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lundi 3 juillet 2017

"Une vie" de Simone Veil



Résumé : Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée en France et à l'étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s'y montre telle qu'elle est : libre, véhémente, sereine.

Mon avis : <3 <3

  Simone Veil vient malheureusement de nous quitter. Je ne sais comment lui rendre hommage, elle qui a tellement fait pour nous. Elle est un véritable modèle pour notre société et les générations futures. Cette lecture m'a démontré que je ne la connaissais pas suffisamment. Je n'ignorais pas son passé de déporté, mais bien tout de son impressionnante carrière politique !

Dans son autobiographie, Simone Veil se livre, et c'est beaucoup. Elle commence par évoquer son enfance, à Nice, où elle a grandit. Puis arrive la déportation, un passé tragique dont elle nous parle avec beaucoup de courage. Ses paroles de déporté ont une telle valeur ! Simone Veil évoque ainsi les camps. Elle a connu le camp de Drancy puis celui d'Auschwitz-Birkenau et subit la marche de la mort jusqu'à Bergen-Belsen. Quel courage il a fallu pour endurer tout cela !

Le livre crée comme une coupure entre ce passé et le moment où sa vie politique commence. Elle met comme un fossé entre les deux. Du courage, elle en a eu aussi ensuite ont tant que femme politique. Je suis aussi admirative de son parcours : elle est diplômée de l'Institut d'Études politiques puis de l'École Nationale de la Magistrature. À cause de son mari, elle devient magistrate, et non avocate comme elle le souhaitait. Pourtant, elle sait s'imposer. On lui doit une liberté primordiale : elle a fait voter la loi sur l'interruption volontaire de grossesse en 1974. 

Son livre permet ainsi de découvrir une femme politique. D'abord ministre de la santé, elle devient ensuite députée européenne, présidente du parlement européen (rien que ça), à nouveau ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville puis membre du Conseil constitutionnel, Simone Veil a effectué une très belle carrière. Elle nous raconte ainsi comment se sont passées ses années à ses différents postes. Elle développe beaucoup sur l'IVG, ce qui est très intéressant puisqu'elle est reconnue pour cette action mémorable. Maintenant, je vous le demande : comment parler de ce livre sans faire l'éloge de la personne qui l'a écrit ? 

C'est amusant de voir qu'en politique, elle n'avait pas vraiment de parti. Libre un jour, livre toujours. Elle dit ce qu'elle pense des hommes politiques avec qui elle a pu travailler ou côtoyer : Jacques Chirac qui l'a soutenu pour l'IVG, Nicolas Sarkozy qu'elle trouvait atypique... Ce livre a un apport impressionnant sur la politique et mérite votre attention. J'ai lu dans la presse que des personnes ne savent pas qui elle était ni ce qu'elle a fait, j'aimerai donc que l'on rende cette autobiographie obligatoire !

=> Simone Veil a beaucoup apporté à la société française, c'est indéniable. Ce livre autobiographique est là pour le rappeler. Place dans l'Histoire, carrière politique... une lecture indispensable pour connaître la grande femme qu'était Simone Veil !


Genre : Autobiographie
Publié en 2007
Pages : 343
Français 

jeudi 15 septembre 2016

"Madame Royale" d'Anne Muratori-Philip



À l'évocation d'une libération prochaine, Madame Royale répond : "J'éprouve encore de la consolation en habitant un pays où reposent les cendres de ce que j'ai de plus cher au monde". Puis elle ajoute en fondant en larmes : "J'aurais été plus heureuse de partager le sort de mes parents que d'être condamnée à les pleurer".

Résumé : Marie-Thérèse Charlotte, « Madame Royale », voit le jour le 19 décembre 1778. Hélas, pour la fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette, les bonheurs d’enfance s’effondrent avec la Révolution. Le 13 août 1792, la famille royale est emprisonnée dans l’horrible forteresse du Temple. Le 21 janvier 1793, on guillotine le roi ; sa soeur et la reine le suivent quelques mois plus tard. Madame Royale est épargnée mais séparée de son petit frère, l’éphémère Louis XVII, qui mourra de mauvais traitements sans jamais la revoir. Isolée, privée de tout, terrorisée, la jeune princesse s’enfonce dans un long enfer. Fin 1794, les fureurs révolutionnaires s’apaisent et le peuple de Paris s’attendrit sur cette adolescente qui devient l’héroïne des gazettes. Dans le même temps, les cours d’Europe se la disputent. Au terme de longues négociations, faussement secrètes et parfois scabreuses, « Madame Royale » est libérée le 18 décembre 1795. Elle a tout juste dix-sept ans. Accueillie à Vienne par sa famille maternelle, la fille de Louis XVI pourrait se libérer de son terrible passé. Mais elle ne veut pas renoncer à la France. Encore moins à sa filiation ! Ne serait-ce que pour contrôler les ambitions royales de son oncle, le futur Louis XVIII, dont elle a découvert les manigances… À partir de mémoires et de souvenirs d’époque, Anne Muratori-Philip retrace avec brio et minutie les épisodes tragiques, mais aussi romanesques et politiques de la prisonnière du Temple, avant qu’elle ne devienne duchesse d’Angoulême. Anne Muratori-Philip est docteur en sociologie de l’information, diplômée en Sciences politiques, Histoire et Histoire de l’art. Ancien grand reporter au Figaro, membre correspondant de l’Institut, elle est l’auteur d’ouvrages historiques et de plusieurs biographies, notamment Parmentier (Plon, 2006), Marie Leszczynska (Pygmalion, 2010) et Le roi Stanislas (Fayard, 2000).

Mon avis : <3 <3

   Une aussi jolie appellation que Madame Royale ne pouvait aller qu'au premier enfant du couple royal constitué par Marie-Antoinette et Louis XVI. Je suis fascinée par Marie-Antoinette mais cet intérêt ne me fait pas oublier non plus de m'intéresser à sa famille et à ceux qui l'ont entourés. Marie-Thérèse Charlotte de France (les prénoms étaient plus que composés à l'époque !) est née le 19 décembre 1778 à Versailles. Le premier enfant du couple royal était très attendu car ils ont mis un certain temps à consommer leur union... Sa naissance a pourtant causé des déceptions car, pour la succession, il fallait un fils (maudit système !). Quoi qu'il en soit, je trouve que la personnalité de Marie-Thérèse est surprenante. Quel caractère quand elle était enfant ! Le livre raconte quelques petites anecdotes qui valent le détour. Anne Muratori-Philip narre l'ensemble en grandes parties avec des chapitres et dans chacun, la vie de la princesse est racontée par paragraphes. La lecture est fluide et se veut le plus explicative possible. Ce livre est donc assez accessible.

La figure de Madame Royale m'a toujours énormément intriguée. Je ne savais pas grand-chose d'elle, d'où la nécessité de cette lecture. C'est comme si j'avais lu un livre sur Marie-Antoinette, dont la destinée ne me laisse jamais de glace à chaque fois que je relis ses dernières années tragiques - j'ai donc été énormément touché par cette histoire. Marie-Thérèse est la seule survivante de la famille royale. Son père Louis XVI, sa mère Marie-Antoinette, son frère Louis XVII, sa tante Madame Élisabeth (soeur de Louis XVI) sont morts durant la période mouvementée de la Révolution française, sans oublier tous les proches qui ont fui ou ont eux-mêmes subit la fougue des révolutionnaires. Jusqu'à l'enfermement en prison de la famille royale, je connaissais à peu près l'Histoire. Ensuite, je ne savais pas ce qu'était devenue la "survivante". C'est ce que ce livre permet justement de savoir, entre autres. J'ai été horriblement troublée lorsqu'elle se retrouve seule, non seulement dans la prison (elle ne sait pas tout de suite ce qu'il est advenu de sa famille), mais dans sa vie. Elle retrouvera une dame de compagnie etc, mais plus ne sera jamais comme avant. Elle a tout perdu et j'en suis tellement triste !

Une fois libérée, elle part en Autriche, et retrouve ainsi la famille de sa mère. Elle a des tas de cousins et cousines mais se sent toujours française. Ce qui rend sa personnalité encore plus impressionnante est de savoir que Madame Royale a dit pardonner aux révolutionnaires (!) et qu'elle se sentait Française plus que jamais. Elle a donc suivi les conseils de son oncle Louis XVIII, plutôt que ceux de sa famille en Autriche.

Marie-Thérèse s'est mariée au duc d'Angoulême, ce que j'ignorais. Mon autre grande tristesse est de savoir que Marie-Thérèse n'a pas eu d'enfants - l'auteure expliquant que cela est dû à ses années terribles en prison (de quoi se rendre compte à quel point ils ont été maltraités !). Ce qui veut aussi dire que Marie-Antoinette n'a pas eu de descendance. Comment ne pas souffrir devant cette famille assassinée et brisée ! Le récit m'a vraiment troublé. J'aimerais lire d'autres ouvrages sur Madame Royale, l'auteure terminant son livre en expliquant que les techniques du XXIe siècle pourrait nous permettre d'en apprendre plus.

On découvre que plusieurs femmes se sont présentées comme étant Madame Royale. Cela est surprenant car pour avoir une telle idée, je me dis qu'il y a peut-être une part de vérité. Je ne sais pas vous, mais moi cela me manque souvent de ne pas pouvoir poser directement mes questions à des historiens !

Des surprises, il y a en eu des tas dans ce livre. J'ai appris tout ce qu'il faut savoir sur cette princesse (il faut dire que je ne savais rien aussi). Je suis étonnée par exemple qu'elle n'ait pas voulu saisir la chance de devenir Reine de France. De 1, elle aurait était une femme à la tête de la France, enfin ! De 2, elle aurait pu punir ceux qui ont tué sa famille (ou pas). De 3, elle aurait pu changer les choses pour faire en sorte que ce qui est arrivé à sa famille ne se reproduise pas. Je souhaiterai vivement lire son journal, pour être au plus près de ses impressions et de ses sentiments par rapport à ce qu'elle a vécu.

=> Une belle biographie sur Marie-Thérèse de France, la seule survivante de la famille de Marie-Antoinette. Sa destinée, pourtant tragique, est brillamment racontée par la plume d'Anne Muratori-Philip. Si vous avez ne serait-ce qu'un petit intérêt pour l'Histoire, lisez ce livre !



Genre : Biographique d'un personnage historique
Publié le 20 janvier 2016
Pages :  332
Français


++ À écouter : émission Au coeur de l'histoire du 31/03/2016 Mme Royale, la survivante, avec pour invitée, Anne Muratori-Philip elle-même.

jeudi 12 mars 2015

"François Ier et la Renaissance" de Gonzague Saint Bris


Résumé : Marignan, Chambord, Vinci, en trois mots, on croit avoir tout dit sur François Ier. Mais, au fond, connaît-on vraiment ce roi qui n'aurait jamais dû accéder au trône ? Au-delà de l'image convenue du roi chevalier, on découvre un protecteur des arts, féru de philosophie, poète accompli, dessinateur et architecte novateur. C'est aussi un politique visionnaire, à l'écoute des hommes et de la nature, qui lui inspirent une nouvelle façon de régner. Du triomphe de la première campagne d'Italie au désastre de Pavie, de l'entrevue du Camp du Drap d'or à la captivité à Madrid, François Ier reste un prince passionnant qui, dans la victoire comme dans l'échec, domine la galaxie de la Renaissance.

Mon avis : <3 <3
  Parce que j'ai vu ce livre sur un blog et qu'il y a deux ans j'ai eu ma "période François Ier" grâce à l'émission de Secrets d'Histoire qui lui était entièrement dédiée et ma visite du château du Chambord, je l'ai acheté. Il m'a coûté 4 € 50 d'occasion au lieu de 22 €, ce qui est un bon point. J'ai bien fait car j'ai appris beaucoup de choses. Jusque là, ce n'était pas dans mes habitudes de lire des biographies (ce livre n'est pas qu'une biographie cependant) de personnages historiques mais c'est le meilleur moyen pour en savoir plus sur l'Histoire.
   Je connaissais certaines choses sur François Ier mais il y a en d'autres que j'ignorais totalement : les noms de ses maîtresses, le fait qu'il est le premier souverain à avoir accordé une place aux femmes à table en suivant l'exemple d'une femme puis d'un homme... L'ouvrage est très bien conçu car chaque chapitre raconte un événement majeur de sa vie et à la fin des chapitres on trouve un encadré où l'auteur rappelle les noms et oeuvres des grands hommes de la Renaissance tels que Pierre de Ronsard, Nostradamus, François Rabelais... J'ai beaucoup aimé parce que cela permet de se faire un panorama de l'atmosphère intellectuelle dans laquelle a vécu François Ier. J'ai aussi adoré les sources ajoutées au récit : les correspondances du roi, les poèmes des grand Clément Marot ou encore mieux, les poèmes de François Ier !! Ce n'est donc pas seulement l'envie de faire connaître
   Au niveau de la forme, j'ai rencontré deux difficultés : mon livre avait des erreurs d'impression, des virgules mal placées (en tant que bons lecteurs on en rencontre souvent), et la personne qui a acheté ce livre avant moi a noté deux ou trois remarques négatives, ce qui m'a un peu perturbé dans ma lecture car, lorsque j'achète ou lis des livres historiques, j'aime que ceux-ci soient les plus fidèles possibles à la vérité et le fait que cette personne n'est vraisemblablement pas aimé ce livre m'a déstabilisée.
  
=> Je vous conseille ce livre, qui est très accessible et intéressant pour qui s'intéresse à François Ier.


Genre : Biographie de François Ier, roi de France
Publié en 2008
Pages : 385
Français


Pour résumé : 

Femmes de François Ier : 
  • Claude de France (1514-1524)
  • Éléonore de Hasbourg (1530-1547)
Ses maîtresses officielles : 
  • Françoise de Foix, comtesse de Chateaubriant
  • Anne de Pisseleu
Prédécesseur : Louis XII
Successeur : Henri II, son fils

dimanche 1 mars 2015

"Chronique d'un été" de Jean Rouch et Edgar Morin


FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Jean Rouch, Edgar Morin
Scénario : Edgar Morin, Jean Rouch
Genre : Documentaire
Sortie en 1961
Nationalité : Français
Studios de production : Argos Films
Avec Edgar Morin, Jean Rouch, Angelo, Régis Debray, Landry, Marceline Loridan-Ivens, Marilù Parolini
Chefs opérateurs : Raoul Coutard, Michel Brault
Durée : 85 minutes
Noir et Blanc, 16 mm
Prix de la critique au Festival de Cannes en 1961


Les réalisateurs :


Jean ROUCH (1917-2004) est un cinéaste et ethnologue français, pionnier de "l'anthropologie visuelle". Il est allé en Afrique, dans les tribus, alors qu'il était ingénieur des travaux publics. Il a également suivi des cours d'ethnologie. Chronique d'un été est son cinquième film.

Edgar MORIN (né en 1921; cf. vidéo à droite ci-dessous) est un sociologue et philosophe français. Il a été directeur de recherche émérite au CNRS.

Extrait du début du film (éditions montparnasse) :


Résumé : Durant l'été 1960, Jean Rouch et Edgard Morin discutent d'un film à faire, un film qui interrogerait la société française. Ils lancent dans les rues deux jeunes filles avec pour mission de demander aux passants s'ils sont heureux. Certains les insultent, d'autres rient ou fuient, mais beaucoup se prêtent au jeu. Le film se concentre ensuite autour d'une poignée de personnages qui, chacun à leur manière, répondent à la question : « Comment faites-vous avec la vie ? » De leurs discussions émerge peu à peu un portrait d’une France à cheval entre deux décennies, entre deux moments de son histoire.

"Êtes-vous heureux ?"

Mon avis : X
  Ce film documentaire ne m'a pas plu, même s'il recèle beaucoup de choses intéressantes sur la société française du début des années 1960. Ce retour en arrière est impressionnant car cela permet de connaître les problèmes de l'époque par ceux qui les ont vécu (certains de ces problèmes n'ont pas totalement disparus de notre société) et surtout de mettre en relief avec Mai 1968 qui se déroule sept ans après ce film !
  J'ai adoré le début où deux protagonistes femmes demandent aux gens s'ils sont heureux. Les réactions ne m'étonnent pas : certaines les envoient promener, d'autres leur répondent oui et d'autres encore non. C'est une question centrale et elle m'intéresse beaucoup. Cela m'amuserait de refaire la même chose aujourd'hui !
  "Ce film n'a pas été joué par des acteurs, mais vécu par des hommes et des femmes qui ont donné des moments de leur existence à une expérience nouvelle de cinéma-vérité" expliquera Jean Rouch. Les vies des personnages sont normales à première vue et surprenantes au fur et à mesure qu'on avance. Par exemple, on voit un numéro sur le bras de Marceline sans que cela soit expliqué puis elle raconte par la suite, place de la Concorde à Paris, ses retrouvailles avec son père dans un camp de concentration où elle a été déporté. Un des portraits frappants est aussi celui de Marilù Parolini, une immigrée italienne déprimée. On la voit trembler, pleurer devant la caméra, ce qui est très touchant et en tant que cinéphile je me suis interrogée car elle s'est énormément libérée devant la caméra alors que, dans les documentaires en général, ce sont des gens non habitués à parler devant la caméra et ils en sont souvent intimidés ou gênés. Marilù, non. Qu'elle s'en sorte est seulement suggéré car à ce moment-là on a seulement les images et pas de commentaires en voix-off. Il y a également l'ouvrier de Renault, Angelo, que j'arrive à bien comprendre car j'ai moi-même travaillé en usine quelques mois et je sais quelles sont les conditions de travail et le ressenti face à ce type de travail : la monotonie et le fait de se sentir "comme une machine".

=> Si le film me promettait un bon moment au commencement, j'ai moins accroché sur certaines parties. Si la période vous intéresse, regardez-le, mais sinon je ne vous le conseille pas forcément.


Pour en savoir plus sur le film :

Cours de cinéma: "Chronique d'un été" par... par forumdesimages
Cours d'Elizabeth Lequeret, forum des images du 16 avril 2007


Sources résumé et photo : dvdclassik