux qui les ont vécu (certains de ces problèmes n'ont pas totalement disparus de notre société) et surtout de mettre en relief avec Mai 1968 qui se déroule sept ans après ce film !
  J'ai adoré le début où deux protagonistes femmes demandent aux gens s'ils sont heureux. Les réactions ne m'étonnent pas : certaines les envoient promener, d'autres leur répondent oui et d'autres encore non. C'est une question centrale et elle m'intéresse beaucoup. Cela m'amuserait de refaire la même chose aujourd'hui !
  "Ce film n'a pas été joué par des acteurs, mais vécu par des hommes et des femmes qui ont donné des moments de leur existence à une expérience nouvelle de cinéma-vérité" expliquera Jean Rouch. Les vies des personnages sont normales à première vue et surprenantes au fur et à mesure qu'on avance. Par exemple, on voit un numéro sur le bras de Marceline sans que cela soit expliqué puis elle raconte par la suite, place de la Concorde à Paris, ses retrouvailles avec son père dans un camp de concentration où elle a été déporté. Un des portraits frappants est aussi celui de Marilù Parolini, une immigrée italienne déprimée. On la voit trembler, pleurer devant la caméra, ce qui est très touchant et en tant que cinéphile je me suis interrogée car elle s'est énormément libérée devant la caméra alors que, dans les documentaires en général, ce sont des gens non habitués à parler devant la caméra et ils en sont souvent intimidés ou gênés. Marilù, non. Qu'elle s'en sorte est seulement suggéré car à ce moment-là on a seulement les images et pas de commentaires en voix-off. Il y a également l'ouvrier de Renault, Angelo, que j'arrive à bien comprendre car j'ai moi-même travaillé en usine quelques mois et je sais quelles sont les conditions de travail et le ressenti face à ce type de travail : la monotonie et le fait de se sentir "comme une machine".

=> Si le film me promettait un bon moment au commencement, j'ai moins accroché sur certaines parties. Si la période vous intéresse, regardez-le, mais sinon je ne vous le conseille pas forcément.


Pour en savoir plus sur le film :

Cours de cinéma: "Chronique d'un été" par... par forumdesimages
Cours d'Elizabeth Lequeret, forum des images du 16 avril 2007


Sources résumé et photo : dvdclassik

samedi 17 janvier 2015

Garry Winogrand et la société américaine des années 1950-1970

Le photographe

Garry Winogrand (1928-1984), photographe américain de l'après-guerre, est un artiste singulier dans le sens où il a pris de multiples photographies... sans les avoir toutes vues. Il aimait photographier à la hâte et préférait plutôt réaliser des prises de vue que de les trier, les exposer ou les publier. C'est pourquoi il a laissé 6 600 rouleaux de pellicule sur lesquelles il n'a jamais travaillé. Lors de la vidéo présentée au Musée, il a affirmé qu'il ne faisait pas de choix mais qu'il préférait acquiescer. Le commissaire invité pour l'exposition, Leo Rubinfien, a donc du visionner 22 000 planches-contacts qui étaient alors conservées au Center for Creative Photography, à l'Université d'Arizona (Tucson). 

Les photographies datent des années 1950 aux années 1970, et les scènes se déroulent aussi bien à New York où est né Winogrand, qu'à Dallas, Los Angeles, au Texas ou encore en Californie. Ces scènes donnent un aperçu de la vie quotidienne de ces années-là : dans les bus, les magasins, à l'aéroport... et même les rassemblements politiques, dont ceux de Richard Nixon.
Après 1971, ses photographies perdent de leur tonalité. En 1984, à 56 ans, il est atteint d'un cancer incurable et meurt un mois après avoir appris la terrible nouvelle.


Les photos étant interdites, j'ai dû les prendre sur internet. J'espère quand même que grâce à ce que j'ai trouvé vous aurez un petit aperçu de l'oeuvre de l'artiste.

Metropolitan Opera, New York, vers 1951


Los Angeles
1964

Los Angeles
1960





Pour finir, une photo que je trouve magnifique :

New York
1961
Tirage d'époque


Le titre que j'ai donné à cet article dit assez bien ce que je retiens de cette exposition : elle nous offre un panorama de la vie américaine de ces années et c'est cela que je trouve magnifique. Voir New York et toutes ces villes américaines dans lesquelles je ne suis jamais allées mais dans une autre époque, découvrir que les cafés américains (je n'ai malheureusement pas trouvée les photos pour vous les montrer) ressemblent exactement à ceux des films, avoir une vue de la mode d'époque (j'ai adoré, les perles étaient de sortie en plus !). Voici les raisons pour lesquelles j'ai aimé ces photographies. Savoir que le photographe n'a même pas tirer ou vu ses photos me surprend énormément et je pense que c'est ce que je vais retenir de lui. Le point plus négatif pour une visiteuse comme moi c'est qu'il n'y aucun renseignement par rapport aux photographies, c'est donc au visiteur d'interpréter lui-même la scène photographiée. Je trouve cela assez difficile, j'aime beaucoup avoir des écriteaux et savoir ce qu'il se passait vraiment au moment de la prise de vue. Dans la vidéo du musée, Garry Winogrand précise qu'il n'avait pas le temps de parler avec ses sujets.
Je suis satisfaite par cette exposition que je vous conseille, rien que pour vous immerger dans un autre pays, et dans une autre époque.


Garry Winogrand
Musée  du Jeu de Paume
14/10/2014 - 08/02/2015
Paris 8