samedi 23 avril 2016

"Les Damnés de Paris" de Michaël Le Galli et Marie Jaffredo



Résumé : Une ville. Trois destins. 

Paris, mai 1869. Constance Desprez arrive de province à la gare Saint-Lazare. Décontenancée par la foule et l’agitation de la capitale, elle parvient à surmonter ses craintes, portée par un seul objectif : retrouver son fils, placé dès sa naissance dans un orphelinat. Pour l’aider dans sa quête, elle s’appuie sur Darius, gavroche espiègle, et sa parfaite connaissance du « Paris populaire », et André Gill, célèbre caricaturiste au journal L’Éclipse qui lui ouvre les portes du « Paris mondain ». Les trois protagonistes sont en scène, le drame peut se jouer, nul n’en sortira indemne… 

Michaël Le Galli et Marie Jaffredo se sont inspirés d’œuvres picturales et photographiques de l’époque pour nous offrir le décor plus vrai que nature des Damnés de Paris. Le Paris fascinant de la fin du XIXe siècle et des grands travaux d’Haussmann ; le Paris des impressionnistes et des écrivains, dont Émile Zola sert de référence à cette histoire ; le Paris des débuts de la photographie avec Nadar. Mais aussi un Paris au bord du gouffre, précédant de peu les événements de la Commune, la guerre et le déclin du Second Empire.

Dans la bulle en bas à droite, Monsieur Émile Zola


Mon avis : <3 <3 <3

J'ai découvert ce livre sur l'instagram d'une blogeuse et c'est donc le titre, la couverture et la description qu'elle en donnait qui me plaisaient. Cette bande dessinée a été très plaisante à lire. L'histoire se passe au XIXe siècle, à Paris qui plus est, le cadre est ainsi déjà attirant. En plus, on sent le travail qui a été effectué pour les dessins car ils ont été inspiré par des photographies d'époques et des peintures. De plus, il y a une bibliographie à la fin et quelques pages montrent les études et les recherches. Première raison pour que vous vous lanciez dans cette lecture.

J'ai été enchantée par ce livre car on y retrouve toutes les figures connues de l'époque tels que les écrivains (Émile Zola, Jules Vallès), les peintres (Claude Monet)... Les références sont très présentes et comme j'adore le XIXe siècle (et tout particulièrement Émile Zola), je n'ai pu qu'adorer le fond de la BD.

L'histoire en elle-même m'a bien plu. Constance Desprez quitte sa province pour venir à Paris. Elle n'y vient pas sans raison et c'est cette quête que le lecteur est amené à suivre au fil des bulles. L'histoire est prenante et la quête semble parfois abandonnée, puis on y revient. Ce que j'ai le plus aimé est le fait que je pensais que tout irait désormais pour le mieux, mais en fait, cela ne va pas durer... C'est dommage pour Darius ! Les personnages sont attachants, notamment le petit Darius !

=> Une bande dessinée que j'encourage tous les passionnés de littérature du XIXe siècle à lire. Entre les dessins et l'histoire, il n'y a rien qui puisse vous décevoir !




Genre : Bande dessinée
Publié en 2014
Pages : 120
Français

jeudi 14 avril 2016

"Jeunesse perdue" de Daphné du Maurier

Titre original : I'll never be young again


"Être jeune, c'est une chose que tu ne comprendras, dit-il, que quand tu ne le seras plus, et ce sera alors comme un éclair qui te laissera un peu plus sage qu'avant. Mais, si tu écoutes bien, tu entendras dans l'air comme l'écho d'une chose perdue, comme un oiseau dont on ne peut définir la chanson, trop haut, trop loin, pour qu'on l'atteigne, et qui dit : Je ne serai plus jamais jeune, je ne serai plus jamais jeune."
(Jack à Richard/Dick, page 19)

Je lui étais supérieur par ma connaissance de la souffrance. Il ne savait pas ce que c'était.

Mon avis : <3

Jeunesse perdue n'était pas une lecture prévue mais en allant faire un tour dans mes livres à vendre, je suis tombée sur ce petit livre. J'ignorais que je l'avais car j'ai découvert l'auteure seulement cette année grâce à la blogosphère - je me disais alors "bonne surprise !".

Malheureusement, je n'ai pas été transportée par l'histoire car si la première partie nous fait voyager, la deuxième partie contient peu d'actions. J'ai cependant apprécié deux choses : l'écriture de Daphné du Maurier, et son personnage principal, Richard.
L'écriture m'a semblée vive et chaque mot me renvoyait à une image. J'avais bien en tête limages des personnages, les lieux... La première partie se déroule un moment à Stockholm et y étant allée en octobre dernier, cela m'a beaucoup aidé pour imaginer le récit. La première partie est la plus prenante du livre car on voyage. Découvrir l'histoire de Jack, l'homme qui a sauvé Richard du suicide, a été un vrai plaisir. Les suivre dans leur périple en mer est également amusant. On part ainsi à "l'aventure". Mais si cette première partie est mobile, la deuxième l'est beaucoup moins. Richard rencontre une femme et se met à la rédaction de son roman. Il y a peu de mouvements dans l'histoire et la tournure de la relation entre Richard et la femme est sans surprise.

Comme je le disais, j'ai beaucoup aimé le personnage principal, Richard. Tout d'abord, parce qu'il a vingt-et-un ans mais qu'il n'est pas heureux. Une rencontre propice, celle de Jack, le sauve de la mort. En effet, Richard a un père qui est un poète très célèbre et cela pèse énormément sur ses épaules. Je comprenais ce poids et je n'y voyais pas vraiment de remède. Je me suis sentie très proche de ce personnage, sans forcément de grande raison. Son père n'a jamais fait attention à lui, son fils unique, tels les pères du XVIIIe siècle qui ne se souciaient guère de leurs filles...

=> Je retiens donc de cette lecture une écriture superbe et le personnage de Richard. Pour autant, l'histoire ne m'a pas emportée. Ce livre reste malgré tout une bonne découverte.



Genre : Roman
Publié en 1932
Pages : 315
Britannique

jeudi 24 mars 2016

Gossip Girl Tome 1 : "Ça fait tellement de bien de dire du mal" de Cecily von Ziegesar


Résumé : Bienvenue dans l'Upper East Side, le quartier chic de New York, où vivent Olivia et ses amis. Ils sont jeunes, ils sont riches, ils sont beaux, ils ont un penchant immodéré pour l'alcool, la fête, la cigarette... et les grossièretés. Ils fréquentent les écoles privées les plus prestigieuses de NY dans l'objectif d'intégrer Yale ou Harvard et de faire les plus beaux mariages, rien que ça... 
Bienvenue dans un monde de jalousie, d'envie et de trahison où se nouent et se dénouent les amours et les amitiés - le tout sous 1'œil de lynx et la langue de p... de la mystérieuse Gossip Girl qui voit tout, entend tout et relate tout sur Internet dans une rubrique où elle n'hésite pas à déformer à l'envi les aventures et mésaventures de ses " copains ". 
Plat de résistance : le retour du pensionnat de la sublime Serena après un an d'absence : elle est la fille que tous les garçons désirent et que toutes les filles désirent être. Le petit monde d'Olivia, son ex-meilleure amie, et de ses inséparables copines langues de vipère, risque fort d'être chamboulé. Olivia n'aura plus la vedette, elle ne sera plus la plus belle, la plus convoitée. Et si, en plus, Serena avait les meilleures notes, se mettait tous leurs profs dans la poche et, pire, lui piquait Nate, son petit ami si sexy ? 
Un vent de folie va souffler sur le monde de scandale et de commérages de ces pauvres petites filles riches !

Mon avis : <3 <3

J'ai tout d'abord pensé que la série télévisée adaptée de cette série littéraire avait l'air nulle et superficielle. Puis, il y a deux ans, j'ai vu le premier épisode car mes proches la regardaient alors et cela m'avait donné très envie de tenter l'aventure. J'ai bien fait puisqu'il s'agit de une des rares séries que j'ai regardé en entier et que j'ai adoré donc. J'apprécie par dessus tout le personnage de Blair (Olivia dans les livres) Waldorf, parce qu'elle est cultivée et maligne ! J'ai pas mal de points communs avec elle, notamment le fait qu'elle apprécie les films avec Audrey Hepburn, ce qui est aussi mon cas ! Et puis cela fait du bien de voir des personnages intelligents, qui se soucient d'art et de cinéma et qui ont des références.

Ce qui m'a dérangé dans ma lecture, c'est d'avoir en tête la série. Pour visualiser les personnages, j'avais forcément en tête ceux de l'adaptation télévisée. Le pire, c'est que je me posais sans cesse la question suivante : qu'est-ce qui sera commun entre les deux supports ? La question m'a suivie durant toute ma lecture et du coup j'avais du mal à être dans l'histoire même. Il y a évidemment des différences, comme par exemple les parents qui ne sont pas veufs comme dans la série.

Le style d'écriture est très loin de m'avoir plu. Il est très simple et ce n'est sûrement pas pour cela que la série littéraire a eu du succès. J'ai même trouvé que le récit était raconté de façon très familière, ce qui m'a suprise. Dans la série, les personnages ont l'air beaucoup plus "sains", en tout cas c'est le cas de Blair, qui n'apparaît jamais négligée dans la série !! Je l'ai donc moins appréciée ici, même si je suis contente de retrouver son amour pour les films avec Audrey Hepburn. D'ailleurs, elle vit sa vie comme un scénario, ce qui est assez amusant, mais un peu frustrant. Le récit est ici beaucoup plus trash et j'ai parfois eu la tête qui tournait avec tout cet alcool et autres malheurs.

Les ragots de Gossip girl, l'un des enjeux si ce n'est le principal de l'histoire, m'ont un peu déçus car ils n'apparaissent pas sur les écrans de portable de chacun mais sont glissés entre les chapitres donc les personnages ne semblent pas trop blesser par ces commérages.

Par ailleurs, je ne sais pas s'il vous arrive de le faire aussi parfois, mais durant ma lecture j'ai noté toutes les références culturelles, car elles y sont présentes et intrigantes. J'ai désormais très envie de lire Guerre et paix de Tolstoï !!

Je n'avais pas forcément envie d'acheter les livres mais ils n'étaient même pas à la médiathèque de ma ville alors j'en ai acheté quelques-uns. Autant ne pas prendre de risque de tout acheter si jamais je me décidai à ne pas tout lire. La série comporte seize tomes et je ne sais pas encore si je la lirai en entier. Il y a un tome 0, que je n'ai pas trouvé à Emmaüs parmi tous les autres. En tout cas le tome 2 me tente beaucoup car les étudiants font leur dossier pour être admis à l'université (je vis presque la même chose mais pour pas au même niveau). L'univers étudiant américain m'a toujours fait rêver. Si j'avais dû partir étudier à l'étranger, cela aurait été aux États-Unis (il n'est pas encore trop tard, étant donné qu'il me reste encore quelques années d'études...). J'ai aussi vu que Jenny Humphrey faisait l'objet d'une série de dix tomes, It Girl, dont j'aimerai bien lire le premier tome.

=> Une série qui nous emmène dans un quartier chic parmi des privilégiés. On est immergé dans un îlot unique et l'on ne s'ennuie pas. Si vous êtes tout particulièrement friands de commérages en tout genre, foncez !


Genre : Roman (tome 1)
Publié le 09 février 2006
Pages : 206
Américain



Bisous bisous

Gossip Girl



jeudi 17 mars 2016

"Marie-Antoinette sweet Lolita" de Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly


"Oh, mon dieu !" s'exclama-t-elle (Marie-Antoinette) soudain d'une voie blanche, tandis qu'elle fixe le paysage. "Mon dieu, comme le monde est bien vaste !"
Dites plutôt, Madame : "Comme Versailles est petit !".

Résumé : Jalousée, adulée puis détestée, Marie-Antoinette est une reine dont la perception à travers les siècles a souvent été négative. Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly proposent leur vision de «l'Autrichienne»... Celle d'une jeune femme qui, des salons dorés de Versailles à la fuite à Varennes, se remémore sa passion pour le beau Fersen, ses favorites Mesdames de Lamballe et de Polignac, ses séances de peinture et de dessin avec Madame Vigée-Le Brun, et la fin de son règne... Soit un portrait intimiste et sans complaisance d'une figure hautement controversée qui nous entraîne dans un voyage dans le temps, où les fantômes ne sont jamais loin.

Mon avis : <3
 
  J'avais eu ce livre à un anniversaire (pas celui d'aujourd'hui mais un autre) et j'avais hâte de le lire. Pourtant, ma lecture a été une déception. Je déconseille ce livre à tous ceux qui n'auraient pas déjà quelques notions sur la vie de Marie-Antoinette (et encore...), car vous ne comprendriez pas grand-chose je pense... En effet, quel ne fut pas mon énervement lorsque j'ai commencé à comprendre que plusieurs histoires se chevauchaient. Le narrateur change régulièrement et il n'est pas facile de saisir les différentes histoires. La fuite à Varennes est mélangée à la rencontre d'Axel de Fersen par exemple, ce qui est énervant. Pourquoi ne pas raconter les événements dans l'ordre ?! Ce livre est donc plutôt réservé aux passionnés de Marie-Antoinette et de l'Histoire en général.

  Je connais Pascal Croci car en première je l'avais rencontré dans le cadre de mes cours d'histoire, à propos de son livre Auschwitz, qui était très intéressant. Les dessins de cette bande dessinée-ci ne m'ont pas tant plu que cela, les visages étant trop "défigurés" pour me plaire. Aux dessins se mêlent aussi des photographies, ce qui est assez surprenant. Ce qui m'a "terrifié" également, ce sont des mèches de cheveux "accrochées" au livre par des noeuds, tout autant réels. Je n'ai pas trop compris la signification de ces mèches de cheveux assez omniprésentes dans le livre - tout comme la photographie d'une poupée de porcelaine représentant une femme du XVIIIème siècle, qu'est-ce que c'est exactement ? Il n'y a aucune légende, pas de sculpteur cité, rien ne précise ce dont il s'agit ! Cela a de quoi m'agacer, d'autant plus qu'il s'agit d'Histoire, une matière qui demande de la rigueur ! Les auteurs ont cherché à faire ce qu'ils avaient envie en fait. L'histoire est décousue et c'est difficile de trouver un sens global.

Je n'ai pour autant pas totalement détesté les dessins. On sent le travail de l'artiste qu'il y a derrière, et aussi l'implication. J'ai été amusée par le dessin du Hameau de la reine ou encore de la représentation des diverses mouches.

Le récit ne porte pas que sur la vie de Marie-Antoinette mais il y a aussi une fiction où deux femmes, Madame Moberly et Madame Jourdain, ont cru apercevoir des fantômes à Versailles !! Cela relate l'histoire du livre Les Fantômes de Trianon qui est dans ma PAL et qui m'intrigue assez. Ces deux femmes ont dit avoir vu le fantôme d'une personne royale à Versailles. Je connais cette histoire des deux femmes, qui serait une "histoire vraie", et si je n'ai pas encore lu leur ouvrage, j'avais l'impression d'avoir une copie dès le début, ce qui est désagréable.

=> Les dessins n'ont pas réussi à me faire dépasser le désagrément causé par une histoire excessivement multiple et confuse. Je sors très déçue de ma lecture mais je pense que j'essaierai de la relire ultérieurement - peut-être que je saurai alors mieux l'apprécier.


Genre : Bande-dessinée
Publié en 2010
Pages : 88
Français


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samedi 27 février 2016

"Silex and the city - Tome 1 Avant notre ère" de Jul


Résumé : 40 000 avant JC : une vallée résiste encore et toujours à l'Evolution. A l'aube de l'humanité, Blog Dotcom est un « homo-erectus qui se lève tôt » : pour changer tout ça, il décide de se présenter aux élections. Avec une femme pro de Préhistoire-Géo en ZEP (Zone d'Evolution Prioritaire), un fils cadet militant alter-darwiniste opposé à l'usage du feu et de la fourrure, et une fille aînée qui flirte avec Rahan de la Pétaudière, fils à papa héritier du plus gros volcan ? récemment privatisé ? de la région, il n'est pas au bout de ses peines. De la Biennale d'Art Préhistorique Contemporain aux Ancêtres de Don Quichotte, des Dolto-sapiens aux « minorités visibles » néandertaliennes, c'est tout notre théâtre contemporain qui défile en peaux de bêtes, pour une parodie au vitriol de notre société évoluée.

Mon avis : <3 <3

Voilà une bande dessinée qui est parue il y a quelques années, en 2009, et cela se ressent dans l'histoire puisque sous fond de préhistoire, il est surtout question d'actualité : élections présidentielles, problèmes sociaux, problèmes économiques... Tout y passe ! Le récit relate des faits qui sont très proches de sa date de publication mais cela ne m'a pas empêché de comprendre... et surtout d'apprécier.

Dès la première page, il y a le résumé des personnages, ce qui était déjà drôle en soi. Leurs noms ne sont pas dus au hasard : Blog et Spam Dotcom ou encore le crocodile Lacoste. Cela promettait ! Je n'ai effectivement pas été déçue par la suite. Il y a des références très nombreuses et j'ai souri à toutes les pages. Les jeux de mots et les situations sont cocasses : le cours sur "nos successeurs les Gaulois", les Animaux en voie d'apparition, le "trou de la sécu"... Cela faisait bien longtemps que j'avais lu un texte aussi gai et amusant. Le titre fait penser au livre adapté en une série télévisée que j'ai bien aimé : Sex and the city. Le ton de cette bande dessinée y est aussi libre que dans cette dernière.

=> Une bande dessinée amusante qui part de faits d'actualité. Riche et drôle à souhait !


Genre : Bande dessinée
Publié en 2009
Pages : 48
Français

lundi 15 février 2016

"Pétronille" d'Amélie Nothomb


L'ivresse de s'improvise pas. Elle relève de l'art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part.
Si la première cuite est si souvent miraculeuse, c'est uniquement grâce à la fameuse chance du débutant : par définition, elle ne se reproduira pas.

Résumé : « Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Amélie Nothomb en dédicace 
au salon du livre de Paris 2015

Mon avis : <3

J'ai reçu ce livre à Noël l'an dernier, ce qui m'a donc donné l'occasion de me plonger un peu dans la littérature contemporaine. De l'auteur, j'ai déjà lu Mercure, que j'avais bien apprécié car il contenait beaucoup de références littéraires. C'est donc ma deuxième lecture de l'auteur (ou peut-être troisième mais je ne sais pas quel autre j'ai lu si c'est le cas).

Je n'ai pas été insensible à la plume de l'auteur. J'aime beaucoup ses tournures de phrases telles que "J'enneigeai mon teint, charbonnai mes yeux et carminai mes lèvres" ou le "Dont acte" utilisé à plusieurs reprises. Pourtant, le récit commençait mal. Je ne m'attendais pas à un récit sur le champagne, et c'est ainsi que débute le roman. Il faut dire que je n'apprécie pas l'odeur infâme des boissons alcoolisées (vous l'aurez noté, comme Marie-Antoinette ! On a de ces choses en commun elle et moi !) donc une lecture sur ce sujet aurait pu avoir de quoi me "saouler". Cependant, l'histoire apparaît peu à peu et je l'ai bien apprécié dans l'ensemble. J'ai été surprise par ce livre, et j'ai même trouvé certaines situations amusantes. La narratrice, qui est Amélie Nothomb elle-même, cherche un/une compagne/compagnon de beuverie. Elle la trouvera en la personne de Pétronille, qui, elle l'affirme, est l'écrivain Stéphanie Hochet dont elle a sensiblement modifié les titres d'oeuvres en des termes approchants, comme Moutarde douce qui devient Vinaigre de miel. J'étais très étonnée par la véracité de l'histoire, sauf la fin évidemment, que j'ai trouvé magnifique (les mots y aidant).

Amélie Nothomb est un sacré écrivain. Il n'y a qu'à regarder quelques vidéos ou interviews pour le comprendre : elle écrit vers quatre heures du matin toutes les nuits et rédige donc quatre romans par an mais elle ne souhaite pas que tous ses romans soient publiés, même après sa mort. C'est très impressionnant d'entendre un auteur parler de sa mort et de l'après. Dans ses interventions, elle a aussi beaucoup d'humour. Je vous met donc une vidéo ci-dessous.

=> Un roman étonnant et amusant. Si vous n'avez jamais lu d'Amélie Nothomb, je vous conseille de le faire (avec celui-ci).

Genre : Roman
Publié en août 2014
Pages : 169
Belge


dimanche 31 janvier 2016

"Ruth" d'Elizabeth Gaskell


[...] parce que tout peut être fait d'une bonne ou d'une mauvaise façon ; la bonne façon est de faire de notre mieux aux yeux de Dieu ; la mauvaise façon est d'agir en n'ayant à l'esprit que nous-même, ce qui nous amène soit à négliger notre tâche pour poursuivre quelque but personnel, soit à y accorder trop de temps et de réflexions avant et après l'avoir accomplie.

Résumé : Orpheline, la jeune et naïve Ruth est placée dans l’atelier de couture de Mrs Mason. Lors d’un bal, elle rencontre Henry Bellingham, un fils de bonne famille, avec qui elle noue bientôt une belle amitié, se muant en passion amoureuse, à rebours des conventions sociales. Jugée « fille perdue », Ruth est congédiée. Elle se réfugie au Pays de Galles avec Bellingham qui l’abandonne dès qu’il apprend qu’elle est enceinte. 
Tentée de se suicider, elle est recueillie par le pasteur Benson et sa sœur Faith, qui l’aiment et la respectent. La faisant passer pour veuve afin de lui éviter la disgrâce, ainsi qu’à son futur enfant, ils parviennent à la faire entrer au service d’un homme d’affaires, Mr Bradshow. Mais le retour de Bellingham menace son secret… Lorsque Mr Bradshow l’apprend, il chasse sans ménagement l’infortunée. Devenue infirmière, Ruth se donnera corps et âme à son nouveau métier. Et la voici enfin aimée, sinon admirée de tous… 
Avec Ruth, Elizabeth Gaskell trace le portrait émouvant d’une jeune victime de l’hypocrisie victorienne, toujours sûre de son bon droit et de ses préjugés.

Mon avis : <3

Tout comme Anne Perry, Elizabeth Gaskell est un auteur dont j'ai entendu parler pour la première fois (seulement) sur la blogosphère. Il s'agit donc du premier roman que je lis d'Elizabeth Gaskell et ce ne fut pas vraiment une agréable découverte...

Malgré les commencements de chapitres très soignés et encourageants, malgré les quelques intrusions du narrateur (ou de la narratrice) dans le récit et des tournures de phrases adorables, je n'ai pas accrochée avec le style d'écriture de l'auteur. Je pense que je m'attendais à un style envoûtant étant donné les précédents anglais, telles Jane Austen ou Charlotte Brontë. Jai donc relevé des phrases étincelantes par-ci par-là mais pas tant que cela.

Pour ce qui est de l'histoire, je n'y ai pas vraiment vu d'originalité. Ruth Hilton est une jeune fille qui commet une faute (selon les moeurs de l'époque) et elle devra en payer le prix. Mais justement, on peut très aisément deviner ce qui lui arrivera. Un autre point important que je voudrais évoquer, c'est le fait que l'on condamne Ruth et seulement elle. Henry Belligham n'est pas considéré comme responsable parce qu'il fait partie d'une bonne famille et parce qu'il est un homme et que dans ce cas-là, seule la femme est à blâmer d'après les moeurs de l'époque. Comme le rappelle l'excellente préface de Catherine Rihoit, à l'époque, les femmes qui travaillaient étaient mal vues parce que c'était aux hommes de travailler et de nourrir leur foyer. Ce n'est donc pas seulement l'histoire en elle-même qui ne m'a pas enchantée, mais aussi la société qui s'y rapporte - les femmes et les domestiques ayant des droits extrêmement limités.

La faute, le pardon mais également la religion et l'éducation, sont autant de thèmes qui sont éparpillés dans ce livre. Cependant, si je n'ai pas accroché à l'écriture, je n'ai pas accroché à l'histoire non plus. Je n'ai ressenti aucun sentiment de sympathie ou autre envers Ruth - même lorsqu'elle coud une journée entière (je sais combien c'est une activité éprouvante, même lorsqu'il s'agit d'un simple loisir !). Rien n'est fait pour qu'on l'apprécie. On ne connaît ses origines qu'assez tard, ce qui n'aide pas. J'aurai pu tracer son destin avant de lire l'oeuvre. Le pire, pour moi, c'est que Bellingham ne paye pas !

Enfin, je trouve, et je sais que je ne suis pas la seule, que le résumé dévoile une bonne partie de l'histoire, ce qui est bien dommage.

=> Une histoire qui manque d'originalité et qui ne saurait convenir qu'aux amoureux de la langue anglaise.


Genre : Roman social
Publié en 1853
Pages : 535
Britannique